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La Libye menacée de désintégration

Le ministre libyen de l’Intérieur Mohamed Khalifa al-Cheikh vient en effet de démissionner, accusant le premier ministre Ali Zeidan de rechigner à lutter contre le vol de pétrole qui a pris une dimension catastrophique, écrit mardi 20 août le quotidien Kommersant.

Ce n’est pas la première démission de ce genre en Libye : en juin, le ministre de la Défense et le chef d’état-major des armées ont également quitté leur poste.

Les experts craignent que la division des élites engendre le chaos dans le pays et le pousse davantage vers la désintégration. La province de Cyrénaïque, à l’est du pays, produit jusqu’à 80% du pétrole libyen et n’obéit déjà plus aux autorités centrales.

Mohamed Khalifa al-Cheikh reconnaît ne pas avoir réussi à démanteler le système corrompu et mafieux qui permet le vol de pétrole en Cyrénaïque. Ce trafic implique les tribus locales qui ont combattu contre Mouammar Kadhafi pendant la guerre civile de 2011, les organisations islamistes installées à l’est du pays et les unités de garde côtière dans les ports disposant de terminaux pétroliers comme Ras Lanouf, Brega, Sedra et Zoueitina.

C’est par là que passe une importante partie du pétrole libyen, avant de « s’évaporer ». Selon les statistiques officielles, la production pétrolière en Libye ne dépasse pas 500 000 barils par jour, et fin juillet elle était descendue jusqu’à 330 000 barils. En septembre dernier déjà le gouvernement avait réussi à porter la production pétrolière jusqu’à 1,6 million de barils, un indice comparable aux données d'avant la révolution.

Les trafiquants de Cyrénaïque ont ensuite pris le contrôle de la situation et du flux pétrolier.

Ce n’était pas difficile : cette province de l’est, là même où la révolte contre Kadhafi a commencé en février 2011, n’est plus contrôlée depuis longtemps par les autorités centrales. Les véritables « patrons » sont les tribus locales et les organisations islamistes radicales.

Mohamed al-Cheikh, nommé ministre de l’Intérieur il y a trois mois, a tenté de faire bouger les lignes : en vain. « Je regrette de ne pas avoir réussi à adopter les réformes nécessaires », a déclaré le ministre après sa démission. Il a également accusé le parlement et le premier ministre

Ali Zeidan de l’avoir empêché de travailler. Il s’agit de la troisième démission marquante ces derniers temps après le départ du ministre de la Défense Mohamed Al-Barghathi et du chef d’état-major des armées Youssef al-Mangouch en juin. Les experts y voient une nouvelle division des élites dirigeantes, un risque de vide du pouvoir et la poursuite de la désintégration du pays.

Quant aux exportations pétrolières illégales, Zeidan a suggéré d’employer des méthodes radicales. Il a averti que la marine libyenne ouvrirait le feu sur tout cargo pétrolier – même sous pavillon étranger – s’il tentait de pénétrer dans les eaux territoriales sans contrat officiel avec une compagnie pétrolière. Toutefois, les experts analysent cette déclaration comme un geste de désespoir et ne pensent pas, au fond, que les menaces du premier ministre arrêteront les trafiquants.

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