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Mohamed Badie,  le 23 décembre 2010, au Caire. REUTERS/Asmaa Waguih
Mohamed Badie, le 23 décembre 2010, au Caire. REUTERS/Asmaa Waguih

Le guide suprême des Frères musulmans sur le banc des accusés

Mohamed Badie a été arrêté au Caire, dans son appartement situé non loin de la place Rabaa al-Adawiya.

Mohamed Badie, le guide suprême des Frères musulmans, a été arrêté dans la nuit de lundi à mardi au Caire. Son interpellation survient six jours après la dispersion sanglante des partisans de la confrérie sur les places Rabaa al-Adawiya et Nahda. Depuis, la traque des cadres de la confrérie et de leurs partisans continue. En moins d'une semaine, le bilan officiel des heurts qui ont opposé les partisans du président islamiste Mohamed Morsi destitué le 3 juillet dernier et les forces de l'ordre, s'élève à plus de 800 morts.

Le chef de l'influente confrérie a été capturé avec deux autres hauts dirigeants du mouvement dans un appartement tout près de la place Rabaa al-Adawiya. Les images de son arrestation ont été largement diffusées sur les chaînes de télévisions égyptiennes qui soutiennent quasi-unanimement le coup de force des militaires. L'homme est immobile, l'air accablé dans une jalabiya blanche, la longue tunique traditionnelle.
 

Depuis le 10 juillet dernier, la justice égyptienne avait ordonné son arrestation notamment pour incitation à la violence, ainsi que celle de plusieurs autres cadres importants des Frères musulmans. Khayrat el Chater, le numéro deux et éminence grise de la confrérie, ainsi que Saad al Katatni, le président du Parti Liberté et Justice des Frères musulmans, ont déjà été arrêtés puis incarcérés dans la prison de haute sécurité de Tora.

Le président destititué Mohamed Morsi, toujours détenu dans un lieu secret, est depuis ce lundi 19 août sous le coup d'un nouveau chef d'inculpation pour «complicité de meurtre et de torture» sur des manifestants protestant devant le palais présidentiel fin 2012.

Chasse aux Frères

Dans son dernier discours télévisé, dimanche 18 août, le chef de l'armée et nouvel homme fort de l'Egypte, le général Abdel Fatah al-Sissi, a martelé que son pays combattera sans relâche «les terroristes», qualificatif largement utilisé par les médias et le nouveau pouvoir pour désigner les Frères musulmans. Dans un entretien accordé au quotidien français Le Monde daté du 20 août, un général de police explique sans ambages la volonté du pouvoir d'arrêter ou de tuer les hauts responsables et les subalternes de la confrérie.

«Nous sommes 90 millions d'Egyptiens et il n'y a que 3 millions de Frères musulmans. Il nous faut six mois pour les liquider ou les emprisonner tous. Ce n'est pas un problème, nous l'avons déjà fait dans les années 1990.»

Plus de mille manifestants pro-Morsi ont été arrêtés, dont les cadres les plus importants des Frères musulmans, qui doivent être jugés à partir du 25 août. Mohamed Badie sera également sur le banc des accusés. Huitième guide suprême des Frères musulmans, élu en janvier 2010 à la tête de la confrérie, l'homme a déjà séjourné à plusieurs reprises en prison, accusé de divers complots pour renverser le pouvoir égyptien dans les années 1960.

Slate Afrique avec AFP

 

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La rédaction de Slate Afrique.

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