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Cité des forces vives : Dori a le dos au mur

Accueilli au départ comme un « honneur national » fait à la capitale régionale du Sahel, le choix de Dori pour abriter les festivités du 11-Décembre prochain n'en est pas moins une véritable épreuve pour cette ville. En moins d'une année, elle doit faire peau neuve et mettre les petites calebasses dans les grandes pour accueillir presque tout ce qui compte dans le Burkina. Mais a-t-on suffisamment tenu compte des capacités de ses habitants et ressortissants à bâtir, en un temps record, une cité des forces vives ? Telle est la question qui mérite d'être posée, au moment où attributaires et maçons de Dori ont le dos au mur.

En effet, c'est le 31 juillet dernier qu'était initialement prévu le dernier délai de début des travaux pour les attributaires qui traînaient toujours les pieds. Les autorités ont même été obligées d'accorder à ceux-ci une prolongation de grâce jusqu'au 15 août. Cette décision est certainement réaliste, mais rien ne prouve qu'elle sera suffisante pour permettre à ceux qui le désirent de monter une villa d'une valeur oscillant entre 10 et 20 briques. En tout cas, il faut avoir un matelas de millions bien planqués quelque part pour faire face aux dépenses urgentes imposées par la réalisation du projet « Cité des forces vives ». A partir du moment où ce pactole ne vient pas des caisses de l'Etat ou encore de la générosité d'une banque quelconque, il faut compter avec la galère des uns, les contournements -voire la défaite- des autres.

Officiellement, ce sont quelque 274 parcelles qui ont été dégagées dans la ville de Dori, au bord de la route nationale menant à la frontière du Niger via Seytenga. Selon les exigences du cahier des charges, les attributaires se sont engagés à bâtir prioritairement 34 duplex et environ 240 villas de types F1, F2 et F3. Les coups de sang du Premier sinistre Lucky Luc qui a mis tout le monde en garde lors de ses visites sur le terrain ont, sans doute, donné un coup d'accélérateur. Mais à défaut d'avoir le financement nécessaire pour passer à la vitesse supérieure, certains promoteurs se cherchent toujours. Certes, beaucoup de villas, surtout celles situées au bord de la grande voie, semblent presque terminées. Du moins, la plupart d'entre elles sont déjà couvertes de tôles. Sauf que derrière l'apparente finition des gros ½uvres, le plus dur reste encore à faire. Car, il ne suffit pas de monter les murs et de tôler. Chacune des villas de la Cité des forces vives devra, en principe, être livrée « clés en main ». Ce qui suppose que son proprio se doit de faire également non seulement le plancher, le plafond, les sanitaires et autres commodités, mais aussi d'équiper la maison pour qu'elle soit la plus confortable possible pour accueillir des hôtes du 11-Décembre prochain. En clair, il construit, équipe et donne la primeur de la jouissance aux pouvoirs publics qui se chargent de l'attribuer à un « hôte de marque » dans la période allant du 23 novembre au 16 décembre.

Les promoteurs se cherchent au propre comme au figuré. Et lorsque les intempéries s'en mêlent comme la flotte qui s'abat ces derniers jours sur la capitale du Sahel, il y a de quoi s'inquiéter pour le respect des échéances fixées.

Certains attributaires ont eu la désagréable surprise de voir que leurs parcelles étaient complètement inondées après les pluies. Même si le ministère en charge des Infrastructures s'est engagé à réaliser des caniveaux pour sauver la situation, cela risque d'être un peu comme le médecin après la mort. En tout cas, pour cet hivernage, c'est perdu. Et cela risque de jouer aussi sur l'acheminement de matériaux de construction sur la parcelle des promoteurs qui subissent en fait les effets de marécage qui constitue la texture de l'ensemble même des sols de la ville et de ses environs. Ce qui lui vaut le nom de « Dori », qui veut dire la « mare » en gulmancéma, la langue des premiers occupants du site. Comme on peut le voir, la réalisation du projet de Cité des forces vives de Dori risque d'être caillou pour certains promoteurs qui peinent à trouver le gombo pour la bonne combinaison de béton. Heureusement que tous les attributaires des parcelles ne sont pas logés à la même enseigne. On peut au moins être sûr qu'au délai fixé, au moins le pied-à-terre du Blaiso national sera achevé et équipé pour l'accueillir, ne serait-ce que pour le temps de la fête de l'indépendance. Après, on espère que cette résidence qui engloutira au moins une centaine de millions ne sera pas abandonnée aux geckos, salamandres et autres bestioles.

Le gouvièg-nert-Colonel Boureima Yougo qui gère les emmegdements des travaux du 11-Décembre à Dori n'a pas trop de souci à se faire pour des attributaires de luxe tel le sinistre en chef du gouverne-et-ment. Lucky Luc a reçu, à lui seul, une parcelle de plus de 800 mètres sur laquelle on s'active à bâtir un duplex digne de son rang. Même s'il ne va pas l'habiter lui-même, ça contribuera à la beauté de la ville. Et ce n'est pas rien pour le Peul à la barbichette qui préside le conseil municipal. Il serait lui-même voisin de Tiao à la Cité des forces vives. Au titre des môgô-puissants propriétaires, on compte également l'« institutrice en chef », Koumba Peul-née-Peul. Les noms de certains fils et filles haut placés du Sahel seraient pour le moment introuvables sur la liste, tel le Nomadou Diemdioda ou encore Bla Bla Hama. Mais ça, c'est un autre problème. Il vaut mieux être sûr d'achever la villa que de faroter et avoir après le dos au mur à Dori.

F. Quophy

JJ

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