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Ouagadougou : chaude matinée à Kilwin

La matinée du dimanche 18 août 2013 a été l'une des plus chaudes à Kilwin, un quartier périphérique de Ouagadougou. Pour exiger la lumière sur la mort d'un des leurs, Moumouni Zongo, dans les locaux de la gendarmerie, des jeunes du quartier ont érigé des barrières sur la nationale N°2, route de Ouahigouya.

Est-ce un accident ou une bavure ? Difficile d'y répondre. Mais selon Aristide Zongo, instituteur à Koudougou et cousin du défunt, c'est le jeudi 15 août 2013 qu'il a été informé par téléphone du décès de son cousin. « Sans chercher à connaitre la cause de sa mort nous avons embarqué pour Ouagadougou », a-t-il raconté. C'est à son arrivée qu'il aura une version des faits. « J'ai appris en arrivant qu'il avait été arrêté par la gendarmerie et en le conduisant au poste, il demandait de l'eau à boire », a-t-il ajouté. Le cousin avouera n'avoir plus su ce qui s'est passé jusqu'à son décès. « C'est seulement dans la nuit du mercredi à jeudi, aux environs de 1 heure du matin que des éléments de la Gendarmerie sont venus prendre le papa, Ouinoaga Zongo, et le conduire à leur poste. C'est là-bas, que le papa a appris que son fils était décédé », a précisé Aristide Zongo.

Joint au téléphone, le lieutenant de gendarmerie, Hervé Yé, chargé de communication de la Gendarmerie, a donné la version des gendarmes. « Suite à une plainte d'un habitant du quartier qui dénonçait un groupe de jeunes qui fumaient la drogue, des éléments ont été dépêchés sur le terrain. A leur arrivée, ils ont trouvé effectivement un groupe de quatre personnes, 3 garçons, une fille dont celui qui est décédé. Sur place, ils ont procédé à l'interpellation des deux garçons et de la fille mais Moumouni Zongo a pris la fuite. Un élément s'est mis à sa suite. Des habitants qui ont vu la course-poursuite ont cru que c'était un voleur que le gendarme pourchassait. Ils se sont aussi mis dans la course. Moumouni Zongo sentant qu'il ne pouvait pas échapper à la foule est allé se cacher dans des toilettes. Les habitants l'ont récupéré de là et voulaient le molester. Il y a même un qui tenait un marteau et voulait l'assommer. C'est en ce moment que les éléments sont arrivés et ont réussi à empêcher que la population le moleste. Ils l'ont pris et il se plaignait de difficultés à respirer. Arrivé au poste, il a demandé de l'eau à boire. Les gendarmes lui ont effectivement donné à boire. Mais ses problèmes respiratoires continuaient. Ils ont appelé les sapeurs-pompiers mais à leur arrivée, il était déjà mort », a raconté le lieutenant Yé avant de préciser que le substitut du procureur du Faso est venu faire le constat avant que le corps ne soit transféré à la morgue. « Arrivé au poste, il est décédé à peut-être 15 à 30 minutes après.

Pour élucider cette affaire, une autopsie a été faite du corps et les résultats sont attendus dans les heures à venir. Mais à Kilwin, la tension est montée d'un cran. Les jeunes refusent de faire l'inhumation avant de connaitre les résultats de l'autopsie. « Nous avons demandé de faire l'enterrement mais les jeunes refusent. Ils disent d'attendre les résultats de l'examen post-mortem avant de l'inhumer », a indiqué Aristide Zongo. Décidés, les jeunes veulent fermer la voie tous les jours tant que les résultats ne sont pas connus.

Dans la matinée du 19 août, des incidents ont ainsi été signalés à nouveau. Comme pour signifier que les habitants n'ont pas l'intention de baisser les bras.

Jacques Théodore Balima

Lefaso.net

Le Faso

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