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Décès à Dijon de René Justrabo: Il était le premier et seul maire communiste qu’ait connu l’Algérie

Le premier et seul maire communiste d'Algérie  (1947-1953), René Justrabo, est décédé le 6 août 2013 à Dijon (France) à l'âge 96 ans Les obsèques de l'ancien maire de Sidi Bel Abbés ont eu lieu le 12 août dernier au crématorium Dijon Mirande, selon plusieurs quotidiens français locaux relayés sur les réseaux sociaux. Son épouse Renée Clerc, qui l'a toujours soutenu dans son combat anticolonialiste est décédée, elle, en 2011 à Dijon. René Justrabo est né le 15 juin 1917 à Mascara, d'un père épicier venu du Sud Ouest de la France et d'une mère d'origine bavaroise. Après des études à l'école normale où il obtint son Brevet supérieur, il est nommé instituteur à Freha, poste qu'il ne rejoindra pas pour des raisons de santé. Il se rend, par la suite, en France pour se soigner et parfaire sa formation d'enseignant. A son retour en Algérie, il enseignera dans un quartier populaire de Sidi Bel Abbés, puis à l'Ecole primaire supérieure de la ville. Maire de Sidi Bel Abbès de 1947 à 1953, il fut à l'origine des plus importantes infrastructures sociales de la ville en y créant le centre de santé, le conservatoire communal, l'hôpital qui sera baptisé du nom du Dr Hassani après l'indépendance... Membre du parti communiste algérien, il fut élu à l'Assemblée Algérienne en 1948. Le 17 décembre 1955, Justrabo démissionne de l'Assemblée en application de la décision prise par le comité central du Parti communiste algérien (PCA) de retirer ses élus de toutes les assemblées afin de soutenir la lutte armée du peuple algérien pour son indépendance, rappelle l'Humanité.fr. dans son édition du 12 août 2013. Après le déclenchement de la lutte de libération nationale, il sera expulsé de Sidi Bel Abbès en mai 1956 par l'administration coloniale.  Justrabo fut ensuite arrêté à son domicile de Belcourt à Alger et transféré au camp de Lodi, où  il sera interné, jusqu'en 1960, pendant trois ans et demi sans jugement. Le village de Lodi, près de Médéa, fait partie de la dizaine de «centres d'hébergement», qui ont été créés en Algérie à partir de 1954. Des centaines de français  sympathisants de l'indépendance et amis des Algériens y ont été enfermés de façon arbitraire. René Justrabo revint en Algérie dès l'indépendance et retourna à Sidi Bel Abbès où il enseigna jusqu'en juillet 1963. Il quitta l'Algérie fin 1963 et s'installa à Dijon où il poursuivra, d'après le site Lien-PADS,  son action militante au sein de l'Association des combattants de la cause anticolonialiste (ACCA) et au sein de l'association « Les amis d'Alger Républicain en France ». Fervent militant anticolonialiste, il s'affirmait « fier de n'avoir jamais tiré un coup de feu » pendant la guerre d'Algérie, relate le quotidiendijonnais le Bien Public.  A Dijon, René Justrabo a assuré pendant vingt-six ans lesfonctions de délégué départemental de l'Éducation nationale. Il était également un militant associatif et a été président de la Fédération des ½uvres laïques (FOL) de France pendant de nombreuses années. « Son dévouement au service de la collectivité et son militantisme républicain ont été récompensés en 1984 par l'ordre national du Mérite pour quarante-six ans de service civil », précise Bien Public. Dans son ouvrage «Le Camp de Lodi, Algérie 1954-1962de », Nathalie Funès, journaliste, évoque le sort, dont celui de Justrabo, de centaines d'Européens d'Algérie, sympathisants de l'indépendance, détenus de façon arbitraire dans ce camp.  René Justrabo avait 93 ans quand il a raconté cet épisode de sa vie à Nathalie Funès. « C'était le 26 novembre 1956. Ils sont arrivés à l'aube, dans la lumière d'automne qui filtre à travers les volets. Au moment où a ville s'éveille doucement : Police ! Ouvrez ! Le commissaire du 8ème arrondissement d'Alger a surgi, deux inspecteurs sur les talons, un papier dans la main droite. "Vous êtes bien René Justrabo, né le 15 juin 1917 à Mascara ? Vous êtes en état d'arrestation. Voici votre avis d'assignation à résidence. Il n'y a que quelques mots : "atteinte à la sécurité et à l'ordre public", signés du Préfet d'Alger». En ce mois de novembre1956, la police et l'armée avaient reçu l'ordre de rafler, les uns après les autres, les anciens membres du Parti communiste algérien (PCA).  « René Justrabo, 39 ans, ancien maire communiste de Sidi Bel Abbès, sait que son tour va bientôt arriver. Il s'apprête, d'automne, à sauter dans le bus bondé qui le conduit, chaque jour, des hauteurs d'Alger, où il habite, au quartier de Belcourt, où il est instituteur. Mais c'est dans un camion militaire à deux bancs qu'il grimpe finalement. Poussé comme un vulgaire délinquant. Destination : le camp de Lodi. Il y restera enfermé trois ans et demi».

El Watan

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