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Vendeurs de rue à Williamsville, 2010 / REUTERS
Vendeurs de rue à Williamsville, 2010 / REUTERS

Abidjan chasse ses mendiants

Une opération d’envergure a été menée dans la capitale ivoirienne pour déloger les mendiants et les vendeurs clandestins.

Les mendiants et commerçants ambulants ne sont plus les bienvenus dans les rues d’Abidjan. En réaction à l’insécurité grandissante qu’ils entretiennent, les autorités se décident à agir, rapporte France 24. Le 25 juillet 2013, le préfet de la capitale ivoirienne leur accorde un délai de dix jours pour vider les lieux.

A partir du 5 août, la police intervient et chasse les indésirables. 46 personnes sont arrêtées, d’après les chiffres du parquet d’Abidjan relayés par le site. Elles seront déférées devant le Tribunal de première instance le 28 août pour répondre à des accusations de fraudes fiscales (puisque ces vendeurs clandestins ne payent pas d’impôt sur leurs activités non déclarées).

La préfecture se félicite de l’efficacité des mesures, mais les Observateurs de France 24 ne sont pas si convaincus par l’initiative. Pour l’un d’entre eux, la nouvelle réglementation ne s’applique pas partout et notamment dans les quartiers périphériques comme Yopougon, qui ne figurent pas dans les priorités de la ville. Là, les camelots et les mendiants y sont encore nombreux et les forces de l’ordre n’arrivent pas à suivre la grande mobilité des vendeurs clandestins, explique l’article.

Inefficacité ou sévérité?

Un autre Observateur déplore au contraire la sévérité des autorités. D’après le site, il a vu son frère, arrêté pour son activité de vente clandestine, entassé dans une pièce de 25 m² avec quarante autres personnes. Selon la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (LIDHO), il y a eu 80 arrestations depuis le 5 août.

D’autant plus que beaucoup d’entre eux mendient ou ont un commerce ambulant pour subvenir aux besoins de leur famille lorsque leur emploi régulier ne paye pas assez, explique l’article. Pierre Adjoumani, président de la LIDHO interrogé par France 24, regrette que les autorités entretiennent une politique de répression plutôt que d’accompagnement à l’égard de ces personnes. Le site note cependant qu’un «comité a été mis en place pour enregistrer tous les vendeurs ambulants souhaitant reprendre une activité légale».

Pour Pierre Adjoumani, cette mesure, bien que nécessaire, était «précipitée». Surtout, elle n’a pas fait l’objet d’une communication et d’une prévention adaptées auprès des vendeurs clandestins, dont beaucoup sont analphabètes, déclare-t-il à France 24. Il craint également que les sanctions pénales soient disproportionnées, juste pour créer un exemple : «Cette opération va soulever plus de problème qu’elle ne va en résoudre», conclut-il.

Lu sur France 24

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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