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Industries culturelles

Ils font de la musique rap et de la danse battle

Aujourd'hui, elle défie l'imprimé et les modes de lecture et d'écriture

Le développement rapide de l'Internet à haut débit a donné un résultat performant . La convergence technologique entre télécoms et médias devient plus que jamais une réalité palpable. La numérisation des contenus permet à n'importe quel réseau de véhiculer tous les types de contenu et à tout équipement de les consommer. Ce progrès a commencé par la musique, puis le cinéma et le théâtre. De nos jours ce sont les contenus écrits tels que les livres et les journaux qui sont distribués en support immatériel. Cet effacement progressif des frontières traditionnelles entraîne une recomposition du secteur audiovisuel. Les acteurs traditionnels de l'industrie culturelle veulent accéder aux nouveaux supports de distribution. Dans le même temps, les acteurs des télécommunications investissent dans le développement de services audiovisuels générateurs de valeur ajoutée. A cause de la fracture numérique, notre pays reste un peu à la traîne à cause du retard pris dans les investissements dans les équipements collectifs permettant de faciliter les connections et de jouer sur son coût, explique Fousseyni Sidibé promoteur de Oxadel. La convergence entre médias et télécoms renouvelle, en profondeur, la problématique de la régulation, dont l'objectif consiste à infléchir les tendances naturelles du marché audiovisuel, afin de garantir une offre diversifiée qui soit le reflet des spécificités culturelles française et européenne. Ce système, historiquement fondé sur le modèle télévisuel de diffusion broadcast, doit être adapté à la nouvelle donne et, notamment, au développement de la consommation de contenus à la demande. La diversité culturelle ne pourra qu'en ressortir consolidée, au bénéfice du « citoyen consommateur ». La convergence entre médias et télécoms a démultiplié l'offre des contenus audiovisuels. On assiste au déploiement des réseaux numériques, et l'apparition d'offres éditorialisées de contenus audiovisuels consommables « à la demande » par l'utilisateur. La « catch-up TV » (ou « télévision de rattrapage ») est une modalité spécifique de service à la demande, intimement liée à la télévision. Elle consiste à mettre à disposition, sur un service à la demande, en tout ou partie, des programmes diffusés à l'antenne par une chaîne, afin de permettre aux spectateurs de ladite chaîne de « rattraper » une émission, qu'ils auraient ratée lors de sa diffusion. Cette mise à disposition court sur une durée limitée, comprise, le plus souvent, entre une semaine et un mois après la diffusion de l'émission. Ce service est soit gratuit, soit inclus dans les abonnements aux chaînes payantes. Les premiers équipements télévisuels connectés sont désormais sur le marché et il suffit de constater le succès de l'opération conjointe menée par Facebook et CNN, lors de la journée d'investiture de Barack Obama, pour se convaincre des potentialités de la télévision interactive. L'extraordinaire développement des TIC pose un nouveau défi aux artistes, producteurs et autres distributeurs ou diffuseurs. En effet, la plupart des supports matériels cèdent le pas à l'immatériel. De nos jours, la numérisation des contenus défie l'imprimé ainsi que nos modes de lecture et d'écriture, imposant du coup de nouvelles règles du jeu en matière d'édition. Ce qui fut le cas tout récemment d'un grand quotidien américain. Il est passé complètement au numérique en abandonnant son support papier. Le deuxième forum mondial de l'UNESCO sur la culture et les industries culturelles intitulé « Focus-2011 », s'est déroulé à Monza (Italie) en 2011, une localité située près de près de Milan. Lors de cette rencontre, l'organisme onusien a lancé cette initiative dans le but de mettre en contact les décideurs, les créateurs et le secteur privé pour réfléchir sur la place de la culture dans et pour le développement. Les participants ont démontré le potentiel et le dynamisme du secteur culturel qui ne se mesure pas seulement en termes de pourcentage dans le PIB, mais aussi par son influence sur les capacités de transformation des sociétés. nouvelle approche. Le constat a été fait que le nouveau millénaire a vu la montée en puissance des industries culturelles. Par conséquent, une nouvelle approche des stratégies de développement qui s'inspire de la créativité comme source d'avantage compétitif, s'impose. Depuis sa création, l'UNESCO a développé des programmes et des actions en faveur du livre. L'ambition est de soutenir les initiatives menées aux niveaux nationaux et régionaux. Selon Milagros Del Corral, experte de l'Unesco et ancienne directrice de la Bibliothèque nationale d'Espagne, l'incroyable développement de la numérisation des contenus défie l'imprimé ainsi que nos modes de lecture et d'écriture au XXIe siècle. Il remet aussi en question le modèle économique de l'industrie de l'édition, tant pour ce qui est de l'édition des livres que pour ce qui est des médias imprimés. « La numérisation et la distribution numérique qui lui est liée soulèvent une série de questions nouvelles auxquelles il faut répondre par un dialogue ouvert, à un niveau mondial, permettant à toutes les parties prenantes d'être entendues », note l'experte. Auteurs, journalistes, éditeurs, internautes, entreprises des nouvelles technologies, experts du droit d'auteur, sociologues, bibliothécaires, bloggeurs, lecteurs ont saisi pendant ce forum les possibilités nouvelles offertes par l'Internet pour la circulation des contenus à travers le monde. Toujours selon Milagros Del Corral, la chaîne de valeur traditionnelle de l'industrie de l'édition est le résultat des avancées de la révolution Gutenberg (du nom de l'inventeur de l'imprimerie). Son modèle économique dérive des techniques d'impression qui, pour la première fois à la fin du XVe siècle, ont donné naissance au texte de référence et ont accordé à l'auteur une reconnaissance et une responsabilité sur le contenu littéraire. Le même principe a été appliqué plus tard aux journaux imprimés. La technologie a, depuis, empêché toute altération ou modification du texte au cours du processus de distribution. Si l'on établit une comparaison avec ce qui s'est passé à l'époque des manuscrits, on peut dire qu'il s'agit d'une véritable révolution culturelle, économique, sociale et juridique. « Il est trop tôt pour oser avancer des solutions aux nombreuses questions qui se posent à nous. Nous ne sommes pas dans une ère de changement,» constate Milagros, « mais dans un changement d'ère qui touche toutes les professions et tous les produits, en particulier ceux susceptibles de passer d'un statut matériel à un statut immatériel. » L'experte est convaincue que « l'apparition des technologies numériques dans l'univers des livres imprimés et des journaux, y compris dans les institutions, telles que les bibliothèques, vient ébranler sérieusement les bases de nombreuses professions, entreprises et institutions ». Néanmoins, le développement culturel se fonde sur la créativité et sur le résultat de son accumulation dans le temps. Seules la créativité et la pensée créative peuvent être le moteur dont le monde a besoin pour concevoir de nouvelles règles du jeu. Ces règles seront en mesure d'assurer que les créateurs sont stimulés et que leurs efforts sont rétribués de manière adéquate. Elles ouvrent des canaux sans précédent d'accès à l'éducation, à la science et à la culture, pour la première fois dans l'histoire. Sans limite temporelle ou géographique. Et par le biais d'une utilisation intelligente des technologies de communication contemporaines. L'ancien ministre de l'Education, Adama Samassékou est membre du Comité scientifique et conférencier. Il a expliqué l'extraordinaire richesse des traditions orales en Afrique. Il a aussi souligné la possibilité de trouver un lien entre elles et les bibliothèques numériques. Les éditeurs doivent apprendre un nouveau métier pour animer la présence des ½uvres qu'ils promeuvent sur le Web auprès de communautés d'amateurs. Les libraires dans leur rôle de conseil ont des liens directs à entretenir avec leurs clients. Les bibliothèques, si elles ne cèdent pas à la tentation éperdue de la gratuité, peuvent être des points de rencontre de la valorisation des ½uvres. Les fournisseurs de contenus et les fournisseurs d'accès qui trouvent un relais de croissance ont un rôle décisif à jouer dans la mise en place de pratiques vertueuses du commerce du livre numérique et, partant, de la création. Dans quelques années, qualifiera-t-on encore de livres ces objets numériques comportant du texte et, peu ou prou, de l'image et du son ?

Y. DOUMBIA

Musique : VIP FAMILY VEUT RENOVER LE RAP

Ils sont jeunes. Ils sont trois garçons âgés de 20 à 25 ans. Ils font de la musique rap et de la danse battle. Amadou Diabaté, Mamadou Coulibaly et Cheicknè Traoré habitent Yirimadio, quartier populaire de la Commune VI situé à la sortie Est de Bamako. Ces artistes ont créé le groupe VIP Family en 2009, dans le but, disent-ils de révolutionner le rap malien. Très ambitieux, ils passent leur temps à clasher leurs aînés. Ils estiment que leurs grands frères n'avaient pas beaucoup de talents et de créativité. Ils les invitent à laisser la route. Leur cran, leur culot et leur détermination sont fondés sur une musique originale. Un beat, c'est- à- dire le rythme, est assez original avec beaucoup de métal, les sons de la boîte à rythme sont joués par-dessus la musique. Le caractère dur et énergique des sonorités de leur musique, souvent assez éloigné du son plus de la plupart des autres groupes de rap maliens. Ils utilisent également les samples et le son des machines pour créer leurs rythmes en studio. Les sons et rythmes qui les inspirent sont ceux de la cantatrice Tata Diakité et de Tiken Dja Fakoly. Sur scène le groupe présente des chorégraphies américaines avec des pas de danse malien. Leur « flow » ou manière de chanter, est assez rapide. En effet, une même phrase peut être rappée d’un nombre infini de manières. Le flow se concentre sur le rythme, et se rapproche de la parole ou plus rarement d’une mélodie. Comme la mode actuelle, en la matière, en ce qui concerne les flows est de « surprendre » l’oreille de l’auditeur en utilisant des rythmes connus, dansants et changeants. Les VIP Family utilisent ce genre de procédés pour garder l’attention de l’auditeur même si celui-ci ne comprend pas les paroles, dans le but de l'attirer. Ils ont dédié une chanson à l'occupation du nord de notre par des bandits et des djihadistes. L'armée malienne a repris le pouvoir dans cette partie du Mali. Un hommage mérité doit rendu aux soldats maliens, tchadiens et français, disent-ils. Les trois garçons ont commencé par la danse hip hop. Dans un premier temps au quartier Mali, où résidaient leurs parents. Ils se sont retrouvés à Yirimadio. Ils ont décidé de passer à la chanson. En effet, ils ont remarqué que ce quartier manquait de groupe rap auquel les jeunes pouvaient s'identifier. Dès leur création ils ont remporté beaucoup de succès. Chaque week-end VIP devait animer des soirées. Pendant les vacances, les sollicitations devenaient quotidiennes. L'initiative a fait tâche d'huile. De nombreux autres groupes de rap furent créés. La concurrence et la compétition sont rudes. La radio Oxygène a décidé d'organiser un concours entre la dizaine de groupe da Yirimadio, Sogoninko, Banankabougou, Sokorodji et environ. Après une présélection, les trois finalistes ont été soumis au vote des auditeurs de cette radio. Pendant un mois, les jeunes ont appelé la radio pour donner des points. A la fin c'est le groupe VIP Family qui est sorti vainqueur. Ce plébiscite a fourni au groupe la possibilité de se produire dans un grand show au début du mois de juillet dernier.

Y. D.

L'essor

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