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ABDOULAYE BALDE, PRESIDENT DE L’UNION DES CENTRISTES DU SENEGAL (UCS)

Une chose est sure à propos de l'appel à la réunification de la famille libérale, lancée par Abdoulaye Wade : Abdoulaye Baldé est non-partant. Et c'est définitif. «Je ne fais plus partie de la famille libérale, je suis devenu centriste», a déclaré le président de l'Union des centristes du Sénégal (Ucs). Dans cet entretien exclusif avec Rewmi, l'ancien responsable du Pds a une nouvelle fois marqué ses distances avec ses anciens camarades libéraux et réitéré son intention de se présenter à la prochaine présidentielle. Aussi sous sa casquette de président de l'Association de maires du Sénégal, l'édile de Ziguinchor a-t-il jeté un regard critique sur l'Acte 3 de décentralisation.

Le président Abdoulaye Wade appelle à la réunification de la famille libérale. Etes-vous partant ?

Non (sèchement). Le Pds et moi, c'est fini ! Et je ne fais plus partie de la famille libérale, je suis devenu centriste. Je n'ai pas été nommément cité ni invité à rejoindre cette grande famille libérale. Mais, je n'exclus pas des alliances où je ne serais pas figurant.

Le président Wade a appelé tous ceux qui ont eu à travailler avec lui. Donc, vous êtes concerné par cet appel.

Il y a une manière d'interpeller des gens et de respecter les différentes composantes de cette famille libérale. Ne citer que deux à trois personnes, en considérant que les autres sont des quantités marginales... Je suis en train de mener un combat avec ma nouvelle formation politique, l'Union des centristes du Sénégal.

Etes-vous candidat à la prochaine présidentielle ?

Oui, je suis candidat.

Vous faites partie des personnalités interdites de sortie du territoire national, dans le cadre de la traque aux biens supposés mal acquis. Quelles sont les conséquences de cette mesure sur vos activités ?

Ça a énormément impacté négativement sur mes activités de président de l'Association des maires du Sénégal. Je suis invité un peu partout dans le monde, en tant que président de l'Ams ou bien dans le cadre de la coopération décentralisée, pour ce qui concerne la ville de Ziguinchor de laquelle je suis maire. Mais, je suis bloqué. L'Union européenne m'a invité à deux reprises pour des rencontres très importantes pour le pays, mais je ne pouvais pas partir, pour des raisons que vous savez. Depuis un an, on nous interdit de sortir du territoire national, cela n'existe dans aucun pays au monde. C'est un précédent dangereux. Aujourd'hui, si je dois voyager sur Ziguinchor, je dois prendre forcément l'avion pour ne pas passer par la Gambie. Et les frais de transport, c'est eux qui doivent me les rembourser ? Mon exercice d'élu local est entravé. Malheureusement, tout le monde regarde et observe avec beaucoup de duplicité cette question.

Vous faites allusion à qui ?

Je pense que tous les défenseurs des droits de l'homme ou toutes les personnes préoccupées par le respect des droits humains devraient se préoccuper de cette question. J'interpelle tout le monde. Et je considère que la question des droits de l'homme doit être respectée, surtout la présomption d'innocence. Aussi, faut-il respecter les décisions de la Cedeao, qui nous a donné raison, en fustigeant cette interdiction. Mais depuis lors, on fait la sourde oreille et c'est comme si c'est une conspiration générale. Tout le monde pense que cela est tout à fait normal, alors que nous sommes en train d'assister à une flagrante violation des droits de l'homme. Un des premiers actes de respect de la bonne gouvernance, c'est le respect des décisions de justice. Mes collègues africains sont en train de s'organiser pour interpeller le gouvernement sénégalais sur cette question qui est fondamentale.

«Jusqu'à l'extinction du soleil, le gouvernement ne trouvera rien contre moi. Tous mes biens se trouvent au Sénégal. Ce gouvernement cherche à liquider des adversaires politiques.»

Dans le fond, on vous soupçonne d'avoir acquis illicitement des biens. Quelle est votre ligne de défense ?

C'est un prétexte fallacieux de dire que nous avons des comptes bancaires à l'étranger bourrés de milliards. Ils n'ont qu'à amener cet argent. On nous accuse d'avoir des biens mobiliers. Moi en ce qui me concerne, je n'ai aucune maison à l'étranger ni de compte bancaire. Je le dis et je le répète, jusqu'à l'extinction du soleil, ils ne trouveront rien contre moi. Tous mes biens se trouvent au Sénégal. Ce gouvernement cherche plutôt à liquider des adversaires politiques. Des gens qui pouvaient être des concurrents sérieux à la prochaine présidentielle de 2017. Pourquoi je le dis ? Parce qu'ils ont choisi quelque 7 personnes et les autres, on leur demande d'aller là où ils veulent. Je considère qu'ils sont en train de piétiner la loi fondamentale du pays. Je demande à ceux qui pilotent cette affaire de se ressaisir, parce que seul le pouvoir de Dieu est éternel. Il se peut qu'en 2017, ils se retrouvent dans l'opposition.

Sous votre casquette de président de l'Association des maires du Sénégal (Ams), vous sortez d'une rencontre sur l'Acte 3 de la décentralisation. Que peut-on retenir de cette rencontre entre maires ?

Nous partageons le souci du gouvernement de réformer, mais il faut une évaluation de l'Acte 2, qui a été mise en ½uvre depuis 1996. Il ne faudrait pas que l'on profite de l'Acte 3 pour supprimer les acquis de l'Acte 2, qui a donné naissance à un certain nombre de communes d'arrondissement. Nous demandons le maintien des 43 communes d'arrondissement qui ont été créées. Il y a un projet de création d'autres communes dans certaines villes comme Mbour, Kaolack et Ziguinchor, donc il est hors de question que l'on supprime des communes d'arrondissements, notamment à Dakar, Pikine, pour en créer d'autres.

Le président de la République souhaite, dans le cadre de l'Acte 3 de la décentralisation, que toutes les communautés rurales deviennent des communes. Qu'en pense votre association ?

Notre position de principe, c'est le maintien des acquis de l'Acte 2 et l'évaluation de l'Acte 3. Nous sommes pour la création de pôles-région, mais pas la conservation de nos régions et nos «pôles-territoire», qui est un terme rébarbatif et qui ne correspond à rien du tout. Nous soutenons également l'érection des départements en collectivité locale et demandons au gouvernement de donner beaucoup plus de visibilité dans les relations entre les communes et les départements, entre les communes et les régions, qui sont pour l'instant appelées pôles-territoire. Il faut donner une cohérence à cette réforme.

Cette réforme sera-t-elle l'occasion de corriger l'asymétrie entre les compétences transférées et les ressources allouées ?

Oui, c'est vrai, il faudra que des ressources financières adéquates puissent être données aux collectivités locales, dans le cadre du transfert du Bci (Budget consolidé d'investissement). Dans cette rencontre, nous avons exigé aussi que la part de la Tva reversée aux collectivités locales soit revue à la hausse. Comme cela est le cas au Maroc où 33% de la Tva sont reversés aux collectivités locales. Au Sénégal, nous sommes à 5,2%, ce qui est insuffisant ; la Tva représentant une part importante dans le budget national. Sur 800 milliards collectés, 600 milliards viendraient de la Tva. Donc, nous considérons avoir entre 10% et 12% de cette Tva pour les collectivités locales. Ce serait une manne financière importante qui nous permettrait de faire face à certaines urgences.

Serez-vous candidat à votre propre succession à la mairie de Ziguinchor ?

Nous attendons les réformes de l'Acte 3 pour nous prononcer. Mon parti va évaluer la question pour savoir si je serai candidat à la commune ou au niveau régional.
Propos recueillis par

Entretien réalisé par Khalil DIEME


Rewmi

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