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Près de 300 réfugiés menacés d’expulsion vers la Libye après avoir été secourus au large des côtes tunisiennes

Mise à jour (18 août, 17h00) : Le Croissant rouge tunisien et le FTDES, après avoir négocié avec le gouverneur de Médenine, ont finalement obtenu que les réfugiés ne soient pas expulsés vers la Libye. Le HCR serait lui aussi intervenu dans ce sens.

 

La marine nationale tunisienne a secouru cette nuit 286 réfugiés qui tentaient d’atteindre les côtes européennes sur des embarcations de fortune. Il se trouveraient parmi eux au moins une dizaine de personnes du camp de réfugiés de Choucha, dont des femmes et des enfants.

Un premier bateau, qui transportait 240 personnes, a été retrouvé échoué sur un banc de sable près des îles Kerkennah, après trois jours en mer. Une deuxième embarcation, avec à son bord 46 personnes, a été secourue alors qu’elle dérivait au large de Ben Guerdane (gouvernorat de Medenine). Ces 46 personnes sont maintenant détenues à Ben Guerdane, probablement au centre de la garde nationale.

Quant aux 240 personnes retrouvées dans la première embarcation, elles se trouvent désormais dans des bus en direction du sud de la Tunisie, après avoir été détenues plusieurs heures à Sfax. À l’heure où nous écrivons ces lignes, leur destination précise reste inconnue.

Nicanor Haon, de l’ONG Boats 4 People, craint que ces réfugiés, originaires notamment du Tchad, du Mali, de Côte d’Ivoire et du Maroc, ne soient directement expulsés vers la Libye, d’où ils sont probablement partis. « Si ces réfugiés sont renvoyés vers la Libye, ce sera une violation de la convention de Genève sur les réfugiés [dont la Tunisie est signataire] », s’inquiète-t-il.

« La Libye est une terre de plus en plus dangereuse pour les migrants », prévient quant à lui le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), dans un communiqué publié aujourd’hui 18 août.

Il y a un mois, le gouvernement tunisien avait promis aux réfugiés de Choucha n’ayant pas obtenu de réinstallation dans un pays tiers de leur fournir des cartes de séjour. Sans nouvelles depuis.

« Si le gouvernement tunisien avait respecté ses engagements cela ne serait pas arrivé ! », fustige Nicanor Haon.

Le gouvernement tunisien est également pointé du doigt dans le communiqué du FTDES pour sa « passivité » : « Faute de pouvoir être réinstallés dans des pays sûrs par l’UNHCR [Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies], les réfugiés de Choucha prennent la mer au péril de leur vie. »

Le HCR a en effet fermé le camp de Choucha le 30 juin, alors qu’il restait encore plusieurs centaines de personnes sur place.

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