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Par Boubaker Ben Fraj
Aujourd'hui, il n'y a plus que les représentants de la Troïka ( Takattol ,CPR dominés par les islamistes nahdhaouis ) – et même pas tous- qui pensent, ou du moins qui disent sans y croire vraiment, qu'ils jouissent encore de la légitimité des urnes, et que la situation du pays n'est pas aussi alarmante que ce qu'affirment de mauvaise foi, leurs contradicteurs du camp de l'opposition.

Ils essayent à travers des déclarations un peu trop frivoles pour être crédibles, de rassurer l'opinion, en disant que la situation du pays est encore sous contrôle ou presque, et que par conséquent, Il n'y a vraiment pas lieu de paniquer outre mesure. Peu importe si tous les témoins sont déjà passés au rouge, et quid du bruit étourdissant des sirènes qui s'amplifie de jour en jour?

Il n'y a vraiment pas de quoi s'alarmer s'entêtent à nous répéter depuis des mois, et malgré les évidences, certains porte-paroles attitrés de la Troïka. Pour eux, le navire tunisien ne risque pas de chavirer et les difficultés croissantes et dangers de toutes sortes auxquels les citoyens de ce pays font désormais face, ne seraient autre chose que le tribut , somme toute supportable, que les Tunisiens doivent consentir, le temps qu'il faudra , pour parvenir au triomphe de la révolution et la réalisation de ses ultimes objectifs.

A nous donc de savoir raison garder, de rester zen, patients et pourquoi pas optimistes, tant qu'on nous dit que notre embarcation commune, bénie par la piété de l'Islam politique, est menée contre vents et marais au port promis de la démocratie du bonheur et de la prospérité.

Restons Zen donc, et laissons encore du temps au temps. Faisons surtout attention à ne pas bousculer notre Troïka, talentueusement engagée à mener une épique bataille sur plusieurs fronts à la fois : doter notre pays de l'une des meilleures constitutions au monde et préparer des assises fiables pour une durable vie démocratique , nous sécuriser en menant une guerre sans merci contre la violence et le terrorisme, redresser notre économie chancelante, et pourquoi pas réaliser dans ce domaine, des prouesses et des performances, et du même élan, liquider le mauvais passif de l'ancien régime et tuer dans l'½uf ses insidieuses tentatives de reprendre du poil de la bête.

Objectifs ambitieux et tâches titanesques certes, qui auraient demandé aux Tunisiens, s'ils étaient plus raisonnables, d'être compréhensifs vis-à-vis des gaffes à répétition de la Troïka ; d'être plus engagés avec elle, plus patients. Et d'accepter surtout sans rechigner, que la Troïka, étale son pouvoir dans la durée, bien au-delà du temps légal, préalablement convenu par tous, pour accomplir les missions pour lesquelles elle est mandatée.

Mais dommage, la plupart des Tunisiens ne l'ont pas compris ainsi et s'accordent à refuser à la Troïka tout nouveau moratoire.

S'il n'est pas difficile de trouver plusieurs explications à ce ras-le-bol quasi- général, nous dirions que les raisons les plus probantes relèvent de l'échec flagrant de la Troïka, dans la gestion des affaires du pays tout au long de cette délicate période transitoire, et de la stratégie clairement engagée du parti Ennahdha, à asseoir durablement sa mainmise sur les principales institutions administratives, sécuritaires et économiques de l'Etat.

Aujourd'hui, le moment est trop grave pour le pays, pour que certains politiciens irresponsables ou en désespoir de cause, s'entêtent encore à vouloir jouer en solo, sur la corde trop usée d'une légitimité électorale qui n'est plus une, depuis près d'une année. Notre pays exige de la part de tous ses enfants, et sans exclure quiconque, un sursaut salutaire pour trouver une issue rapide et aussi consensuelle que possible, qui le sauverait de l'impasse où il s'est engouffré.

Mais hélas, Il semble que Rached Ghannouchi s'entête lors de sa dernière conférence de presse à ne voir, contre tout sens de discernement, que la voie qui le mènera inéluctablement, et son parti avec, à plus d'isolement, de rigidité et de confrontation.

En persistant à ne voir que cette voie, Rached Ghannouchi risque lui-même de perdre gros, et d'amener son parti et le pays par sa faute, dans une aventure à l'issue très incertaine.

Des fautes qui ont coûté très cher à la Tunisie, tout le monde sait, y compris les siens, que Rached Ghannouchi en a commis plusieurs par le passé, depuis le temps qu'il était dans l'opposition. Les prochains jours nous montreront s'il aura vraiment la capacité et le courage de ne pas en commettre une, qui serait sans aucun doute plus grave que toutes les précédentes.

Par Boubaker Ben Fraj le 17 août 2013

Tunisie Focus

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