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- Quelle lecture faites-vous sur la décision de l'ARH de réduire à 70% la consommation du gaz pour Fertial ?   Les prescriptions faites à Fertial par l'ARH ne se limitent pas à cette réduction de consommation énergétique. Il est incompréhensible que tout se focalise sur ce point qui a réussi à occulter les prescriptions relatives aux carences du partenaire étranger, à savoir la mise à niveau des complexes existants - Arzew et Annaba - et aussi l'absence de traitement de choc pour la maintenance des installations. Ces points-là me semblent liés à la surconsommation, allégués par l'ARH, qui trouverait son origine dans l'absence de mise à niveau des équipements. C'est-à-dire des rénovations sinon de nouvelles installations permettraient la réduction de cette surconsommation. Fertial semble hésiter à consentir de nouveaux investissements qui permettraient une réduction de la consommation de gaz. Cette mesure est une pression tout à fait éthique et légale de la part de l'ARH pour pousser le groupe espagnol à mettre à niveau les installations conformément à ses obligations partenariales. Il y a lieu de souligner que l'avantage escompté d'un partenariat, par la partie algérienne, est le transfert de technologie. Le partenaire étranger veut réaliser des bénéfices au moindre coût possible, voire sans consentir d'investissement et sans transférer de technologie. En outre, l'autorité de régulation aspire à réduire la surconsommation de gaz et s'inscrit en toute logique dans les défis de ce qu'on appelle la «transition énergétique». Elle a pour objectif le remplacement, à terme, des énergies de stock (pétrole, charbon, gaz, uranium) par des énergies de flux (éolienne, solaire, biomasse).     - Les craintes invoquées par Fertial sur le plan social et économique sont-elles justifiées ?   Sur le plan social, la direction de Fertial utilise un argumentaire plutôt démagogique qui pivote autour de deux axes : la nécessaire compression d'effectifs et la non-satisfaction des besoins du secteur agricole. Primo, la direction de Fertial semble menacer en filigrane de recourir à la compression d'effectifs, si l'ARH maintient sa position. C'est par ce biais que le partenariat conçu pour être un instrument de transfert de technologie se transforme en une menace de la souveraineté des institutions nationales. Un pays qui perd les mécanismes de la décision économique perd aussi les leviers de la décision politique. Les termes de l'équation sont donc les suivants : Fertial peut continuer à utiliser des équipements obsolètes, à ne pas respecter ses engagements de mise à niveau des équipements et à compromettre la transition énergétique dans le pays, sinon elle procédera à une compression d'effectifs et créera des troubles sociaux. Il appartient à l'ARH de devoir tenir compte de la donne sociale et c'est à elle d'évaluer les risques et non à Fertial. Secundo, Fertial attire l'attention de l'ARH sur les besoins en engrais du secteur agricole qui ne seront plus satisfaits. Les experts de l'ARH ont dû intégrer cette donne dans leurs préconisations. Le domaine de l'énergie est très rentable, il est possible d'allier investissements, nouveaux équipements et rentabilité. Il suffit de consentir les investissements nécessaires et cela, le partenaire étranger souhaite ne pas le faire. Son objectif est d'arriver à un maximum de bénéfices au moindre coût.     - On évoque que cette mesure se cache derrière une volonté de renationaliser Fertial, comme cela a été le cas avec ArcelorMittal (AMA) sachant que Fertial est performant contrairement à AMA ?   Nous sommes là devant un procès d'intention qui manque de base et d'indices. Je ne vois pas comment on peut passer d'un grief de non-respect d'engagement technique matériel, qui peut être vérifié, à une volonté de remise en cause de l'actionnariat, s'il est établi que le partenaire étranger n'a pas respecté ses engagements, il y a des moyens coercitifs légaux pour le forcer à le faire, si on cherche un autre actionnariat, il y a des moyens techniques de négociation pour y parvenir. Une modification du partenariat par le biais de la négociation est tout à fait acceptable. Par ailleurs le discours ou le traitement médiatique de la règle des 49/51% tend à une diabolisation de cette règle. Il est tout à fait naturel, normal et légitime que les parties algériennes veillent à passer à une position majoritaire dans une entreprise, si elle est performante. L'exercice d'une pression pour obtenir une concession avec un partenaire est une man½uvre tout à fait normal dans la vie des affaires. On l'a déjà fait avec Arcelor, lorsque le partenaire étranger était dans une crise et frôlait la cessation de paiements. Pourquoi ne pas le faire maintenant avec un partenaire qui, selon toute apparence, se porte plutôt bien ?   - L'intervention de la fédération nationale des travailleurs du gaz et de la chimie appelant à d'autres mesures pour prévenir un plan social est-elle justifiée ?   La Fédération des travailleurs fait cause commune avec le partenaire étranger sans doute, sans le vouloir, car entraînée par sa noble mission de défendre les travailleurs, quelles que soient les circonstances. Cependant, la préoccupation de cette instance syndicale tout en étant légitime et respectable découle, me semble-t-il, d'un problème mal posé, et ce, pour les raisons suivantes. La peur n'est pas vraiment justifiée. Il n'est pas évident que la limitation de la surconsommation de gaz aboutisse inéluctablement à une compression d'effectifs. La fédération devrait, à mon sens, différer sa position, jusqu'aux résultats des études préconisées par l'ARH. Seules des expertises neutres et/ou contradictoires permettront de soutenir et affirmer si la réduction de la consommation de gaz et la mise à niveau des équipements, concomitamment prises sont compatibles ou non avec un maintien des effectifs. La fédération des travailleurs de l'énergie n'est pas un syndicat d'entreprise, mais une Fédération nationale du secteur le plus vital et le plus stratégique de l'économie du pays. Doit-on privilégier les intérêts circonscrits et limités d'un partenaire étranger, qui résident dans une rentabilité maximum à moindre coût, sur des options stratégiques, liées à la consommation nationale de gaz et dictée par la nécessité de la transition énergétique ? La problématique n'est pas seulement liée à l'entreprise, elle est fondamentalement nationale et politique. Elle est éminemment complexe et ne doit pas être réduite à une question de sauvegarde des emplois au sein d'une entreprise.   - Fertial menacerait de recourir à l'arbitrage économique, si Sonatrach impose par pression une redistribution de cartes d'action allant vers la règle 49/51% au profit des Algériens. Qu'en pensez-vous en tant qu'expert ?   Il est déplorable que l'Algérie soit d'une façon récurrente intimidée par le recours à l'arbitrage international par les partenaires étrangers. On parle souvent de pertes de procès en arbitrage. Je ne peux pas me prononcer sur cette assertion, je ne dispose pas de données. Mais je note que deux dossiers semblent avoir fait école. L'affaire Anadarko, où l'Algérie a accepté une conciliation qui dépasse l'entendement. Elle a accepté de restituer, d'une façon ou d'une autre, des recettes fiscales de six milliards de dollars sans aller au bout d'un procès qu'il était possible de gagner. A cela, il faut ajouter, et c'est extrêmement grave, que d'autres entreprises risquaient (et ça a, sans doute, été fait) de revendiquer un alignement sur le compromis Anadarko. Il est troublant que les décideurs, dans ce contentieux pour la partie algérienne, aient abdiqué sans se battre devant des enjeux aussi astronomiques.  

El Watan

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