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Crise économique sans précédent

Pour avoir déclaré, avec emphase, aux médias de son pays, que les Marocains n'ont pas besoin de l'Algérie pour vivre, accentuant davantage le climat délétère entre nos deux pays, le maire d'Oujda, Omar Hejira (parti El Istiklal), s'est attiré les foudres de ses électeurs : sa pharmacie a été incendiée. Des propos considérés comme une déclaration de guerre supplémentaire à l'Algérie dont n'en ont guère besoin ses compatriotes, en cette période où l'Oriental (Est chérifien) pâtit les peines de l'enfer, suite à la décision des autorités algériennes de combattre la contrebande et donc de couper les vivres, notamment le carburant (un produit générateur de richesses) à toute une région frontalière de sa majesté. Depuis le début de l'été, des chaînes interminables se forment au niveau des stations-service, dès l'aube, créant une situation de malaise perceptible. «C'est l'enfer, on ne peut plus rouler et si l'année prochaine, la situation ne s'améliore pas, on s'abstiendra de passer nos vacances à Saïdia (station balnéaire, dans le gouvernorat d'Oujda)», jurent des Marocains résidant à l'étranger. La lutte contre le trafic de carburant a été enclenchée avec la signature, par le wali de Tlemcen, d'un arrêté limitant l'approvisionnement en essence et gasoil à 500 DA pour les voitures utilitaires et 2000 DA pour les camions, en plus de la réduction des quotas aux stations-service de l'extrême ouest du pays. Voulant carrément éradiquer ce fléau, les autorités algériennes ont employé les gros moyens en procédant au creusage de tranchées profondes et larges sur le tracé frontalier. La loi ayant été durcie, les contrevenants risquent gros. Pour en savoir un peu plus sur ce phénomène qui a porté un coup dur à l'économie nationale, un récent rapport sur le commerce illicite, la Chambre de commerce, d'industrie et de services d'Oujda indique que «70% de l'économie de la région du Maroc oriental dépendent de la contrebande et nous estimons le chiffre d'affaires moyen de cette activité à 6 milliards de dirhams par an. Le secteur informel emploie plus de 10 000 personnes et couvre l'essentiel des besoins de consommation». Et de souligner : «Depuis la faillite des stations-service de la région, la majorité des voitures et engins agricoles évoluant dans les villes du Maroc oriental (Oujda, Taourirt, Berkane, Saïdia...) dépendent du carburant algérien dont le prix a connu une hausse de 100%.» Voilà un aveu des autorités marocaines sur les «retombées d'un phénomène illégal dont bénéficie le Maroc et dont le préjudice, pour la partie algérienne, serait évalué à des centaines de milliards de dinars (sic)». On comprend donc, aujourd'hui, les retombées négatives des mesures algériennes sur l'économie du «commandeur des croyants».  

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