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Interview : Mahdi Hamdi, finaliste tunisien du concours World Merit 2013

Ils étaient plus de 100 000, ils ne sont plus que 30. Seul finaliste tunisien et arabe du World Merit 2013, concours international lancé par le parlement anglais, Mahdi Hamdi nous parle de son aventure. Avec pour thème « Win A Life Changing Prize», le World Merit offre l'opportunité à des jeunes du monde entier de prouver leur talent et de collaborer pour développer des projets dans divers domaines (écologie, culture, éducation, sport, etc.) au service de leurs communautés et de populations en détresse sur la planète.

Mahdi, jeune ingénieur en informatique, hyperactif avoué, passionné par le monde associatif et le développement web, prône une philosophie de l'initiative et espère avoir l'opportunité de représenter au mieux son pays dans le monde.

Mahdi, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Je m'appelle Mahdi Hamdi et j'ai 25 ans. Je viens d'obtenir mon diplôme d'ingénieur en informatique, il y a tout juste quelques jours. J'ai effectué toutes mes études en Tunisie, préparatoire à Montfleury, cycle d'ingénieur au campus de Tunis. Actuellement, je suis encore stagiaire dans Invensity GmbH, une société allemande implantée en Tunisie, mais je prépare un projet important, parrainé par Mercedes entre autres, en collaboration avec quatre autres ingénieurs tunisiens.

Sinon j'ai toujours été très actif dans le monde associatif. Je suis par exemple membre du club de l'AIESEC à Tunis et actuellement je suis le représentant auprès de la coordination nationale du Rotaract en Tunisie (association pour jeunes, affiliée au Rotary International).

Parle-nous du concours World Merit.

En fait, c'est une plateforme pour les futurs jeunes leaders talentueux. C'est une compétition pour les jeunes citoyens du monde qui choisissent d'évoluer au sein d'une communauté collaborative.

Ca fonctionne par un système de points, avec différentes catégories, les « Merit Points », les « Group Guru », des actions de communications comme le « Jump for Merit » et les « People of Merit » pour les personnes qui réussissent à prouver leur talent et leur détermination.

On a commencé à 100 000, puis il y a eu une sélection de 60 000, de 120, et enfin, on est arrivés à 30. La prochaine étape c'est la sélection de 12 personnes qui se rendront à San Francisco pour d'autres épreuves là-bas. Le gagnant sera choisi comme ambassadeur et effectuera un voyage d'un an, autour du monde, afin de mettre en avant l'importance de la diversité.

Comment as-tu réussi à te qualifier parmi les 120 puis les 30 finalistes ?

Cela fonctionne par points et par projets « milestone » [ndlr : jalons]. Mais l'action de communication qui m'a vraiment permis de me démarquer et qui a créé du buzz a été le Jump for Merit. J'ai choisi le thème : la dignité. En rapport bien entendu avec la Révolution tunisienne. Avec mon groupe sur World Merit, des jeunes qui viennent des quatre coins du monde, on s'est photographié, chacun dans son pays, en brandissant ce slogan.

Pour la sélection vers les 30 finalistes, nous devions mener des interviews avec des experts dans six domaines (Culture, Politique, etc.), des personnalités que l'on admire. Ils nous parlent de leur « Big Year », l'année qui a changé leur vie en somme, et qui peut être une source d'inspiration pour les autres. Pas seulement des personnalités tunisiennes d'ailleurs, mais c'est également une occasion parler de nos figures nationales en-dehors des frontières.

La première deadline était pour le 31 juillet, mais ça a été difficile. Je suis tombée malade et puis surtout il y a eu ces attentats et meurtres en Tunisie.

Comme tous les tunisiens et tunisiennes, j'ai été très choqué et le moral en a pris un coup. Je n'avais plus trop le goût de le faire. Le concours me semblait futile et j'avoue que j'étais mal à l'aise voire honteux de contacter toutes ces personnalités pour leur demander une interview par rapport au concours. Je ne suis pas totalement sûr que les organisateurs l'aient fait par rapport aux évènements en Tunisie et en Egypte, mais ils ont été compréhensifs et nous ont rallongé le délai de quelques jours. J'ai pu alors participer à temps.

Jump-for-Dignity-Pic

Quelles sont les personnalités que tu as choisies d'interviewer ?

J'avais une liste très longue ! Mais les six interviews vidéos que j'ai pu réaliser et que j'ai décidé d'envoyer sont celles de Khaled Koubaa (Directeur exécutif de Google Afrique du nord), Yasmine Azaiz (violoniste), Jason L.Revine (enseignant et musicien américain), Ahmed Ferchichi (bloggeur et globe-trotteur), Lina Ben Mhenni (bloggeuse) et Soumow Dollon (développeuse Front-end tunisienne à Microsoft USA).

Quelles sont les épreuves pour se qualifier parmi les 12 finalistes et se rendre à San Francisco ?

Ce sont deux vidéos que je viens juste d'envoyer avant-hier d'ailleurs. Dans l’une, je dois convaincre le jury que je suis la personne qui pourra représenter au mieux le World Merit; et dans l'autre je résume, en quelques mots, ce que signifient pour moi le concours et l'aventure que je vis avec eux depuis cinq mois maintenant.

Qu'est-ce que le concours World Merit t'a apporté ? Est que cela t'ouvre des perspectives, à toi ou à d'autres?

Ca m'a apporté encore plus de motivation. C'est très gratifiant et encourageant d'avoir des personnes qui suivent vos projets et vous donnent leurs impressions. Le point le plus important, c'est aussi que ça m'a permis d'être un véritable citoyen du monde. On ne doit pas s'enfermer sur nous-mêmes en Tunisie.

Mais, au-delà de ma propre personne, je pense également que les retombées peuvent être positives à une plus grande échelle. Je pense à Charles Batte, le gagnant de l'édition dernière du World Merit, originaire de l'Uganda. Le concours lui a ouvert des horizons et permis de lancer, soutenir ou de faire connaître des projets d'entreprenariat social qui viennent en aide à sa communauté, voire à son pays.

Un message ou un conseil, inspiré de cette expérience, à transmettre à des jeunes tunisiens et tunisiennes ?

Etre hyperactif. Et je pense que la solution réside vraiment dans la vie associative. Je donne un exemple par rapport à ma vie personnelle. J'ai beaucoup d'amis qui ont obtenu leurs diplômes d'ingénieurs et qui sont au chômage. Ils se retrouvent à rester un à deux ans sans rien faire. Alors qu'il est possible d'essayer au moins d'être utile à son pays et par la même rester actif.

Et je crois vraiment que la vie associative permet de s'ouvrir des horizons, de partager ses idées, de se cultiver et de se créer des opportunités, notamment professionnelles. Ca ne sert pas à grand chose de s'accrocher à l'Etat ou au Bureau de l'emploi. Je dirais aussi que la jeunesse est l'âge de tous les possibles. On peut tout faire. Il faut qu'on arrête avec cette mentalité attentiste, à attendre que ce soit le gouvernement ou l'Assemblée ou autre qui viennent nous sauver.

Il vaut mieux essayer de prendre soi-même des initiatives et d'être dynamique. Ne serait-ce que pour se créer un réseau et sortir de la situation déprimante qu'est le chômage... Il peut arriver que lorsqu'il rentre, le soir, à la maison, le jeune chômeur voit sa famille le regarder un peu de travers. Lorsqu'un jeune fait des études d'ingénieurs par exemple, la famille s'attend à ce qu'il fasse de grandes choses, il y a une forte pression... Alors, lorsque ce jeune se retrouve deux ans au chômage, c'est plutôt mal pris... Et en Tunisie, les ingénieurs sont complètement négligés, à la différence de l'Allemagne, par exemple, qui fait parvenir les siens de l'Etranger tant la demande est forte.

Tes futurs projets ?

Continuer l'aventure World Merit bien-sûr, en essayant d'aller le plus loin possible. Sinon, j'espère réussir au mieux mon mandat de représentant à Rotaract. Et bien-sûr, trouver un emploi stable, après la fin de mon stage en septembre.

Vous pouvez soutenir Mahdi Hamdi sur sa page Facebook officielle.

Vidéo : 10 raisons : Pourquoi je veux être parmi les 12 champions du Word Merit

Nawaat

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