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L’UGTT : une épée Damoclès…Ou encore une désillusion…

Par Hafedh Caïd Essebsi
Hafedh .C. E ,membre du bureau politique du mouvement d’opposition « Nidaa Tounes » écrit sur son profil Facebook le texte suivant : 


Il y a quelques mois déjà, en soutenant l’UGTT, une grande frange de Tunisiens syndicalistes et démocrates ont porté l'espoir de bénéficier d'un support refuge afin de consolider l'État de droit et la démocratie contre le projet théocratique dictatoriale que prône le gouvernement d'Ennahdha dans les coulisses...
L’UGTT avait décidée, l’annulation de la grève générale annoncée pour le jeudi 13 décembre dernier, qui a été décrétée pour protester contre les agressions contre l’UGTT menées par «des milices au service du parti Ennahdha», par allusion aux ligues de protection de la révolution...
Une grande désillusion s'est installée dans l'opinion après l'annulation de la grève générale et surtout les conclusions des résultats ayant abouti à un accord « sans accord » avec Ennahdha...
L'UGTT est sorti très affaiblie face à Ennahdha avec une victoire pour le gouvernement Jebali...
L'accord convenu incluait une condamnation de la violence commise le 4 décembre par les Ligues de protection de la révolution, une enquête paritaire sur ces événements du 4 décembre et la protection des réunions des partis politiques et organisations syndicales.
Certes, un accord trop maigre, mal négocié et sans aucune garantie, sauf celles des intentions de bonne foie...ça ne marchera pas avec celas…
Les deux conditions minimales dans les négociations entre le Gouvernement et l'UGTT qui ne devaient pas être hypothéqué quelque soit la tournure et qui représentaient une ligne rouge pour accepter déjà de suspendre et non d'annuler maladroitement la grève générale :
- 1 : geler les activités des LPR...jusqu'aux conclusions de l'enquête de cette commission mixte entre le Gouvernement et l'UGTT...
- 2 : Réactiver les négociations sous l’égide de l'initiative de l'UGTT ...
Et dans le cas ou le gouvernement aurait refusé dans le temps réglementaire, reporter la grève à une date ultérieure pour maintenir la pression comme l’épée Damoclès jusqu’à la réalisation des objectifs revendiqués…
Après l'annonce de cette décision dégonflée selon les propos de plusieurs syndicalistes, il a régné un climat de désillusion générale dans le camp des démocrates : L’UGTT s'est discréditée à leurs yeux... !
Sa décision vient sans doute de sa volonté de préserver le climat de paix sociale en cette phase difficile par laquelle passe le pays, marquée notamment par des activités de groupes armés à la frontière avec l’Algérie.

Aujourd'hui, c'est une grande bataille politique qui est entrain de se jouer de nouveau...

Certes, l'UGTT avec ses 750 000 adhérents est la première force du pays, qui veut reconquérir une nouvelle virginité auprès de l'opinion après la débâcle de Décembre dernier en engageant un nouveau bras de fer avec les islamistes au pouvoir en pleine crise politique et sociale...

Déjà, dans le conflit qui l’avait opposé à Ennahdha, il y a eu sans aucun doute victime et coupable, aussi agressé et agresseur.
Aujourd'hui, l'agresseur est un récidiviste.

Et par le passé : « Le gouvernement n’a répondu à aucune de ses demandes (L'UGTT) notamment la dissolution des milices (LPR) agissant sous les ordres d'Ennahdha, la réactivation des négociations (l'initiative de l'UGTT) englobant au moins la fixation d’une date pour les prochaines élections ».

Entre temps, plusieurs mobilisations ont été lancées auparavant par la centrale pour défendre les libertés et dénoncer les violences des groupuscules, des milices (salafistes et des LPR) ou de la police infiltrée, durant cette seconde phase de transition.

Pour les partisans du gouvernement, l'UGTT est manipulée et instrumentalisée à des fins purement partisanes, et elle gagnerait à se contenter de son rôle syndical.

Pour l'opposition, l'UGTT doit intervenir de manière active dans la vie politique en tant que contre-pouvoir en rappelant la légitimité historique de l'organisation.

Les dirigeants de l'UGTT ont souvent affirmé : « qu'ils n'hésiteront pas, dans les moments de crise, à assumer un rôle politique ».

Conclusion :

La tension est d'autant plus forte, et sous la pression des acteurs et des diverses revendications, la centrale a décidée de s'engager « aux côtés de la société civile et du peuple tunisien dans sa diversité pour défendre non seulement la masse ouvrière, mais aussi et surtout la République et ses institutions ».

Consciente que le rapport de force est en sa faveur à ce jour dans un contexte économique, social et sécuritaire incertain et qu'elle est un acteur incontournable de la transition démocratique sur un terrain où les équilibres politiques ont penché et sont très favorables aux partis de l'opposition : « Le message de l'UGTT aujourd'hui c'est : vous ne pourrez rien faire sans nous par opposition à ceux qui voudraient remettre en cause son rôle historique. »

Mais face à ce blocage, quelles alternatives ?
Attention : Aujourd'hui, Ennahdha est un récidiviste.

Hafedh C.E

Tunisie Focus

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