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Ce que l’on doit aux juges italiens

C'est bien la justice italienne qui tentait de localiser les 197 millions de dollars que Farid Bedjaoui aurait empochés pour servir d'intermédiaire aux Italiens de Saipem et ENI afin de signer 7 contrats avec Sonatrach. En voulant prouver que des Italiens se sont enrichis avec ce système, et qu'il y a eu détournement d'argent public, le parquet de Milan a permis de révéler de nouveaux détails du système de corruption Sonatrach. Les juges milanais étaient sur les traces de l'argent empoché par Bedjaoui depuis des mois. «Le corps du délit», selon eux, celui par lequel les responsabilités des uns et des autres seraient finalement établies. Car ce qui intéresse le plus les enquêteurs italiens, ce n'est pas tant le nombre de véreux algériens qui ont profité de l'aubaine, mais plutôt le montant exact de l'argent sorti des caisses de Saipem et retourné en Italie, pour profiter aux dirigeants de ce groupe. Les grands groupes européens tiennent des caisses noires pour corrompre des intermédiaires du Sud (fonctionnaires publics, responsables politiques...) et décrocher des marchés juteux. Un délit, selon les lois anticorruption dans ces pays. Les juges milanais ont alors découvert que ces sommes étaient indiquées dans les bilans officiels de Saipem, en toute transparence. Là où les corrupteurs du Nord tombent fatalement sous le coup de la loi de leur pays, c'est lorsqu'ils trouvent des stratagèmes pour récupérer une partie de cet argent à leur propre compte. Ce que l'ancien directeur des opérations de Saipem, Pietro Varone, a fait, en se faisant verser 10 millions d'euros sur son compte. Il a été arrêté le 28 juillet et attend que le tribunal statue sur sa demande de libération. Les juges milanais, Fabio De Pasquale et Giordano Baggio chargés de l'affaire, ont accusé les dirigeants de l'ENI et de Saipem d'avoir couvert la fraude. «Saipem et plus généralement le groupe ENI ont favorisé l'adoption de comportements déviés... Et il est certain que les contrats d'intermédiation stipulés entre Saipem et Pearls Partners (société de Farid Bedjaoui, ndlr) n'étaient qu'une couverture bureaucratique pour permettre la sortie de l'argent de Saipem. Ceci a été perfectionné avec l'assistance d'avis juridiques internes et externes mis au point par divers cabinets et a détourné tous les systèmes de contrôle, audit, syndicats, aussi bien de Saipem que du groupe chargé de son contrôle, ENI», écrivent les magistrats dans le procès-verbal cité par le Corriere Della Sera le 6 août 2013. Le parquet de Milan a lancé une commission rogatoire pour récupérer plus de 100 millions de dollars qui seraient sur des comptes de Farid Bedjaoui à Singapour et 23 millions à Hong Kong. Une requête similaire a été envoyée aux autorités libanaises pour bloquer des comptes appartenant à des parents de l'ancien ministre de l'Energie, Chakib Khelil.  

El Watan

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