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Autant le dire… : Voici les comptes et les décomptes du printemps arabe

De la révolution égyptienne ou encore printemps arabe au dernier coup d'Etat militaire fomenté par l'armée qui refuse de le reconnaître comme tel, l'Egypte est aujourd'hui en train de compter les cadavres de ses fils et filles.

Après les affrontements entre Egyptiens pro-frères musulmans et anti avec son lot de morts et de blessés, l'armée a pris le relais et le décompte est macabre. Les frères musulmans parlent de plus de 2200 morts alors qu'au niveau de l'armée on dénombre officiellement 500 morts. Quel que soit le chiffre, il faut tout de suite noter que c'est déjà trop de morts. Et l'armée doit mettre fin à ces tueries. Elle qui est arrivée au pouvoir par effraction et qui s'y est imposée de force.

En effet, la situation en Egypte est si complexe que l'armée se trouve aujourd'hui au milieu de deux communautés religieuses qui se haïssent fortement : les frères musulmans et les coptes, chrétiens monophysites qui comptent environ 4 millions d'âmes, soit 10 % de la population totale. Aussi, en prenant partie, (c'est le constat qu'on peut faire en ce moment) l'armée égyptienne sème les graines d'un conflit inter-religieux qu'elle ne pourra pas maîtriser, et qui va marquer considérablement la vie socio-politique de ce pays d'environ 74 millions d'habitants (90 % de musulmans) répartis sur une superficie de 997 739 km2. Car, les frères musulmans dont est issu le président déchu, Mohamed Morsi ne désarmeront pas de sitôt. D'autant plus qu'ils ont le soutien tacite de la communauté internationale qui recommande de les protéger.

Si l'armée égyptienne a mal négocié le passage en destituant le président Morsi, pourtant démocratiquement élu, elle devait se contenter d'organiser assez rapidement des élections transparentes et équitables aux fins d'élire un nouveau président. Parce que, ce qui se passe en Egypte, n'est ni moins ni plus que ce qu'on peut considérer comme l'implication ou encore l'amalgame qu'on fait de la religion et de la politique. Autant la politique doit tenir désormais compte de l'évolution des mentalités et de la nouvelle compréhension que se fait la jeunesse de certaines questions, autant la religion, quelle qu'elle soit, doit mesurer à chaque fois qu'elle doit le faire, l'ampleur de son implication directe ou indirecte dans des questions typiquement politiques, souvent politiciennes. Car, si par exemple au Burkina Faso, on a trouvé à un moment donné qu'il fallait que la chefferie coutumière se démarque et fasse le deuil des questions politiques, il n'en demeure pas moins que la « chefferie religieuse » fasse de même. Pour ne pas faire basculer le débat politicien d'un côté comme de l'autre, au risque d'exposer ses fidèles ou de les dresser contre d'autres non-moins fidèles. Ou encore apparaître comme celui qui soutient un camp contre un autre. Mais cela ne veut nullement dire qu'il faut rester indifférent. Au contraire, car le laisser-faire et l'indifférence totale qui aboutissent généralement du « si je savais », ne sont pas responsables et dignes des bâtisseurs.

Le Nigeria avec la secte Boko Haram qui tue et mutile dans les églises depuis maintenant des années n'est pas enviable. La paix n'y est pas dans la partie concernée. En Côte d'Ivoire, la guerre civile et fratricide aurait été plus grave et meurtrière et aurait sans doute pris plus de temps pour se résoudre, si on avait réussi à dresser les musulmans du Nord contre les chrétiens du Sud. Heureusement qu'au Burkina on est encore loin de telles situations. Le dialogue interreligieux permanent aidant (qu'il faut saluer en passant), la paix et la concorde continueront de régner.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

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