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Sécurité alimentaire : L’ALERTE EST MAINTENUE

Le Plan d'actions d'urgence de réponses aux difficultés alimentaires de 2012-2013 a permis de venir en aide à 4,6 millions de personnes vulnérables. Mais les besoins restent encore immenses

Le Conseil national sur la sécurité alimentaire (CNSA) a tenu hier sa 10è session. La réunion qui s'est déroulée dans la salle de presse du Centre international des conférences de Bamako était présidée par le ministre de l'Agriculture, Baba Berthé. Ses collègues de l'Elevage et de la Pêche, Mme Diané Mariam Koné, de l'Environnement et de l'Assainissement, Ousmane Ag Rhissa, ont participé à la session qui a regroupé plusieurs autres responsables : le Commissaire à la sécurité alimentaire, Cheick Sidiya Diaby, et ses proches collaborateurs, les gouverneurs des régions, les représentants des partenaires techniques et financiers, les représentants des services techniques de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche, les responsables des programmes et projets de développement rural.

Cette session survient à un moment où notre pays sort de la double crise sécuritaire et institutionnelle qui l'affecte pendant près d'un an. Cette crise a évidemment eu des effets très graves sur la sécurité alimentaire des populations, notamment les plus vulnérables.

Les pouvoirs publics et leurs partenaires ont déployé de gros efforts pour gérer la situation. Ainsi, le Plan d'actions d'urgence de réponses aux difficultés alimentaires de 2012-2013 mis en ½uvre avec l'appui de l'Etat et des partenaires techniques a permis de venir en aide à 4,6 millions de personnes vulnérables recensées dans 210 communes des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal. L'exécution  de ce plan a nécessité la mobilisation de 15,5 milliards Fcfa de fonds.

Au plan alimentaire, malgré les bonnes productions agro-sylvo-pastorales de la campagne 2012-2013, les évaluations du Système d'alerte précoce (SAP) et l'enquête économique des ménages ont débouché pour la bande sahélienne sur des constats  peu rassurants, en particulier dans les zones qui étaient occupées et leurs environs immédiats.

Cette situation a affecté des millions de personnes vulnérables qui ont connu des difficultés d'ordre alimentaire et économique. Il existe aujourd'hui un besoin d'intervention de l'Etat et de ses partenaires techniques et financiers pour près de 45.000 tonnes de céréales.

La réunion ordinaire du Comité de coordination et de suivi des programmes de sécurité alimentaire au titre de cette année a pris en compte ces résultats et les ont soumis à l'examen des travaux de la session du Conseil.

Mme Sally Haydock, chef de file des partenaires techniques et financiers, a relevé que les résultats préliminaires de l'enquête sur la sécurité alimentaire des ménages au nord du Mali conduite conjointement par le PAM et la FAO en partenariat avec le Système d'alerte précoce (SAP), montrent une dégradation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la plupart des ménages. L'étude a ainsi montré que 90% des ménages touchés par l'enquête ont eu recours à des stratégies de crise (vente d'actifs productifs) pour subvenir à leurs besoins alimentaires.

Une attention particulière mérite d'être accordée aux populations déplacées internes et aux personnes réfugiées dans les pays voisins, dont le retour dans leurs lieux d'origine pourrait s'accélérer dans les mois à venir, a estimé Sally Haydock. Elle a souligné que le démarrage tardif de l'hivernage devrait inciter à anticiper les conséquences de cette situation.

Ces constats montrent l'étendue des besoins à couvrir et la poursuite de la mobilisation de tous les partenaires du dispositif de sécurité alimentaire afin d'apporter une assistance alimentaire et nutritionnelle et mettre en ½uvre des actions de secours et de réhabilitation en faveur des populations les plus vulnérables.

Les partenaires techniques et financiers, a assuré Sally Haydock, vont poursuivre le renforcement de l'assistance humanitaire et le relèvement des moyens d'existence des ménages fortement éprouvés par les crises. Cela, à travers  des actions comme les distributions alimentaires ciblées, la restauration des capacités de production agricole et l'appui en faveur de la nutrition, des cantines scolaires et de la résilience.

Le chef de file des partenaires techniques et financiers a jugé que l'assistance humanitaire apportée par ceux-ci a permis d'aider plus de 887 000 personnes vulnérables grâce à la distribution gratuite de vivres, la prise en charge de la malnutrition, des transferts d'argent, des appuis en intrants agricoles et un soutien à l'élevage.

Le dispositif de prévention et de gestion des crises alimentaires connaît cependant quelques difficultés de mobilisation de ressources financières. Le stock national de sécurité (SNS) et le Fonds de sécurité alimentaire (FSA) se situent à des niveaux très préoccupants. De même, le besoin d'une meilleure coordination des activités humanitaires se fait sentir au regard de la multiplicité des intervenants.

Au-delà des aspects conjoncturels, la sécurité alimentaire dans notre pays a enregistré la formulation de plusieurs programmes structurants, notamment l'Initiative d'accélération de l'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dans les 166 communes les plus vulnérables du Mali dénommée « Initiative 166 » et le Programme national de sécurité alimentaire 2012-2017 (PNSA Phase II) qui sera, à terme, le programme cadre de référence pour les interventions concourant à court et moyen termes à la sécurité alimentaire.

Le ministre de l'Agriculture, Baba Berthé, a remercié les partenaires techniques et financiers pour leur appui multiforme à la sécurité alimentaire. Il a adressé une mention particulière aux donateurs du Programme de restructuration du marché céréalier (PRMC) et du dispositif de sécurité alimentaire. Baba Berthé a dit espérer que l'élan de générosité et de solidarité dont ces partenaires ont fait preuve dès le déclenchement de la crise dans le nord de notre pays ne s'estompera pas.

M. COULIBALY

L'essor

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