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Barack Obama condamne la violence et ne suspend pas l’aide mili

Le président américain Barack Obama est sorti brièvement jeudi 15 août de sa retraite sur l’île de Martha’s Vineyard ( Nord-Est ) pour dénoncer, le temps d’un point de presse, la répression sanglante en Égypte et annoncer d’inévitables rétorsions envers un allié devenu indéfendable. Obama a ainsi ordonné l’annulation de man½uvres militaires bisannuelles prévues avec l’Égypte en septembre prochain et demandé la levée de l’état d’urgence, invoquant de ses v½ux, un «processus de réconciliation nationale». La veille, le secrétaire d’État John Kerry avait pour sa part dénoncé un «bain de sang lamen­table»et exhorté le régime intérimaire à organiser des élections.

«Les Etats-Unis condamnent avec force les mesures prises par le gouvernement intérimaire égyptien», a affirmé Obama évoquant en particulier la réïnstauration de l'état d'urgence annoncée la veille. «Si nous souhaitons maintenir notre relation avec l'Egypte, notre coopération habituelle ne peut pas continuer comme si de rien n'était lorsque des civils sont tués dans les rues et que les droits régressent», a expliqué le président.

Le président américain s'est toutefois gardé de couper les ponts avec l'armée égyptienne, rappelant les liens de longue date entre Washington et Le Caire et affirmant que c'était aux Egyptiens de déterminer leur propre avenir.

C’est tout, et c’est peu. Coincée entre le marteau et l’enclume, l’Administration démocrate, fustigée par l’opposition républicaine et nombre d’éditorialistes pour la tiédeur de sa réaction et sa réticente à couper les ponts avec ce qu’ils considère « la junte au pouvoir », n’a pas encore osé suspendre son aide mili­taire au Caire, à hauteur de 1,3 milliard de dollars par an, ni paralyser les négociations entre l’Égypte et le Fonds monétaire international (FMI) pour une aide économique massive.
«Washington se doutait pourtant de ce qui allait se passer, relève Marina Ottaway, du Woodrow Wilson International Center for Scholars. C’est bien pour cela que Chuck Hagel ( le secrétaire à la Défense, NDLR ) parlait quotidiennement au téléphone avec le général al-Sissi, essayant de l’empêcher de sévir», avant que ses appels ne se mettent à sonner dans le vide mercredi. Hagel impuissant, comme tous les autres émissaires de Washington qui se sont succédé ces dernières semaines en Égypte, le fiasco est complet pour la politique étrangère américaine, après trente ans de coopération étroite avec l’Égypte d’Anouar el-Sadate, puis de Hosni Moubarak: en ne pouvant empêcher la répression, la condamnant sans vraiment hausser le ton, Washington est désormais la cible de toutes les critiques. D’un côté, les Etats-Unis sont accusés par les Frères musulmans d’avoir soutenu un régime illégitime et oppressif. En interrompant la livraison d’avions de chasse F16, ils se sont attirés les foudres du régime.
«La scène politique égyptienne est devenue incontrôlable, estime Nathan Brown, de l’Elliott School of International Affairs, à l’université George Washington. La plupart des acteurs locaux n’affichent que mépris ou dédain pour les États-Unis.» En outre, l’aide militaire américaine, si généreuse soit-elle, «n’avait qu’une utilité: établir une passerelle avec les militaires, institution clé en Égypte», explique Nathan Brown. Ce levier s’est révélé bien mince à la lueur des bouleversements stratégiques au Moyen-Orient. «L’Égypte reçoit dix fois cette somme, soit 12 milliards de dollars, des monarchies du Golfe», souligne Marina Ottaway. Et c’est l’Arabie saoudite qui a exprimé clairement sa préférence en accordant un soutien inconditionnel au pouvoir militaire en place, face au péril islamiste incarné par les Frères musulmans, «plaçant de facto Washington sur le siège arrière», constate James Gelvin.
Réduite à «condamner fortement» la répression, l’Administration Obama est passée en mode «service minimum», renchérit Camille Pecastaing, professeur à la John Hopkins University. «Obama peut suspendre l’aide militaire, ou s’asseoir et ne rien faire, comme en Syrie, pondère Marina Ottaway. Vu sa pusillanimité en politique étrangère, j’ai bien peur que la deuxième option soit la plus probable.»

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