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Violences en Egypte: l'embarras de l'Union européenne

Alors qu'un dernier bilan officiel provisoire fait état de quelque 370 personnes tuées, mercredi 14 août 2013, lors de l'évacuation par la police des sites occupés par les partisans du président déchu Mohamed Morsi, les réactions se multiplient à l'étranger. L'Union européenne a jugé « extrêmement préoccupantes » les informations en provenance du Caire. Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l'UE, s'était rendue au Caire il y a quelques jours pour y rencontrer Mohamed Morsi et les autorités en place.

Catherine Ashton a condamné « la violence et la confrontation qui ne peuvent mener, a-t-elle déclaré, à aucune solution ». Elle a également regretté la démission du vice-président Mohammed el-Baradei. La responsable de la diplomatie européenne demande au gouvernement de transition de mettre fin à l'état d'urgence « dès que possible », et aux forces de l'ordre « la plus grande retenue ». Elle réitère son appel au dialogue. Le ton est ferme mais, à Bruxelles, on fait preuve de la plus grande prudence.

Pourquoi une telle prudence ?

L'Union européenne cherche à ménager la chèvre et le chou. Déjà, lors de la destitution du président Mohammed Morsi le 3 juillet dernier, la Haute représentante pour la politique étrangère s'était refusée, catégoriquement, à qualifier les événements de « coup d'Etat ». Elle n'avait pas demandé le retrait des militaires du pouvoir. Ils devaient, selon elle, être les garants de la sécurité.

Catherine Ashton a ensuite tenté de jouer le rôle de médiateur entre les autorités égyptiennes et les Frères musulmans. Elle s'est rendue au Caire à deux reprises. Elle a rencontré les principaux acteurs des différents camps, y compris le président déchu lors d'une visite nocturne dans sa prison. Mais sans grand résultat.

Quelles réactions dans les capitales européennes ?

De Londres à Berlin, en passant par Paris, tous les pays européens ont fait part de leur inquiétude quant à l'escalade de la violence en Egypte. Le Royaume-Uni a condamné l'usage de la force. L'Allemagne a prôné une « reprise immédiate des négociations » pour empêcher « toute nouvelle effusion de sang ». Quant à la France, elle veut saisir les Nations unies pour mettre fin à la répression. Le ton est beaucoup plus ferme à Stockholm. Le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt a en effet estimé que la « principale responsabilité » des « tueries » en Egypte incombait au régime.

En fait, Catherine Ashton est, dans cette affaire, l'émissaire d'une Union européenne relativement désunie. Certaines chancelleries soutiennent les frères musulmans puisqu'ils ont été démocratiquement élus alors que d'autres diplomaties s'opposent à l'islamisme radical, et préfèrent soutenir l'armée.

Ces tensions expliquent la prudence de Mme Ashton. Depuis le départ de Hosni Moubarak du pouvoir en février 2011, l'Union européenne marche sur des ½ufs. A chaque nouveau rebondissement au Caire, elle redouble de prudence pour éviter davantage de casse.
rfi

Rewmi

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