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Egypte : Mohamed El-Baradei abandonne

Le vice-président égyptien par intérim, Mohamed el-Baradei, a présenté ce mercredi sa démission sur fond de dispersion sanglante de partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi et d’affrontements dans le pays, rapportent les médias internationaux.

« Il m’est devenu difficile de continuer à assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles je suis en désaccord et dont je crains les conséquences », a-t-il écrit au président par intérim, Adly Mansour, pour expliquer sa décision.

Ce Mercredi matin, les policiers ont pénétré sur les places Rabaa al-Adawiya et Nahda, où des milliers d’islamistes étaient barricadés depuis un mois et demi avec femmes et enfants pour réclamer le retour de Mohamed Morsi, destitué suite aux énormes manifestations ,réclamant sa chute ,qui avaient traversé tout le pays et arrêté par l’armée.
Le ministère de l’intérieur avait affirmé en fin de matinée que la place Nahda, plus petite, était également « totalement sous contrôle ». Environ 200 « manifestants armés » y auraient été arrêtés, dont plusieurs responsables des Frères musulmans.

Des corps carbonisés ont été retrouvés sur la place après la dispersion des manifestants, comme le montre une vidéo publiée par la chaîne El Watan (attention, les images peuvent choquer), réputée proche du pouvoir. Les causes de l’incendie ne sont pas encore connues.

Regardez la terreur des islamistes : Vingt cadavres découverts dans une mosquée place Adawia

Après avoir été expulsés par la police, des centaines de protestataires ont tenté d’établir un nouveau camp sur la place Moustapha-Mahmoud. Policiers et militaires les en empêchaient en tirant gaz lacrymogènes et balles, comme l’ont constaté des représentants de presse

D’après les médias, plusieurs villes égyptiennes, dont le Caire, Al-Minya et Assiout, sont le théâtre de violents affrontements opposant les islamistes aux forces de l’ordre. Les pro-Morsi affirment que les forces de l’ordre ont fait usage d’armes à feu. De leur côté, la police et l’armée en accusent les islamistes.

Le premier ministre remercie les forces de l’ordre

Le premier ministre, Hazem Beblawi, a, pour sa part, remercié la police d’avoir « agi avec la plus grande retenue », estimant qu’ »aucun Etat qui se respecte n’aurait pu tolérer » l’occupation des deux places par des milliers de manifestants depuis un mois et demi. Il a ensuite justifié ces interventions par la nécessité de « garantir la tenue des élections » et promis qu’il « respectera ses engagements concernant la feuille de route » imposée par l’armée au gouvernement intérimaire, qui promet notamment des élections début 2014.

Etat d’urgence et couvre-feu décrétés

La présidence égyptienne a annoncé l’instauration de l’état d’urgence dans tout le pays à compter de 16 heures, et pour une durée minimale d’un mois. Dans un communiqué diffusé par la télévision, elle ordonne par ailleurs à l’armée d’apporter son soutien aux forces du ministère de l’intérieur pour établir la sécurité.

Un couvre-feu a également été décrété, de 19 heures à 6 heures du matin. Ces mesures s’appliquent au Caire et aux provinces de Guizeh, d’Alexandrie, de Beni Sueif, de Minya, d’Assiout, de Sohag, de Beheira, du Nord et du Sud-Sinaï, Suez et Ismailia.

Pourquoi l’état d’urgence ?

C’est en cas de « péril imminent » dans un pays que le gouvernement peut prendre la mesure de l’état d’urgence.

Aussi, on ne peut décréter l’état d’urgence que pour une période temporaire, notamment lors d’atteintes graves à l’ordre public. De ce fait, l’état d’urgence est souvent déclaré en période de guerre, de périodes politiques troubles ou de cataclysme.
Que permet cette mesure exceptionnelle ?

La déclaration d’un état d’urgence est supposé servir l’intérêt général.

En effet, dans un contexte d’état d’urgence, les pouvoirs de l'administration sont étendus pour mieux encadrer la sécurité du pays. Dans le cas de l'Égypte, cette mesure a permis au gouvernement d’imposer des couvre-feux au Caire et dans 11 autres provinces.

« Après que la présidence a annoncé l’état d’urgence, des couvre-feux seront imposés de 19h00 à 6h00 jusqu’à nouvel ordre », a indiqué un porte-parole du gouvernement installé par l’armée après la déposition de Morsi.
Pourquoi parle-t-on parfois d’atteinte aux libertés publiques ?

Il faut noter qu’en cas d’état d’urgence, certaines libertés fondamentales peuvent être restreintes, comme celle de circuler ou la liberté de la presse.

L'article 4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de l'ONU de 1966 régule au niveau du droit international l'état d'urgence. Il dispose que les mesures prises sous état d’urgence ne doivent pas être « incompatibles avec les autres obligations imposées par le droit international » et qu' »elles n'entraînent pas une discrimination fondée uniquement sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion ou l'origine sociale ».

La proclamation de l'état d'urgence ne permet pas de déroger à certains droits fondamentaux et interdictions absolues, dont en particulier le « droit à la vie », l'interdiction de la torture et des traitements inhumains et dégradants, l'esclavage et la servitude et la « liberté de penser, de conscience et de religion ».

Aux États-Unis, la Maison Blanche a aussitôt condamné « avec force » le recours à la violence par l’armée contre les manifestants en Égypte et s’est opposée au retour de l’état d’urgence dans le pays en proie à des heurts meurtriers.

À noter qu’un état d’urgence imposé en 1981 en Egypte a duré 31 ans, puisqu’il n’a été levé qu’en mai 2012.

Depuis la destitution de Mohamed Morsi, l’Egypte connaît une vague de protestations des islamistes qui revendiquent le retour de leur président élu. La situation s’est aggravée avec la dispersion des campements des pro-Morsi au Caire. La direction des Frères musulmans a appelé tous ceux qui soutiennent la « légitimité » du leader déchu à descendre dans la rue en signe de protestation.

Tunisie Focus

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