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Burkinabè de France : Vivre intègre et

Lors de sa visite à Paris en septembre 2012, le président Blaise Compaoré avait rencontré ses compatriotes vivant en France à sa résidence de Celle Saint Cloud. On lui avait alors présenté des « sans-papiers ». Parmi eux, Rasmata Ouédraogo a bien voulu se confier sur une partie de sa vie parisienne.

Comment vivent les « sans-papiers » burkinabè dans le « Pays de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité » ? La réponse de Rasmata Ouédraogo, partie à l'aventure en France depuis 2001, peut surprendre : « On se comporte comme des personnes qui ont des papiers ». Le fait d'être du Burkina et de se comporter en dignes représentants du « Pays des Hommes intègres » permet aux Burkinabè en situation irrégulière, de vivre plus ou moins comme s'ils avaient les papiers requis, a expliqué Mme Ouédraogo, membre du Collectif des sans-papiers burkinabè de France. « Ici tout le monde nous connaît, nous les Burkinabè. On est vraiment honnête, on paye le transport comme les autres, on ne fait pas de gaffe. Donc ça fait qu'on circule librement », a-t-elle dit.

Ouvrant un voile sur sa vie et les démarches entreprises pour être en règle, elle a fait comprendre qu'être Burkinabè, ça aide à vivre sans papiers. « On ne fait pas le con, on ne se cache pas » a-t-elle dit.

Mais être intègre n'a pas toujours été payant. Au terme d'un accord franco-burkinabè de 2009 approuvé par le parlement français en 2011 et relatif à la « gestion concertée des flux migratoires et au développement solidaire », des sans-papiers burkinabè espéraient avoir les documents qui feraient d'eux, des immigrants réguliers en France. Ceux qui avaient des documents d'une promesse d'embauche étaient favorisés. Le problème c'est qu'il fallait d'abord se dévoiler et se présenter comme sans-papiers. « On était obligé d'en parler à nos patrons, croyant qu'ils allaient nous donner la promesse d'embauche pour qu'on puisse être régularisé. Et là, les patrons ont dit qu'ils ne savaient pas que nous étions sans-papiers et nous ont mis à la porte », s'est-elle souvenue avec amertume.

A partir de cet instant, certains sont devenus moins intègres et n'ont pas hésité à « acheter » ces promesses d'embauche, au prix variant entre 200 euros et 1700 euros, selon les relations de chacun, de l'avis de Mme Ouédraogo. D'autant que les préfectures françaises prétendant ignorer l'existence d'un tel accord et sa portée, continuaient d'examiner les dossiers cas par cas, comme pour n'importe quel candidat à la régularisation.

Au passage du chef de l'Etat, l'ambassade du Burkina à Paris avait donné de bonnes nouvelles sur ce dossier de régularisation. Une liste des dossiers complets était envoyée aux autorités françaises et certains migrants ont pu disposer du papier pour vivre en situation normale au pays de François Hollande. Le ministre-conseiller de l'ambassade Sibiri Michel Ouédraogo, avait même avancé le chiffre de 17 dossiers déjà acceptés et évoqué la volonté des autorités françaises de diligenter le traitement des autres demandes.

Si après cela, des Burkinabè se retrouvent en prison pour diverses raisons et ce malgré leur intégrité, ils pourront peut-être compter sur la solidarité de leurs compatriotes, à l'exemple de Gilbert Zemba, vivant en France depuis 1982. « Le plus souvent on arrive à faire sortir des gens (des centres de détention, ndlr). On a déjà réussi à défendre au moins une dizaine de compatriotes », s'est-il réjoui.

Le nouvel ambassadeur du Burkina à Paris, Eric Tiaré pourra alors poursuivre le travail pour permettre à chaque Burkinabè de France d'avoir ses papiers au nom de son intégrité et de l'accord existant, signé du temps où le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao était ambassadeur.

Mouor Aimé KAMBIRE
Sidwaya

Le Faso

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