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Mali: le capitaine Sanogo, auteur du putsch de 2012, promu général

L'auteur du coup d'Etat du 22 mars 2012 ayant déstabilisé le Mali, le capitaine Amadou Sanogo, a été promu mercredi général par le régime de transition à Bamako sur le point de disparaître après l'élection d'un nouveau président, Ibrahim Boubacar Keïta.

"Aujourd'hui (mercredi), le Conseil des ministres a validé la nomination du capitaine Amadou Sanogo, au grade de général de corps d'armée, l'information est officielle", a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère malien de la Défense, Diarran Koné.

Joints par l'AFP, deux ministres ayant assisté au Conseil ont confirmé cette promotion.

Un proche de Sanogo, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, actuel ministre de l'Intérieur, a également été promu général, de même que le colonel Didier Dacko, chef des opérations militaires de l'armée malienne dans le Nord.

Le capitaine Sanogo avait justifié le coup d'Etat de mars 2012 ayant renversé le président élu Amadou Toumani Touré (ATT) par l'incapacité d'un Etat corrompu à lutter contre la montée des périls en tous genres dans le nord du Mali, groupes jihadistes et criminels, rébellion touareg.

Mais ce putsch avait précipité la chute de cette vaste région aux mains de groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda qui l'ont occupée pendant neuf mois en y commettant d'innombrables exactions, avant d'en être chassés par une intervention militaire internationale initiée par la France.

Le capitaine Sanogo, avait rapidement dû rendre le pouvoir à des civils sous la pression internationale, mais  gardait une capacité de nuisance à Bamako où ses hommes ont arrêté, brutalisé, torturé et fait disparaître de nombreuses personnalités politiques, des journalistes et des militaires opposés à eux.

Dans un souci apparent de tenter de le maîtriser, il avait été nommé en août 2012 et installé en février dernier par le président de transition, Dioncounda Traoré, à la tête d'une structure chargée de réformer l'armée malienne qui avait été laminée dans le Nord. 

Aimant se comparer au général français Charles de Gaulle qui, depuis Londres, avait appelé en 1940 à la résistance contre l'Allemagne nazie et le régime collaborationniste de Vichy en France, Amadou Haya Sanogo n'a jamais combattu dans le nord du Mali contre l'occupation islamiste.

 

Promotion "honteuse"

 

Sa promotion directe du grade de capitaine à celui de général intervient trois jours après le second tour de l'élection présidentielle remportée par l'ex-Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta, qui était resté très discret au moment du coup d'Etat, à l'inverse de son adversaire au scrutin, Soumaïla Cissé, un ex-ministre des Finances, ayant, lui, été un farouche opposant au putsch.

Cette opposition de Soumaïla Cissé lui avait valu d'être brutalement arrêté à son domicile de Bamako peu après le coup d'Etat par des hommes du capitaine Sanogo. Blessé, il avait passé plusieurs mois de convalescence en France et au Sénégal.

Corinne Dufka, chargée de l'Afrique de l'Ouest à Human Rights Watch (HRW) a qualifié cette promotion du capitaine Sanogo de "honteuse" dans un message à l'AFP.

Elle a estimé qu'au lieu d'être "récompensé", il devrait faire l'objet d'une enquête "pour son implication présumée dans des actes de torture et des disparitions forcées" ayant eu lieu après une tentative de contre coup d'Etat menée fin avril par des militaires restés fidèles au président renversé ATT.

HRW avait affirmé en juillet 2012 qu'au moins vingt soldats fidèles à ATT avaient disparu et que "des actes de torture et autres exactions" avaient été commises par les hommes de Sanogo "à l'encontre de dizaines d'autres soldats".

En avril 2012, une foule de partisans du capitaine Sanogo avaient en outre sauvagement attaqué Dioncounda Traoré dans son bureau présidentiel à Koulouba, sur les hauteurs de Bamako.

M. Traoré, sous le régime duquel Sanogo vient d'être promu, avait été se faire soigner en France où il était resté en convalescence avant son retour à Bamako en juillet 2012.

Le futur président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, cacique de la vie politique de 68 ans et homme à poigne, avait affirmé quelques semaines avant son élection que Sanogo n'était "pas un épouvantail", ajoutant: "Dans mon bateau, il n'y aura pas deux capitaines".

 

 

AFP

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