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Egypte : l’état d’urgence après l’assaut contre les pro-Morsi

Les forces de sécurité égyptiennes ont donné l’assaut mercredi contre les rassemblements des partisans de l’ancien président islamiste Mohamed Morsi au Caire, déclenchant des violences à l’origine d’une centaine de morts dans l’ensemble du pays. La présidence a proclamé l’état d’urgence dans toute l’Egypte, pour une durée d’au moins un mois, et ordonné à l’armée d’apporter son soutien aux forces du ministère de l’Intérieur.
Les troubles, qui se sont entre autres étendus à Alexandrie, deuxième ville du pays, ont fait 149 morts et près de 1.403 blessés à travers l’Egypte, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Des affrontements meurtriers ont notamment eu lieu dans la province centrale du Fayoum, et dans le port de Suez.
L’assaut du Caire, lancé vers 07h00 locales (05h00 GMT), intervient après l’échec de plusieurs tentatives de médiation pour mettre fin au bras de fer engagé entre les partisans de Mohamed Morsi, souvent issus comme lui des Frères musulmans, et le gouvernement provisoire soutenu par l’armée, depuis la destitution du président islamiste par les militaires le 3 juillet. « Ils sont venus à sept heures du matin », a raconté Saleh Abdoulaziz, un témoin blessé à la tête. « Ils ont tiré des gaz lacrymogènes contre des enfants. Ils ont continué à tirer contre les manifestants même quand nous les avons suppliés d’arrêter. »
Des policiers anti-émeutes s’abritaient mercredi après-midi derrière des véhicules blindés et l’air était envahi de gaz lacrymogènes dans les rues qui environnent la mosquée de Rabaa al Adaouia, dans le nord-est de la capitale, où des milliers de partisans de Morsi campaient depuis sa destitution.
Sept heures après le début de l’assaut, des groupes de manifestants continuaient à bloquer la chaussée, en scandant des slogans et en agitant des drapeaux, alors que les forces de sécurité tentaient d’empêcher les rassemblements. Un correspondant de Reuters a vu des dizaines de personnes allongées sur la chaussée et blessées par balles, au milieu de flaques de sang omniprésentes.
Une source médicale a rapporté que soixante morts étaient recensés dans un seul hôpital du Caire, et que le bilan allait probablement s’alourdir. La plupart des victimes ont été blessées par balles. Un deuxième campement, plus petit, établi sur la place Al Nahda, près de l’Université du Caire sur la rive gauche du Nil, a été rapidement vidé par les policiers aux premières heures.
Dans un communiqué, le gouvernement a demandé aux partisans de Mohamed Morsi d’ »entendre la voix de la raison » et a prévenu que les cadres des Frères musulmans seraient tenus responsables de « toutes les émeutes et les violences ». La dispersion des sit-in de protestation enlève aux Frères musulmans l’un de leurs derniers moyens de pression sur le nouveau pouvoir. Les dirigeants de la confrérie ont été arrêtés ou sont recherchés et leurs avoirs ont été gelés.
Le ministère de l’Intérieur a annoncé plusieurs arrestations mercredi au sein des Frères musulmans, sans donner de noms. Des responsables des forces de sécurité ont précisé que Mohamed El-Beltagi, un cadre du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la branche politique de la confrérie, avait été interpellé.
Sur le plan international, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste, a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies et la Ligue arabe à intervenir pour mettre fin à un « massacre » et a dénoncé le « silence » de la communauté internationale. Le Qatar, soutien régional de l’ancien gouvernement de Mohamed Morsi, a condamné les assauts contre les manifestants, et l’Iran a estimé que l’Egypte courait le risque d’une « guerre civile ». L’Union européenne a invité les autorités à faire preuve de retenue, tandis que la France a mis en garde contre « un usage disproportionné de la force ».
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a également regretté « que les autorités égyptiennes aient utilisées la force » et a condamné « dans les termes les plus forts » la violence de l’intervention des forces de sécurité égyptiennes. Depuis la chute de Mohamed Morsi, et avant l’assaut lancé mercredi, plus de 300 personnes sont mortes dans les violences politiques dans le pays, parmi lesquelles des dizaines de partisans des Frères musulmans tués par les forces de sécurité lors de deux interventions les 8 et 27 juillet.
AFP

L'essor

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