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L’opération de nettoyage des ikhouans à commencé ce matin au Caire

Les forces de l'ordre égyptiennes ont commencé, ce mercredi matin 14 août, à faire évacuer de force les places Rabiâa Al-Adawiya et Nahda du Caire, occupées depuis six semaines par les Ikhoauns ,partisans du président islamiste déchu Mohammed Morsi. L'opération, que le pouvoir ne voulait pas voir se transformer en « bain de sang », a déjà fait de nombreuses victimes.
Des témoins interrogés par la presse parlent d'au moins 15 morts vus dans une morgue de fortune sur la place Rabiâa. Les Frères musulmans, qui parlent de « massacre », évoquent désormais le chiffre de 100 morts. Le ministère de l'intérieur, qui n'a confirmé aucun bilan, fait état de deux morts chez les policiers. Selon l'Associated Press, des camps érigées à Nasr City, dans la banlieue est de la capitale, et devant l'université du Caire ont également été évacués.

BULLDOZERS et SNIPERS

Sur le principal campement, situé près de la mosquée Rabiâa Al-Adawiya, les forces de l'ordre ont d'abord bouclé plusieurs rues avant de tirer des cartouches de gaz lacrymogène sur la foule, pendant que des hélicoptères survolaient la place à basse altitude en diffusant des messages par hauts-parleurs. Des images de télévision montrent des bulldozers enfoncer ces barrières de fortunes faites de pavés et sacs de sable. Des snipers étaient également placés sur les toits autour de la place. Selon l'AFP, plusieurs des manifestants ont pu être tués par balles.

Le correspondant de Newsweek sur place, Mike Giglio, était près des lignes de forces de sécurité avant l'assaut. Il raconte : « Les manifestants de Rabaa ne se découragent pas. Certains envoient depuis des rues environnantes des feux d'artifice vers la police, qui utilise des gaz lacrymogènes et des mitraillettes. »

Des armes et des munitions ont été saisies chez les ikhouans . Regardez

Mise à Jour

Moins de trois heures après les premiers tirs de grenades lacrymogènes, un journaliste de l'AFP a compté 43 cadavres –tous des hommes dont plusieurs manifestement tués par balles– dans la morgue de fortune de l'un des deux rassemblements pro-Morsi, celui de la place Rabâa al-Adawiya au Caire.

Dans cet hôpital de campagne au sol maculé de sang, les médecins débordés délaissaient les cas désespérés pour concentrer leurs efforts sur les blessures les plus susceptibles d'être soignées. Un homme qui respirait encore mais avait reçu une balle dans la tête n'a ainsi pas pu recevoir de soins, a constaté le journaliste.

Les Frères musulmans, la puissante confrérie tentaculaire dont est issu Mohamed Morsi, ont annoncé un bilan dépassant les 250 morts et 5.000 blessés, tandis que les autorités recensaient sept décès, dont deux membres des forces de sécurité, et affirmaient que les manifestants avaient ouvert le feu sur la police.

Les pro-Morsi ont été pris par surprise par les bulldozers des forces de l'ordre car les nouvelles autorités avaient promis des «sommations» afin de laisser partir ceux qui le souhaitaient, en particulier les femmes et les enfants qui campaient depuis plus d'un mois sur les deux places.

Deux heures après le début de l'opération, le ministère de l'Intérieur annonçait que la place Nahda, le second rassemblement, était «totalement sous contrôle». Les islamistes l'occupaient depuis près d'un mois et demi pour réclamer le retour de M. Morsi, destitué et arrêté par l'armée le 3 juillet.

En revanche, sur la place Rabâa, dont l'accès était interdit aux journalistes qui ne se trouvaient pas déjà sur les lieux, des tirs d'arme automatique résonnaient et une pluie de grenades lacrymogènes s'abattait sur le village de tentes, sur fond de chants religieux diffusés à plein volume par les haut-parleurs de l'estrade.

Un responsable de la sécurité a affirmé à la presse que des résidents avaient aidé les forces de sécurité à arrêter des dizaines de manifestants, alors que la télévision diffusait des images d'hommes menottés assis au sol et de familles portant des sacs plastiques escortés hors du site.

En représailles à la dispersion, des islamistes ont commencé à bloquer des grands axes du Caire en incendiant des pneus en travers des routes, pour tenter de paralyser le pays en dénonçant un «massacre». Des heurts sporadiques avaient lieu dans plusieurs quartiers du Caire ainsi que d'autres villes du pays.

«Ce n'est pas une tentative de dispersion mais une tentative d'écraser d'une façon sanglante toute voix opposée au coup d'Etat militaire», a dénoncé Gehad el-Haddad, porte-parole des Frères musulmans, sur Twitter.

Sa confrérie a appelé «les Egyptiens à descendre dans la rue pour arrêter le massacre». En réponse, le gouvernement a annoncé que le traffic ferroviaire en direction et depuis Le Caire était interrompu.

A Sohag, dans le centre de l'Egypte, des pro-Morsi ont incendié une église copte, en représailles à la dispersion de leurs rassemblements par la police, selon l'agence officielle Mena.

Regardez l’agressivité des ikhouans . Comme des chiens enragés

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