SlateAfrique

mis à jour le

Les espions de Kadhafi sont partout

Alors qu'à ce jour il est activement recherché sur tout le territoire libyen, Mouammar Kadhafi, en bon stratège militaire, avait des espions infiltrés au plus haut niveau de la rébellion.

Le site de la chaîne qatarie Al Jazeera a en effet publié une série de documents confidentiels récupérés par ses reporters dans le siège d'Abdallah Senoussi, le chef des renseignements de Kadhafi.

Dans les bureaux abandonnés, rebelles et journalistes ont mis la main sur des documents détaillés indiquant les principaux sites d’armes à travers les montagnes de l’ouest libyen, notamment dans la ville de Zaouïa, la passerelle des rebelles vers la capitale Tripoli.

Des cartes et des plans précis, de même que l’identification de certains commandants du Conseil national de transition (CNT) étaient communiqués par ces «agents doubles» à la solde de l'ancien régime.

Ces documents révèlent l'utilisation des camps de réfugiés mis en place aux frontières par le Qatar, les Emirats arabes unis, le Koweït et la Tunisie pour la contrebande d’armes et de camionnettes. Dans le sud tunisien, les espions de Kadhafi avaient rapporté l’autorisation du Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi et du chef des armées Rachid Ammar aux rebelles d’utiliser ces camps comme base militaire. 

«Il y a des 4x4 dans les camps du Qatar, du Koweït et des Emirats arabes unis, des camps équipés d’armes automatiques cachées sous des tentes», indique le document.

L’agent double à l’origine de ce rapport a souligné les noms des dirigeants du CNT en suggérant qu’ils soient la cible des prochains assassinats:

«J'ai élaboré un plan pour tuer des commandants rebelles et des chefs du CNT. Cela sèmera la peur dans leurs rangs et provoquera la désunion entre eux».

En échange de leur collaboration, le gouvernement libyen fournissait à ces agents infiltrés au sein de la rébellion des voitures de luxe (des «BMW blanches»), d’importantes sommes d’argent, ainsi que des téléphones satellites à utiliser pour les appels les plus sensibles.

Pour autant, l’espionnage de Kadhafi ne se limitait pas à l’emploi de ces agents. Le «réseau» avait piraté il y a peu plusieurs messageries électroniques comme celle du Premier ministre du Conseil national de transition, Mahmoud Jibril.

D’autres documents trouvés dans le siège des renseignements montrent que l’espionnage libyen ne s’arrêtait pas aux frontières. Les représentants des ambassades libyennes dans le monde entier espionnaient les expatriés qui soutenaient l’opposition depuis l’étranger.

A ce jour, le CNT détient des milliers de documents secrets, dont certains pourraient incriminer plusieurs chefs de la rébellion.

Lu sur Al Jazeera