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Des hommes, des réseaux et des pots-de-vin

Avec le mandat d'arrêt international lancé contre, entre autres, Chakib Khelil, son épouse et deux de ses fils, c'est sans doute un nouvel épisode du feuilleton des scandales d'Etat qui débute. D'autres personnes, dont Farid Bedjaoui, le neveu d'un ancien ministre des Affaires étrangères, déjà sous le coup d'une procédure de recherche de la justice italienne, l'ex-conseiller du PDG de l'entreprise nationale Sonatrach et non moins homme de confiance de l'ancien ministre de l'Energie et des Mines, sont eux aussi accusés par la même occasion de corruption, de blanchiment d'argent, d'association de malfaiteurs... Depuis les révélations faites dans le cadre des inculpations dans l'affaire dite Sonatrach 1 en 2010, on s'attendait à ce que la justice aille plus loin et ne se limite pas aux simples accusations portées contre le PDG de l'entreprise et les principaux cadres dirigeants à l'issue de la première instruction. Trois ans plus tard et après plusieurs rebondissements, notamment en Italie et au Canada, les juges algériens ont enfin décidé de délivrer les mandats internationaux. D'autant que durant toute cette période et avant que ne s'ouvre, en début d'année 2013, le dossier de l'affaire dite Sonatrach 2, beaucoup parmi les avocats, les juristes, les journalistes et autres observateurs s'étonnaient que la justice «n'aille pas plus haut» et que l'instruction se limite à un niveau de responsabilité subalterne, étant entendu que le ministre, proche du président Bouteflika, ne pouvait être tenu dans l'ignorance de ce qui se tramait contre les intérêts de l'entreprise et, par conséquent, de l'Algérie. Tout au long de cette période, il n'a même pas été cité comme témoin dans l'affaire qui a vu l'inculpation de Mohamed Meziane et ses deux fils, l'ex-PDG du CPA et son fils dans l'affaire Sonatrach 1, et ce, au grand dam des avocats de la défense auxquels on répondait qu'il était hors de question de «convoquer un ministre», un crime de lèse-majesté à l'égard de celui qui assuma également, contre toute logique managériale, la fonction de président du conseil d'administration de l'entreprise entre 2001 et 2003 ! Dès lors, on ne peut s'empêcher de se demander si ne sont pas les condamnations à l'étranger pour corruption, notamment dans le cadre de l'affaire Saipem en Italie, qui ont précipité les choses en Algérie et ont eu raison des derniers atermoiements de la justice algérienne. On a ainsi appris, de la bouche du procureur près la cour d'Alger, que le premier volet de l'affaire Sonatrach 1 a été clôturé en octobre 2012 et que, y compris à la suite des perquisitions de ses deux domiciles au cours du premier semestre de l'année en cours, il n'a jamais été question de le citer, au moins à titre de témoin aussi, pour la seconde affaire et encore moins pour la première, alors que Mohamed Meziane avait été placé sous contrôle judiciaire au début de l'année 2010 ! Mais pour l'heure et en l'état actuel des investigations, cette rapine orchestrée depuis des années contre l'Algérie n'a pu être possible sans un réseau de complicités à l'échelle internationale et jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Et avant tout au sein de la famille où se recrutent les premiers «complices». La parentèle est à la base de la corruption. Pour ce faire, les «prédateurs» ont eu recours à des procédés sophistiqués d'intermédiation et de techniques financières élaborées (sociétés écrans, comptes offshore, etc.). C'est ce qui explique l'imbrication des affaires l'une dans l'autre, un peu à la manière des fameuses «poupées russes». Il est fort à parier que les jours qui viennent ne manqueront pas de révéler de nouveaux développements dans ce que d'aucuns hésitent encore à qualifier de scandales d'Etat.  

El Watan

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