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L'Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) a décidé de réagir à l'annonce faite, dimanche, par le procureur général concernant le lancement d'un mandat d'arrêt international contre l'ex-ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, son épouse et ses deux enfants, ainsi que Farid Bejaoui. Le porte-parole de cette association, Djilali Hadjadj, dresse un réquisitoire très sévère contre la justice algérienne. Une justice, selon lui, aux ordres de l'Exécutif et du pouvoir. M. Hadjadj qualifie de «non-événement» l'annonce faite par le procureur et accuse la justice algérienne d'avoir reçu l'ordre d'annoncer le lancement d'un mandat d'arrêt international contre Chakib Khelil. A travers cette annonce que M. Hadjadj juge peu crédible, tardive, mal faite, des informations incomplètes et contradictoires, la justice algérienne s'enfonce dans le ridicule. «Cette information prêterait à rire, n'eut été la gravité des faits auxquels elle fait référence», dit sur un ton moqueur le président de l'AACC. Pourquoi une telle réplique ? M. Hadjadj argumente et se dit outré de constater qu'au moment où il espérait voir le ministre de la Justice, à défaut du Premier ministre, puisqu'il n'y a pas de président de la République, s'exprimer sur le sujet, c'est le procureur général d'Alger que l'on envoie en catastrophe et dans la précipitation pour annoncer en grande pompe une information vieille de plus de 15 jours. «La justice italienne a, dans un communiqué de presse rendu public il y a quelques jours, fait part de nouvelles révélations sur les suites judiciaires du scandale Sonatrach-ENI-Saipem, révélations où sont notamment cités Chakib Khelil et Farid Bedjaoui, dont un mandat d'arrêt international contre ce dernier», note M. Hadjadj. Celui-ci est persuadé qu'aucun Algérien ne croit que la justice algérienne a réagi indépendamment des toutes récentes révélations de son homologue italien. Pourquoi le procureur général d'Alger n'évoque qu'aujourd'hui le fait que le juge d'instruction en charge de l'affaire a adressé une convocation à Chakib Khelil avant le lancement du mandat d'arrêt international à son encontre ? Quelle est la date de cette convocation et pourquoi ne l'a-t-on pas rendu publique au moment même ? D'autant plus, explique M. Hadjadj en se référant aux propos du procureur, que Chakib Khelil aurait répondu de son lieu de résidence aux USA qu'il ne pouvait se présenter devant le juge algérien pour des raisons de santé. Pourquoi alors la justice algérienne n'a pas sollicité les Américains à l'effet d'entamer une procédure d'extradition ? Le président de l'Association de lutte contre la corruption doute de la bonne foi du pouvoir algérien et se demande pourquoi le concerné, au vu de la gravité des faits, lorsqu'il était présent en Algérie, n'a pas été interdit de sortie du territoire comme mesure conservatoire. Des questions qui restent sans réponse. Ce dimanche, le procureur général a affirmé que le mandat d'arrêt a pris effet depuis deux semaines, c'est-à-dire depuis le 29 juillet dernier, M. Hadjadj s'interroge sur le retard accusé dans l'annonce de cette information. Ceci mène ce dernier à ne pas accorder crédit à «une pareille justice, souvent impitoyable et injuste envers un justiciable ordinaire et qui aujourd'hui veut faire croire aux Algériens qu'elle peut aussi s'en prendre aux puissants, alors que Chakib Khelil aurait dû être convoqué dès 2010, année du déclenchement des premières enquêtes relatives à l'affaire Sonatrach 1». Ne ménageant aucunement le pouvoir algérien ni l'appareil judiciaire, le président de l'AACC propose au pouvoir algérien de cesser de faire du chantage au gouvernement italien et au groupe ENI, exigeant que ces derniers fassent pression à leur tour sur la justice italienne pour qu'elle arrête de rendre publiques des révélations accablantes contre des dirigeants algériens.

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