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Élection présidentielle imposée : La démocratie verre-t-elle enfin le jour au Mali ?

L'on ne dira jamais assez que l'intervention militaire française au Mali cache mal  la volonté des autorités françaises de sauver non  pas le peule malien mais leurs intérêts néo coloniaux à elles inavouables. Cette intervention a été habillée par une visite éclair du président français au Mali. Lors de cette visite, François Hollande a dit que la France n'a pas d'intérêt à chercher au Mali. Selon lui, l'armée française est intervenue au Mali «à la demande des autorités de Bamako». C'est pour payer une partie de la dette que la France a contractée auprès du Mali en acheminant vivres, matériels, ressources naturelles et surtout humaines au front pour se libérer de l'occupation allemande de la Seconde Guerre mondiale.

 

 

Mais, comme le disait le philosophe allemand Friedrich Nietzche «le temps est galant». Jour après jour, le masque français est tombé : l'intervention française vise entre autres :

 

 

- A fourvoyer les islamistes qui ont foudroyé le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) dans le nord du pays. En tout cas, pour que l'armée malienne mette le pied à Kidal il a fallu moult négociations comme en témoignent les accords provisoires de Ouaga en vue de la tenue des élections dans cette région occupée par le MNLA.

 

 

- A imposer une élection présidentielle aux dessous non élucidés. En tout cas, tout porte à conclure que la France à son candidat parce qu'elle n'entend pas se retirer de Kidal, tout au moins de si tôt et cela au regard de l'immense richesse du sous- sol du Nord- Mali.

 

 

- A imposer des accords sur le Nord- Mali en vue d'y défendre ses intérêts fondamentaux.

Ces accords, si l'on n'y prend garde, peuvent constituer le socle d'une autonomie future de ce que l'on appelle l'Azawad pour son indépendance future. Pour réussir ce pari, il faut un président au Mali à la dévotion de la France coloniale.

 

Ainsi, nos ressources minières et énergétiques seront à la merci des lobbies français pour sauver le capitalisme français du naufrage qui s'annonce au fil des ans. Quel mauvais calcul ! Mais, il convient de rappeler à la face du monde et donc avant tout de la France, que le Mali n'est ni la Côte d'Ivoire, ni la Guinée encore moins le Gabon.

 

Le premier tour de la présidentielle du 28 juillet, malgré son caractère imposé, est un message du peuple malien à l'adresse de la France et des valets maliens à sa solde. Si notre peuple s'est fortement mobilisé en faveur du candidat Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), c'est plus parce qu'il s'est démarqué à temps de l'accord d'Alger du 4 juillet 2006 consacrant le soubassement de l'autonomie inavouée des régions nord du Mali. Comme pour dire que les Maliens, dans leur écrasante majorité, espèrent et comptent beaucoup sur le sens élevé de la défense de l'intégrité du territoire national qu'ils placent en IBK. Même  s'il y a meilleur candidat que celui-ci en terme de combativité révolutionnaire ! La France doit bien comprendre cette triste réalité que le  Mali restera Mali quel que soit le prix à payer et le candidat qu'elle soutient officieusement.

 

Il ne saurait en être autrement car notre pays et son sous- sol appartiennent au peuple malien. Une façon de dire que le Mali en charpie est une menace pour toute la sous- région ouest africaine et donc aussi pour le monde. Cela, la France doit le comprendre impérativement si elle ne veut pas davantage dresser notre peuple et tous les autres peuples d'Afrique et d'ailleurs contre la gestion néo- coloniale dont elle se rend coupable chez nous depuis «la fin de l'ère coloniale». Cela s'avère une impérieuse nécessité pour elle  car, comme l'a si bien dit Lénine «Un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre». Une façon de dire que le néo- colonialisme est un crime contre les peuples.

 

 

Les Maliens qui ont applaudi François Hollande lors de sa courte visite au Mali ont fini par réaliser que cet homme n'a que faire de la défense des intérêts matériels et moraux du peuple travailleur du Mali. Ces hommes et ces femmes ont compris aussi (et cela grâce au coup de force militaire contre ATT) que les billets de banque mis en circulation pour acheter leur conscience lors de cette présidentielle imposée ont été réalisés aux dépens de nos masses laborieuses. Cela est d'autant exact qu'ils se sont rendus à l'évidence que ces hommes politiques n'ont jamais fait leurs les préoccupations de notre peuple en dehors des campagnes électorales. C'est la preuve suffisante que ce peuple a compris que ces politiciens en mal de crédibilité n'ont que faire des souffrances continuellement endurées par les travailleurs maliens.

 

 

En dehors des périodes électorales, leurs portes sont toujours hermétiquement closes à nos populations avec des jardes d'eau exposées à ces portes à tous les dangers d'empoisonnement. C'est bien là une grosse poudre aux yeux de ceux qui ne les ont jamais bien compris.

Les politiciens véreux au Mali n'ont que faire de la religion musulmane dont ils se réclament honteusement. Il faut aussi noter avec Marx que «le prête est soit du côté du peuple contre le roi ou du côté du roi contre le peuple». Ces «religieux», qui ont toujours courtisé le pouvoir malien, ont fini par dévoiler leur vraie face à la face du monde. En lieu et place de Dieu, ils ont choisi les bribes de ces hommes d'affaires au trône. L'on comprend donc aussi pourquoi Marx n'a pas manqué de dire que «la richesse vient toujours des mains souillées de boue, de sang ou de honte».

Venez savoir au Mali les messieurs de la France, comment des messieurs maliens accumulent leurs fortunes composées de bétail, de vergers, de comptes bancaires partout dans le monde (au Mali, en Europe, en Amérique), des châteaux en France et aux USA, où ils partent faire la pluie et le beau temps chaque fois qu'il y a la moindre crise ici au Mali dont ils se réclament honteusement.

Aujourd'hui, le peuple malien a compris qu'à défaut du changement révolutionnaire dont il a soif, IBK, dont le seul refrain connu reste «Le Mali d'abord», peut initier  un nouveau départ et pour la gestion de la crise du Nord et pour la démocratie à l'avantage du peuple laborieux du Mali.

 

 

Aujourd'hui, ce peuple a compris pourquoi IBK n'avait pas approuvé les accords d'Alger de 2006 sur le Nord de notre pays. Il a vite compris qu'ATT était à la solde de la France. Aussi, a-t-il fini par réaliser qu'à la force d'aller aux compromis, on conduit le pays à la compromission.

 

 

En attendant les résultats du second tour de cette présidentielle du 11 août 2013, bien de politiciens maliens (comme d'habitude d'ailleurs) ont vite fait de rejoindre les rangs du Rassemblement Pour le Mali (RPM), demandant ainsi à leurs militants de voter en masse le candidat Ibrahim Boubacar Keïta. Aux dires du directeur de communication du candidat IBK au meeting de ralliement du Parti SADI lundi 6 août 2013 en la personne de M. Diallo, à ce jour 23 des 25 candidats malheureux au premier tour ont déjà rejoint le RPM pour le soutenir au second tour. Cette attitude est de coutume chez nos politiciens, celle qui regarde la direction du vent pour ensuite s'orienter. C'est bien cette attitude frauduleuse que nous aimons appeler «opportunisme».

 

 

Cette attitude ne se fonde pas sur le sens élevé  du combat politique mais bien plutôt sur des calculs machiavéliques visant pour certains à se sauver la tête, et pour d'autres à se faire des postes pour se tailler des fortunes colossales aux dépens du peuple laborieux du Mali.

 

 

Pour des calculs qui ne disent pas leur nature, les rangs du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) s'amenuisent, orientation du vent et intérêts sordides obligent ! Les hommes du changement n'attendent absolument rien d'une victoire du clan du FRD car ceux qui l'animent sont bien connus au Mali pour leur crédibilité peu recommandable.

 

 

Certes, Alpha Bondy a dit par le passé que seuls les imbéciles ne changent pas. Mais en allant plus au fond, il est utile de faire remarquer que même les imbéciles changent. Mais tout le problème est de savoir s'ils changent positivement ou négativement. On peut espérer que les politiciens criquets qui rejoignent le candidat IBK dans la foulée du second tour ne détourneront pas IBK de son gage qui est de servir «Le Mali d'abord» au cas où  celui-ci venait à remporter le second tour !

 

 

Ce qui semble aujourd'hui indéniable, c'est que les Maliens, dans leur écrasante majorité, placent leur confiance au candidat INK pour son sens aigu de la responsabilité. Cette confiance est un message d'espoir que celui-ci  ne doit pas décevoir car tant que le peuple se sentira trahi, il saura toujours trouver en son sein des hommes pour servir sa cause avec loyauté enfin, il faut amorcer un nouveau départ. IBK doit le comprendre pour l'honneur du Mali.

 

 

Il doit faire la bonne lecture du consensus qui a caractérisé le régime ATT qui, comme on le sait, a fini par salir la classe politique dans sa quasi-totalité. Il ne doit pas accepter dans son gouvernement les gens qui ont mis le pays à genou pendant deux (2) décennies de gestion démocratiste le Mali à nous tous.

 

 

Si IBK venait à prendre en mains nos affaires, il pourrait faire naître enfin chez nous la démocratie qui signifie : le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple.

Enfin, vivement le changement à l'avantage du peuple malien.

Fodé KEITA

Mali Web

Ses derniers articles: Atelier de concertation du HCR sur le retour des réfugiés et déplacés du Mali : Les acteurs en conclave pour la facilitation du processus  ORTM / Journal TV 20h du 15 Septembre 2013  L’étrangleur de Bagadadji étranglé 

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