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Présidentielle malienne en France : UN LEGER MIEUX

Photo AFP

« J’arrête, je ne vote plus, j’en ai marre », s’énerve Moussa. Deux semaines après un premier scrutin chaotique et malgré quelques améliorations, la confusion régnait toujours dimanche devant le consulat général du Mali en France, pour le second tour de la présidentielle.

« Je suis fier d’être Malien, mais là je vais rentrer chez moi », poursuit Moussa. Autour de lui, d’autres électeurs découragés acquiescent. Il raconte : « je me suis levé à six heures pour aller voter à Villejuif », dans la banlieue sud de Paris. « Arrivé là-bas, on me dit que je dois venir au consulat à Bagnolet. Une fois à Bagnolet, on me dit de retourner à Villejuif ». « Je ne vais pas courir toute la journée, ça suffit », dit-il, sa carte d’électeur en main.

Comme d’autres Maliens présents en ce dimanche matin devant le consulat général, aux portes de Paris, Moussa est exaspéré. « On ne veut pas que les gens votent ? », s’interroge-t-il, au bord de la crise de nerfs.

Devant le consulat, deux agents quelque peu débordés orientent les électeurs vers le bon bureau de vote. Parfois le ton monte, lorsque certains, après une longue attente, sont envoyés vers d’autres bureaux de vote en région parisienne.

Malgré quelques tensions et cafouillages, la situation semblait néanmoins plus calme que lors du premier tour, où de nombreux bureaux de vote avaient fermé sans préavis, provoquant une pagaille générale. « Il y a toujours quelques problèmes d’organisation », reconnaît tout de même Ramata Coulibaly, membre de la commission qui supervise les élections. « En une semaine, tout ne pouvait pas être résolu », ajoute-t-elle, avant de filer en taxi vers l’ambassade, au centre de Paris.

A l’issue d’un parcours du combattant semé d’embuches administratives, Lassina Togola, lui, n’a pas obtenu sa carte d’électeur à temps. « J’aurais voulu voter mais je ne peux pas. Je voulais voir comment ça se passait. C’est quand même plus calme qu’au premier tour », constate-t-il.

La communauté malienne en France compte 200.000 personnes, mais seulement 81.000 sont officiellement recensées, dont 80% en région parisienne.

Dans la ville de Montreuil voisine de Bagnolet, où nos compatriotes sont particulièrement nombreux à vivre au point d’être parfois surnommée « Bamako-sur-Seine », l’organisation semble en revanche mieux rodée qu’il y a deux semaines. Dans le bureau de vote installé à l’intérieur de la mairie, les listes électorales – classées dans l’ordre alphabétique cette fois-ci, contrairement au premier tour – sont affichées aux murs. Six isoloirs accueillent les votants qui arrivent dans le calme et au compte-gouttes. Une femme, enveloppée dans un drapeau malien, discute avec quelques compatriotes devant l’entrée.

Bouna Camara, 30 ans, vit en France depuis douze ans. « Il n’y a pas assez de monde par rapport au premier tour », regrette-t-il. « Les gens ont dû être découragés par la pagaille ».

Pour lui, il était très important de venir voter, pour mettre fin aux longs mois de chaos qui ont traumatisé notre pays. « Il faut dégager les hommes politiques corrompus. Dans la justice, l’éducation, tout est corrompu. Il nous faut du changement, quelqu’un de sérieux et honnête », dit-il, juste après avoir trempé son doigt dans une encre indélébile, prouvant son vote. « C’est pour l’avenir du pays. »

L'essor

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