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communiqué de l'Etat sur la grève des transporteurs

Depuis ce lundi 12 août 2013, le Syndicat National des Travailleurs des Transports Routiers du Sénégal (SNTTRS/CNTS) dirigé par M. Alassane Ndoye, observe une grève de 48 heures, sur l'ensemble du territoire national.
Le ministère des Infrastructures et des Transports tient à informer l'opinion publique sur les motivations réelles de ce mouvement d'humeur. En effet, la plateforme déposée comporte 12 points de revendication. Toutefois, il est à observer que le motif réel de la grève est plus lié à la gestion de la gare routière des Baux Maraîchers.Cette gestion est déléguée à un opérateur privé suite à un appel d'offres, auquel M. Alassane Ndoye avait soumissionné.D'ailleurs, son offre n'ayant pas été retenue, il avait introduit un recours auprès de l'ARMP qui l'avait débouté.
En réalité, cette grève est liée à de gros enjeux financiers. La modernisation du système des transports publics que l'Etat met en ½uvre, remet en question la manne financière irrégulièrement prélevée par des corporations de personnes communément appelées « coxeurs ». A titre d'exemple, sur la gare routière de Pompiers dont l'état d'insalubrité est notoire et où les services les plus élémentaires ne sont pas offerts aux usagers, le départ de chaque véhicule est conditionné au paiement d'une certaine somme. Par exemple pour,
Un véhicule « 7 places » , 350 FCFA ;
Unminicar, 650 FCFA ;
Un autocar « ndiagandiaye » ou « cars rapides » 1300FCFA ;
Un bus plus de 50 places, 2000 FCFA
De plus, chaque véhicule donne au minimum 2000 FCFAreprésentant le « mandat » bagage aux « coxeurs ».
Au total, selon une estimation minimaliste, ce sont quelques 650 millions de francs CFA qui sont prélevés chaque année à la gare de Pompiers.
A la gare routière annexe de Pompiers, située au parking du stade Léopold Sédar Senghor, chaque départ d'un autocar vers le Mali donne lieu au paiement de 27500 F Cfa, soit environ 80 millions FCFA par an.
Sur toutes les autres gares routières, le même système de prélèvement est entretenu. Les véhicules appelés «horaires», dont environ 200 quittent Dakar par jour, paient entre 10 et 15 milles Francs Cfa, soit en moyenne près de 900 millions par an.
Il est de notoriété publique que ce système atteint son paroxysme lors des grands évènements sociaux ou religieux. Au point que les citoyens s'interrogent sur l'autorité de l'Etat et ses capacités de régulation.
Au total, rien que pour la région de Dakar, c'est au minimum un pactole de 1,65 milliardFCFA par an,qui est indûment soustrait aux usagers sans contrepartie pour la modernisation du système de transport, l'amélioration de l'offre de service et la sécurité routière.
A cet égard, le ministère déplore que, malgré la recrudescence tragique des accidents de la circulation, le SNTTRS n'a mené aucune action de sensibilisation des chauffeurs pour participer à améliorer la sécurité routière.
Au contraire, ces revendications vont à l'encontre des mesures prises ou envisagées par l'Etat pour apporter une réponse concrète et immédiate à ces fléaux.
C'est ainsi que les grévistes, allant à l'encontre de l'intérêt de tous les citoyens sénégalais,s'insurge contre toute réflexion sur le permis à points, sur l'amélioration du contrôle technique des véhicules, la lutte contre la surcharge à l'essieu et, en général, contre toute réforme visant la modernisation du système de transport. Il demeure constant que seule la préservation des intérêtspécuniaires des membres de son syndicat organisés en regroupements au sein des gares routières, préoccupe M. NDOYE.
Cependant, l'Etat reste ouvert à toute négociation pour prendre en considération les intérêts légitimes des travailleurs des transports routiers. C'est d'ailleurs pour cette raison que la réinsertion progressive de ces travailleurs à travers les projets de modernisation des gares routières du Sénégal est en cours, notamment aux Baux Maraîchers. Mieux, leur prise en charge, à travers une mutuelle de santé, à l'instar de ce qui se fait avec Transvie, est à l'étude.
L'Etat réaffirme son engagement à offrir aux Sénégalais des conditions de transport sûres et confortables. La modernisation des infrastructures, des moyens et des normes de transport routier reste une option irrévocable du Gouvernement.
Le Sénégal ne saurait rester à la traine des pays de la sous-région dans un secteur aussi stratégique que le transport.

Rewmi

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