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Déjeuner en public, le 3 août, en Kabylie. FAROUK BATICHE / AFP
Déjeuner en public, le 3 août, en Kabylie. FAROUK BATICHE / AFP

Moi, Algérien, j'ai mangé en public pendant le ramadan

Un non-jeûneur kabyle raconte ce qui l'a motivé à participer au déjeuner public organisé en Kabylie.

C'était plus qu'un coup médiatique. Le déjeuner public organisé en plein mois de ramadan, en Kabylie, a eu l'effet d'une bombe en Algérie. Plusieurs autorités religieuses et politiques ont, d'une même voix, condamné un geste qu'ils jugent insultant et provocateur. Le 3 août dernier, 500 Algériens originaires de Kabylie, ont bu et mangé au vu et au su de tous. Bouaziz Aït-Chebib, qui a participé à l'évènement, s'explique sur le site Le Plus du Nouvel Observateur.

Pour lui, ce pique-nique est avant tout un acte militant. Un pied de nez à l'Etat algérien qui, selon lui, «a instauré un climat d'inquisition islamiste au point que des policiers, et dernièrement des gendarmes, ont à maintes reprises procédé à l’arrestation de personnes qui mangeaient pourtant dans des maisons fermées et à l’abri de tout regard.»

Dans cette inquisition, la Kabylie, rebelle de réputation, n'est pas épargnée. D'après Bouaziz Aït-Chebib, Alger serait dans une attitude provocatrice, particulièrement avec cette région située au nord de l'Algérie. Chaque année, pendant le ramadan, des dizaines de non-jeûneurs sont arretés. Dans l'imaginaire algérien, les Kabyles auraient un esprit plus contestataire, plus violent, voir plus toqué que les autres. Pour Bouaziz Aït-Chebib, ces mythes instillés par le régime algérien et auxquels les Algériens ont progressivement donné du crédit, accroient le racisme anti-kabyle dans le pays.

«Le régime algérien, contesté les armes à la main dès 1963 en Kabylie, n’a jamais raté une occasion de stigmatiser celle-ci en retour. Elle n’a jamais cessé d’être désignée comme "l’ennemi interne" ou comme "la" menace sur l’unité de l’Algérie»

Face à ces provocations, des Kabyles prônent la résistance. Pour Bouaziz Aït-Chebib, ce pique nique participait de cette lutte contre la répression des non-jeûneurs, contre l'islamisation d'état en marche. D'après  lui, l'Etat algérien instrumentalise la religion pour aboutir à ses fins: faire taire toute contestation. «Le régime mise tout sur sa dernière carte: l’islamisme, la manipulation de la religion avec, notamment, le déploiement en masse dans les mosquées de Kabylie d’imams islamistes pour remplacer les imams traditionnels kabyles.»

Lu sur Le Plus Nouvel Obs

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Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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