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Les Maliens de France se mobilisent pour voter

A Bagnolet, comme à Paris, l’enthousiasme a dominé ce second tour.
RFI/Géraud Bosman

 

En France, quelque 30 354 électeurs maliens sont appelés à voter pour le second tour de l’élection présidentielle, ce dimanche 11 août. Le 28 juillet, le taux de participation avait atteint 19,52 %. Ce dimanche, les conditions semblaient rassemblées pour une meilleure participation, même si beaucoup d’imperfections ont été signalées.

 

A Bagnolet, en région parsienne, – à « Bamako-sur-Seine » réside la plus importante communauté malienne en France – c’est un peu avant 9h que les six bureaux du consulat malien ont pu accueillir les premiers votants. Du retard donc, et pas mal de cafouillages qui exaspèrent et créent quelques tensions.

 

« Je n’ai pas que ça à faire, c’est n’importe quoi. Tout ça, c’est des magouilles ! », crie cet homme qui ne trouve pas son nom sur les listes électorales. Son esclandre finie, l’homme tourne les talons, sans avoir voté. Un peu plus haut, devant les portes du consulat, fermées à clé par un austère vigile après chaque passage, Moussa s’énerve : « J’en ai marre, j’arrête là ! Je me suis levé à cinq heures ce matin. J’habite à Saint-Denis et je devais aller voter à Villejuif; mais là-bas, on m’a dit d’aller à Bagnolet. Et ici, on me dit de retourner à Villejuif. Ca suffit. » Keita, lui aussi, semble avoir été oublié. Mais il ne se décourage pas : « Je vais continuer à chercher »,dit-il avec le sourire. « Je ne partirai pas sans avoir voté. Je veux voter pour mon pays. »

 

Parmi les mécontents, beaucoup n’ont pas reçu ou retiré leur carte Nina ; d’autres la possèdent, mais leur nom ne figure sur aucune liste ; d’autres enfin, sont redirigés vers l’un des 106 bureaux installés en Ile-de-France. Dans la matinée de ce dimanche, Mahamadou Cissé, observateur du scrutin, pointait le risque que quatre de ces 106 bureaux puissent ne pas ouvrir en région parisienne. « Pour chaque bureau, il faut compter environ 400 électeurs », précise-t-il.

 

Devant les bénévoles chargés d’aiguiller les électeurs, la file d’attente ne cesse de s’allonger.

 

Amélioration

 

Malgré ces erreurs logistiques, il faut noter quelques progrès. Le premier tour a connu « beaucoup d’insuffisances », reconnaît Mahamadou Cissé, observateur du scrutin. « Tout le monde était fébrile, devait chercher son bureau. Mais cette fois, l’organisation a été repensée : le personnel a été renforcé, le matériel installé plus tôt, il faut montrer patte blanche pour pouvoir rentrer. Et puis, beaucoup de gens sont allés retirés leur carte entre les deux tours, jusqu’à hier soir (samedi 10 août, nldr). Ceux qui ne l’ont pas ont été sacrifiés sur l’autel de l’improvisation », explique-t-il.

 

« Bien sûr que le Mali n’était pas prêt pour ces élections, c’était trop tôt. Mais grâce à la France, elles ont pu avoir lieu en six mois. Maintenant, on attend beaucoup de changement, le respect des lois et des institutions », confie Siaka Koné, fier d’avoir été le premier à glisser son bulletin dans l’urne.

 

A l’ambassade du Mali, dans le 6e arrondissement, le scrutin se déroule dans une effervescente sérénité. Seize bureaux de votes, installés sous tente ou dans la cage d’escalier. Un peu comme au casino, certains bureaux regroupent beaucoup de monde, d’autres attendent leurs votants. L’index bleui par l’encre, on n’attend pas longtemps avant de se faufiler derrière les isoloirs en carton. Autour de chaque table, deux assesseurs et deux délégués. Au total, 128 volontaires ont participé au bon déroulement de cette journée citoyenne. « Le premier tour ne s’était pas très bien passé, j’ai voulu donner un coup de main », confie cette jeune fille. « Et on fait ça pour notre pays surtout », ajoute son amie, couverte d’une chasuble d’agent électoral.

 

Par Géraud Bosman-Delzons

 

RFI

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