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Tunisie: pourparlers lundi entre islamistes et un puissant syndicat

Le chef du parti islamiste Ennahda au pouvoir en Tunisie et celui du puissant syndicat UGTT se rencontreront lundi pour des pourparlers, en pleine crise politique déclenchée par l'assassinat d'un opposant fin juillet, a indiqué la centrale syndicale.

L'UGTT, forte d'un demi-million d'adhérents et capable de paralyser le pays, a indiqué dans un communiqué diffusé dans la nuit de samedi à dimanche que le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi, celui du syndicat, Houcine Abassi, et le président de l'Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaafar, participeront à cette rencontre.

Cette réunion interviendra après quatre jours chômés en Tunisie marquant la fin du ramadan.

M. Ben Jaafar avait annoncé la semaine dernière le gel des travaux de la Constituante tant que des négociations de sortie de crise incluant la coalition au pouvoir, l'opposition et les forces socio-économiques n'étaient pas lancées. Et avait demandé à l'UGTT de parrainer d'éventuels pourparlers. 

La centrale syndicale réclame la démission du gouvernement dirigé par les islamistes et la mise en place d'un cabinet de technocrates depuis l'assassinat, attribué à la mouvance salafiste, du député d'opposition Mohamed Brahmi. Ennahda a jusqu'à présent rejeté cette éventualité.

Par ailleurs, M. Ghannouchi a indiqué samedi sur sa page Facebook avoir rencontré la présidente de l'Utica, le patronat tunisien, Wided Bouchamaoui. Le syndicat patronal demande lui aussi la mise en place d'un cabinet de technocrates.

De son côté, le mouvement Tamarod (rébellion), une organisation qui se veut apolitique et calquée sur le modèle égyptien dont la mobilisation est à l'origine de l'intervention militaire contre le président déchu Mohamed Morsi, a annoncé que cinq de ses militants observaient une grève de la faim devant l'ANC pour arracher le départ du gouvernement.

Tamarod Tunisie revendique sur sa page Facebook 1,6 millions de signatures réclamant la démission du gouvernement et la dissolution de l'ANC, un chiffre invérifiable qui représenterait plus de 15% de la population tunisienne.

L'hétéroclite coalition d'opposition, allant de l'extrême gauche au centre droit, a pour sa part exclu samedi toute négociation avec Ennahda tant qu'un nouveau gouvernement n'était pas en place. Elle réclame aussi la dissolution de l'ANC et compte proposer un cabinet alternatif composé d'indépendants la semaine prochaine.

Des centaines de partisans de l'opposition continuent de manifester toutes les nuits devant l'ANC, mais la mobilisation est en forte baisse par rapport à la grande manifestation du 6 août qui avait réuni des dizaines de milliers de personnes.

L'opposition veut relancer la contestation en organisant un nouveau grand rassemblement le 13 août, jour anniversaire de la promulgation du code du statut personnel en 1956, octroyant aux Tunisiennes des droits sans pareil dans le monde arabe, sans pour autant consacrer l'égalité. Les islamistes au pouvoir sont régulièrement accusés de vouloir revenir sur les acquis des femmes.

Ennahda, qui a aussi massivement mobilisé ses partisans début août, a renoncé depuis aux manifestations de rue.

Les détracteurs d'Ennahda jugent le gouvernement islamiste responsable de l'essor de la mouvance salafiste dont les actions violentes déstabilisent régulièrement le pays depuis la révolution de janvier 2011.

Les deux camps se rejettent par ailleurs la responsabilité de l'absence de consensus autour de la future Constitution, près de deux ans après l'élection de la constituante.

AFP

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