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Egypte: des jihadistes accusent Israël d'une frappe dans le Sinaï

Un groupe jihadiste a affirmé samedi que c'était un drone israélien qui a tué la veille dans le Sinaï égyptien quatre de ses combattants s'apprêtant à attaquer Israël, mais les médias officiels ont assuré qu'il s'agissait d'une frappe de l'armée égyptienne.

Ansar Beit al-Maqdess, un groupe qui dit s'inspirer d'Al-Qaïda et revendique régulièrement des attaques contre l'Etat hébreu, a en outre assuré sur un forum jihadiste que l'"attaque israélienne" avait été préparée en "coordination avec l'armée égyptienne". Il a juré d'intensifier sa campagne de tirs de roquettes. 

Mais le quotidien et l'agence de presse gouvernementaux égyptiens Al-Ahram et Mena ont affirmé qu'un appareil de l'armée de l'air avait bombardé ces combattants islamistes qui s'apprêtaient à tirer une roquette sur Israël, non loin de la frontière.

Ce type d'attaques visant l'Etat hébreu depuis le Sinaï égyptien est relativement fréquent.

"Il n'y a pas la moindre trace de vérité en ce qui concerne des frappes israéliennes à l'intérieur du territoire égyptien, et les affirmations sur une coordination entre Egyptiens et Israéliens dans ce domaine sont absolument sans fondement", avait assuré dès vendredi soir le colonel Ahmed Aly, porte-parole de l'armée égyptienne.

Samedi, des responsables de la sécurité au Caire ont affirmé à l'AFP que c'est l'armée égyptienne qui avait abattu ces quatre jihadistes, dans le cadre d'une intensification de sa campagne visant les groupes jihadistes, dans la zone d'Al-Ojra, dans le nord de la péninsule du Sinaï, à trois kilomètres de la frontière israélienne.

Samedi matin, des dizaines d'hommes ont paradé en convoi à bord de pick-ups transportant les dépouilles des quatre islamistes tués. Ils ont parcouru les rues de Rafah, ville égyptienne frontalière avec la bande de Gaza et, plus au sud, d'Al-Massoura et Al-Gora, près de la frontière israélienne, selon un responsable de la sécurité locale et des témoins.

Les militants qui ont accompagné les corps jusqu'au cimetière brandissaient des drapeaux noirs frappés du sigle du jihad et chantaient des slogans hostiles à Israël. Ils ont passé sans être inquiétés plusieurs postes de contrôle de l'armée, laquelle a expliqué par le passé qu'elle ne s'attaquait pas aux combattants islamistes en milieu urbain dans le Sinaï, de peur de faire des victimes civiles et de rendre la population locale encore plus hostile à son égard.

Dans son communiqué, Ansar Beit al-Maqdess a assuré que ses quatre combattants tués étaient membres de tribus locales. "Comment l'armée égyptienne peut-elle laisser les avions sans pilote des sionistes passer en territoire égyptien ?", demandait également le groupe jihadiste. 

Quelques heures plus tard, des hélicoptères de l'armée égyptienne ont tiré samedi sur des jihadistes près du village de Touma dans le nord du Sinaï, selon des témoins.

Le porte-parole de l'armée le colonel Ahmed Aly a indiqué dans un communiqué que l'armée "avait surveillé et s'était occupée d'un groupe de terroristes" impliqués dans de récentes attaques dans le Sinaï.

Jeudi, Israël avait fermé quelques heures l'aéroport de la station balnéaire d'Eilat, située juste à la frontière avec le sud du Sinaï sur la mer Rouge, "pour des raisons de sécurité".

Israël a déployé en juillet une batterie anti-missiles "Iron Dome" à Eilat.

Les médias israéliens avaient alors expliqué que ce déploiement visait à protéger la station balnéaire, où la saison touristique bat son plein, d'éventuels tirs à la suite de l'offensive de l'armée égyptienne contre les jihadistes dans le Sinaï.

L'Egypte, plongée dans une grave crise politique, a déployé en juillet des forces supplémentaires dans cette péninsule largement désertique pour lutter contre les groupes radicaux armés qui y ont multiplié les attaques contre les forces de l'ordre depuis la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi le 3 juillet.

Mercredi, l'armée égyptienne a annoncé y avoir tué "60 terroristes" en un mois.

Le Sinaï est majoritairement peuplé de bédouins aux relations depuis longtemps difficiles avec le pouvoir central, et des groupes islamistes radicaux en ont fait une base arrière.

AFP

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