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Ambiance normale d'un samedi après-midi à Bamako, à la veille du 2e tour de la présidentielle

La vie suit son cours normal avec l'ambiance normale d'un samedi dans la capitale malienne, où à moins de 24 heures du scrutin du deuxième tour de l'élection présidentielle, rien n'indique que les Maliens choisiront demain leur président.

"L'ambiance, c'était hier !", dit Matar Sylla, journaliste sénégalais établi à Bamako, trouvé à la Maison de la presse, sise au quartier Médina Coura de Bamako.

"La campagne a débuté depuis mercredi, mais il n'y avait rien, jeudi, c'était à la fête (de la Korité)", renseigne-t-il. C'est seulement vendredi, dans la soirée, que les soutiens d'Ibrahima Boubacar Keïta ont organisé un concert sur le boulevard de l'indépendance.

L'ancien Premier ministre Keïta dit IBK sera opposé à Soumaïla Cissé à l'occasion du second tour prévu dimanche. Il était arrivé en tête du premier, avec 39,79%, contre 19,70% pour son adversaire.

"Ils n'ont eu que deux petits jours pour battre campagne. C'était une campagne éclair", lance Mahamane Cissé, journaliste de l'hebdomadaire "Notre Printemps". Cela n'avait rien à voir avec "l'engouement du premier tour", note un autre homme de média.

"Les seuls points où on pouvait noter de l'ambiance, c'est aux domiciles des candidats où il y avait des spectacles sons et lumières. Hier [vendredi], c'était la campagne", indique Matar Sylla, journaliste à Nouvelle Libération (privé). Pour lui, l'ambiance était plus marquée chez IBK à Sébénikoro, à l'ouest de la ville, sur la route vers la Guinée.

Pour Fodé Haïdara, habitant de Sébénikoro, "rien n'a changé" par rapport à l'ambiance normale d'un après-midi à Bamako. Les gens vaquent à leurs occupations comme tous les samedis dans la capitale malienne, avec ses embouteillages de taxis et de motos.

Le jardin du Centenaire du quartier Dar Salam, construit par l'ancien président Amadou Toumani Touré, pour commémorer les 50 ans de l'Etat malien, ainsi que le Parc national, sont pris d'assaut par des enfants et des familles venus passer du bon temps, en cet après-midi.

En ce lendemain de la clôture de la campagne pour le deuxième tour et veille du scrutin, dit Mahamane Cissé, il faut se rendre dans les hôtels, pour vraiment avoir une ambiance pré-électorale, avec l'arrivée des observateurs, de la CEDEAO. Le responsable des observateurs Kadré Désiré Ouédraogo est arrivé vers les coups de 17 heures à l'aéroport de Bamako Sénou.

"L'enjeu, c'est surtout au niveau de la participation", compte tenu des abstentionnistes et du nombre élevé de bulletins nuls (390.000) lors du premier tour, note Sylla, qui évoque aussi "une inquiétude" par rapport aux conséquences d'une victoire surprise de Soumaïla Cissé, car "dans la tête des gens, c'est ancré qu'IBK va gagner".

Cela, dans la mesure où, selon Bruno Loma, journaliste, "il y a une forte mobilisation sociale, religieuse et militaire derrière IBK". Selon le directeur de publication de l'hebdomadaire "Notre printemps", Ibrahim Boubacar Keïta a le soutien des religieux et de l'armée, ainsi que des "partis représentatifs" comme l'Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), dont IBK est un produit.

Seuls les candidats Thiébilé Dramé, Jeamille Bittar, Modibo Sidibé et Dramane Dembélé, chef de file de l'ADEMA ont soutenu Soumaïla Cissé. Dramane, en appelant à voter IBK, a créé une tension dans son camp qui soutient en majorité le candidat adverse.

"Si IBK gagne, il n'y aura pas de problème, mais si Soumaïla gagne, il y aura des problèmes, parce qu'il a le soutien de l'armée, des religieux", résume Ibrahim Thioucary, qui n'exclut pourtant pas des surprises. Il a souligné l'implication des pouvoirs religieux islamiques, dans la campagne, dont certains responsables, comme le chérif hamaliste de Nioro, Bouyé Haïdara, avaient appelé à voter IBK ou l'avaient soutenu financièrement au premier tour.

Le président du Haut Conseil islamique Mahmoud Dicko a dit que son "c½ur penche" pour IBK qu'il connaît de longue date. "Du jamais vu de mémoire de Malien. Cela, on le connaissait chez vous [au Sénégal]", a dit Tioucary, relevant toutefois, du côté des chrétiens, une neutralité du clergé du pays.

Pour le lycéen Hassana Diao, qui souhaite que tout se passe "sans bruit", "il n'y a pas de raison qu'il y ait des problèmes à cause d'élections". En attendant le verdict final, quelques enfants passant devant la maison de la presse crient : "IBK, IBK !".

Aps

Rewmi

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