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Hédi Ben Abbès ,un agneau dans le mauvais troupeau ?

Par Mansour Mhenni
J'ai écrit précédemment que Hédi Ben Abbès, j'allais dire le collègue, me paraissait mal à sa place dans un parti comme le CPR qui ne correspondait ni à son profil, de l'avis d'universitaires l'ayant connu « quand il n'était qu'un anglaiciste en France, pertinent dans ses communications, sympathiques dans ses contacts de groupe, et légèrement critique à l'égard de son frère (co-associé et employeur officiel) jugé trop proche de Carthage ( !) ».( lire papier précédent )

"En fait, ces mêmes gens se demandaient : «Pourquoi un tel Monsieur, si sympathique et si intelligent ( en apparence ) , est-il allé se fourrer dans une structure qui n'a aucune crédibilité ? Pire encore, pourquoi s'entête-t-il à défendre l'indéfendable pour conserver sa place dans cette structure, alors qu'on le voyait clairement chercher à argumenter sans trop de conviction? ». Je lui trouvais quand même un semblant de justification dans la parodie d'un dicton : «la politique politicienne a ses raisons que la raison n'a pas » ; cependant, je restais sceptique à une adéquation logique entre cette personnalité et un fantôme de parti dont la petite histoire a fini dans sa déroute annoncée déjà dans l'ambition de son président fondateur. Car qu'est-ce qu'il en reste vraiment ? Un sous-parti faisant la concubine du mouvement islamiste Ennahdha, le séduisant par son arrogance, feinte ou réelle, au détriment de sa con-jointe légitime ? Un couple dissident cherchant sournoisement à se joindre au harem de « Ma malakat aymanoukom » ? Un farceur sénile qui est capable de dire mille choses et leurs contraires en un quart d'heure ?

Bref, Hédi Ben Abbès sait qu'il devait sa carrière politique à un coup de hasard, une rencontre fortuite suivie d'un geste solidaire et généreux lors d'une tournée arrosée de la fin d'une journée. C'est tout à l'honneur de l'universitaire converti ! Le reste est venu en toute logique de reconnaissance ; mais il faut beaucoup plus que cela pour faire une vraie carrière politique.

Il semble, finalement, que notre anglaiciste ait compris une partie du jeu et l'essentiel de l'enjeu, d'autant plus que la barque à bord de laquelle il a pris place est en passe de faire naufrage, compromettant ainsi sa carrière sur plusieurs plan. Il a toutes les raisons de le faire et c'est de bonne intelligence qu'il tranche cette question au plus tôt. C'est déjà fait avec le parti ; ce sera plus difficile avec la présidence parce qu'il y entre du sentiment. Toutefois, un bon ami, c'est aussi, au-delà de tout besoin personnel, celui qui sait comprendre le besoin pour son ami de retrouver une liberté de mouvement à même de lui éviter une quelconque confiscation de son avenir.

Pour l'essentiel, il est évident que Hédi Ben Abbès n'est pas de la souche de la tribu où il a voulu se greffer : les gens font des comparaisons qui finissent toujours dans le fou rire franchement tragique. Rien à voir avec le rire jaune et semi triste qu'ils avaient quand ils voyaient Ben Abbès défendre l'indéfendable. Il est temps que ce monsieur apparemment comme il faut opte pour le chemin qu'il lui faudrait pour continuer à servir raisonnablement, rationnellement et sincèrement son pays. Je crois qu'il en a tout autant l'intelligence et les moyens. Il lui faudrait peut-être commencer par confirmer la rumeur de son départ de la présidence plutôt que la démentir !

Ce n'est là que l'avis d'un « semblable » et d'un « frère », comme dirait Baudelaire. Libre à celui qui entend la prière d'aller dans la mosquée ou ailleurs !

Tunisie Focus

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