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Silence, on ferme !

Alger s'est vidée de ses artisans et commerçants. Il reste encore un jour avant l'Aïd, mais les quartiers connaissent déjà cette ambiance propre aux fêtes religieuses. Rideaux baissés, trottoirs libérés, seuls les magasins de prêt-à-porter sont encore ouverts. Des retardataires font quelques achats. Dans un magasin proposant des articles ménagers situé place du 1er Mai, le gérant donne encore les dernières consignes à un employé. «Nous allons fermer. Mes deux travailleurs rentrent chez eux, et moi, je vais m'offrir quelques heures de repos avant l'Aïd. Je suis fatigué après toutes ces soirées passées à travailler», explique-t-il. Sur la rue Belouizdad, les cafétérias et restaurants convertis en confiseries ont également baissé rideau. «Certains profitent de ces derniers jours de Ramadhan pour réaliser des réparations sur leurs installations. D'autres font le ménage pour reprendre leur activité après l'Aïd», explique un commerçant dont le voisin est affairé à nettoyer des tables de fast-food.  La rue de Tripoli, principale artère de la localité de Hussein Dey, offre un aspect de ville morte avec des magasins pour la plupart fermés. Seul le tramway sauve les apparences : sa sonnerie réveille les badauds engourdis par la chaleur et le jeûne. Même constat pour les rues grouillant de monde durant toute l'année et dont l'activité cesse à l'approche de l'Aïd. Dans les quartiers Les Pins et Les Bananiers donnant sur la RN24, les magasins sont fermés. Triste spectacle qui se généralise pour tous les commerces dont l'activité n'est pas en rapport avec l'habillement ou la nourriture. «Il est hors de question de prévoir, à titre d'exemple, une réparation de dernière minute chez soi. Vous ne pouvez pas dénicher le moindre clou. Il faudra attendre encore quelques jours après l'Aïd», nous conseille-t-on. Une femme ayant prévu de renouveler son salon est choquée de constater qu'aucun artisan ne daigne accepter sa commande. «J'ai eu un budget me permettant de m'offrir cette folie, mais aucun magasin n'a voulu prendre les choses en charge. Tout le monde me dit que c'est trop tard, il fallait commander avant le Ramadhan ou encore attendre après l'Aïd, pourtant cela nécessite un jour de travail tout au plus», explique la cliente qui vient de constater que le magasin vers lequel on l'a orientée, à Belcourt, est également fermé. La fermeture des commerces avant et durant les fêtes religieuses est un phénomène qui pénalise la population. Une ambiance de pénurie et d'alerte s'installe et les chefs de famille se plient en quatre pour repérer un boulanger ouvert ou un étal de légumes. D'autres, plus prudents, font des stocks avant le jour J. Le système de permanence «réactivé» depuis quelques mois par le ministère du Commerce ne concerne que l'activité des boulangers, qui sont soumis à un respect rigoureux de la liste de ceux qui doivent assurer le travail durant l'Aïd. Ainsi, 8000 boulangers sont tenus d'assurer la continuité leur travail durant les jours de l'Aïd. Les récalcitrants risquent une amende de 5000 à 300 000 DA ou une fermeture de trois jours à un mois, selon le texte en vigueur depuis quelques mois. L'Union générale des commerçants et artisans précise, par la voix de son porte-parole, M. Boulenouar, que «l'organisation de la permanence ne concerne pour le moment que les boulangers. Les autres créneaux échappent totalement au contrôle, alors qu'ils revêtent une aussi grande importance que la boulangerie». Les walis ont instruit les directions du commerce et, avec le concours des représentants des commerçants, pour la confection des listes de commerçants concernés par la permanence. L'an dernier, près de la moitié des commerçants étaient concernés par la permanence et ont assuré le service. La permanence des boucheries, des magasins d'alimentation générale et de légumes est remise aux calendes grecques. Les commerçants prévoient d'ores et déjà une hausse des prix des fruits et légumes. «Les producteurs de légumes ont prévenu les mandataires de l'arrêt de l'activité de la récolte durant les jours de l'Aïd. Ce qui signifie une rupture des stocks et une raréfaction de la marchandise», explique M. Boulenouar. Les mêmes appréhensions sont à prévoir concernant le lait en sachet. Le ministère de l'Agriculture est ainsi interpellé pour remédier à ces lacunes.

El Watan

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