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Stratégie en huit points pour anéantir le terrorisme mafieux qui s’installe en Tunisie

Par Mustapha Stambouli

Les récents affrontements au Mont Châambi avec les terroristes d’Ansar Chariâa risquent d’enterrer définitivement l’économie tunisienne et le dinar tunisien. Un complot en bonne et due forme contre l’appareil économique du pays, pouvant provoquer, d’ici quelques semaines, l’effondrement de notre pays.

La solution n’est pas sécuritaire mais est fondamentalement politique. Vouloir prolonger à l’infini une transition qui a échoué avec les mêmes incompétents, c’est participer à la destruction de l’Etat et probablement de la Nation.

L’institution militaire doit avoir une stratégie systémique et imposer, s’il le faut, à la classe politique un faisceau de solutions capables de nous sortir de ce guet-apens.

La Tunisie n’est ni l’Algérie ni la Syrie pour faire face à cette horde de voyous, possiblement à la solde de la nébuleuse d’Al Qaïda. Si la Tunisie n’agit pas aujourd’hui politiquement, c’est l’étranger qui viendra s’installer pour toujours sous prétexte de nous sauver du terrorisme.

La guerre tardive contre le terrorisme, décidée récemment par le pouvoir public, ne mène nulle part d’autre qu’à la démoralisation de nos soldats et de nos divers agents de la sécurité intérieure, qui sont peu préparés à cette guerre asymétrique. Les terroristes de toutes les nationalités, venus du Mali chassés par les forces françaises et africaines, et de la Syrie après les difficultés rencontrées par l’opposition syrienne et ses mercenaires takfiristes, sont rôdés à ce genre d’exercice de sabotage et de massacre en tout genre.

Il ne s’agit pas de baisser les bras mais de rapidement redéployer une autre stratégie d’attaque systémique à la guerre asymétrique:

Parmi, les actions urgentes à mener, il faudra:

1/installer de nouveaux acteurs à la Présidence, au ministère de l’Intérieur, au ministère de la Défense et créer urgemment un FBI tunisien. Quatre hommes d’Etat ayant une sensibilité sécuritaire pour aller vite dans l’action. Plusieurs personnalités peuvent répondre à ces exigences.
2/mobiliser toutes les compétences disponibles et volontaires pour appuyer notre armée (ingénieurs, stratèges, médecins, gestionnaires, informaticiens, etc). Des jeunes retraités ayant une expérience certaine seront d’une grande utilité pour l’institution militaire. Nous sommes certains que des milliers de personnes répondront positivement à cette mobilisation.
3/créer un impôt sur les grandes fortunes pour financer cette agence de renseignement et les dépenses extraordinaires de l’Armée sans compromettre le fonctionnement des autres structures de l’Etat ou l’investissement public.
4/arrêter le commerce informel, source de financement des terroristes mafieux. Se cacher derrière les emplois crées par cette économie informelle, c’est se garantir l’effondrement de l’Etat. Le manque à gagner pourrait être de l’ordre de 5 milliards de DT.
5/appliquer les lois de la République avec zéro tolérance afin de réduire à néant les hors-la-loi et les ennemis de la République.
6/créer, urgemment, un nouveau corps de justice, celui des juges anti-terroristes, en offrant à ces juges courageux toutes les conditions de sécurité.
7/obliger tous les Tunisiens et Tunisiennes à actualiser leurs adresses mentionnées sur les cartes d’identités. Toute omission de déclaration de changement d’adresse doit être sanctionnée pénalement. Un contrôle de déplacement de population pourra aider à identifier les terroristes et les malfaiteurs.
8/créer une police locale de proximité pour se rapprocher des populations – chaque quartier (3000 à 5000 habitants) doit avoir son poste de police citoyen. Cette opération pourra redéployer 12.000 policiers et agents en surplus dans les services centraux.

Sans la mise en place rapide d’une nouvelle conception de lutte contre la mafia terroriste, nous serons forcément menés à une guerre civile, voire à une somalisation et la dictature des takfiristes mafieux.

Cette stratégie ne pourra pas se mettre en place avec la configuration du pouvoir actuel. Le gel de la Constituante, le remplacement du président de la République et la mise en place d’un gouvernement de compétences indépendantes sont des conditions nécessaires pour opérer des changements à tous les niveaux, et plus particulièrement dans l’appareil sécuritaire et militaire.

En effet, l’ANC s’est transformée en une chambre d’enregistrement dirigée par une seule personne depuis le QG de «Montplaisir». La majorité des députés sont de simples figurants qui perçoivent en contrepartie des indemnités généreuses. Nous subissons la dictature d’un homme sans mandat électif. Cet état de fait autorise les opposants à dissoudre et dégager cette ANC coûteuse et inutile.
Le président provisoire, machine à discourir, s’est montré démagogue, populiste s’accrochant à une parole en déphasage avec le pays réel et sa paupérisation. Il doit partir parce qu’il n’a pas su agir.
Le deuxième gouvernement pléthorique du parti islamiste est un cabinet hétéroclite, sans âme et surtout sans projet. Il a démontré en quelques mois son incompétence à faire face aux défis politico-économiques auxquels devra s’attaquer la Tunisie pour stopper l’hémorragie de notre économie et la banqueroute des finances publiques: une opinion probablement partagée par tous les Tunisiens et Tunisiennes. Ces derniers sont unanimes pour congédier ce gouvernement d’incompétents, sauf un seul, et toujours le même, le patron du parti islamiste.

Je conseillerai au prochain Chef de l’exécutif, de ne garder que 10 ministères, sans secrétariats d’Etat: (1) Justice, (2) Finances, (3) AE-immigration, (4) Défense Nationale, (5) Sécurité Nationale, (6) Aménagement du territoire – transport et environnement, (7) Enseignement – Formation professionnelle et Recherche, (8) Santé – affaires sociales (9) Sécurité alimentaire, (10) Décentralisation territoriale. Les autres fonctions seront affectés à des offices et organismes publics existants ou à créer. Il est entendu que le principe de subsidiarité doit être massivement appliqué. Ce cadre apporterait une efficacité maximum et une réduction des dépenses publiques de l’ordre de 50%. Les Ministres seront désignés sur la base d’un plan de sauvetage et de restructuration préparant l’administration à la neutralité absolue. Ni le Président ni le Premier ministre ne doivent avoir de conseiller-Ministre dans leurs cabinets respectifs.

Les textes concernant les rémunérations de l’exécutif doivent rapidement changer: le président et le chef de gouvernement ne doivent pas percevoir plus 20 smig. Le Ministre ne doit percevoir qu’un traitement de Directeur Général, avec des indemnités liées à sa fonction qui ne pourrait pas dépasser 50% du salaire. Ces mesures peuvent participer à l’assainissement de la vie politique.
Seuls ces changements politiques et organisationnels sont en mesure de créer des conditions favorables pour mettre en place la stratégie en 8 points de lutte contre le terrorisme.

Ce papier a été aussi publié sur le 8 août 2013

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