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L'Egypte, en pleine crise politique, boudée par les touristes

Le long de l'avenue des Pyramides de Guizeh au Caire, les vendeurs de bibelots pharaoniques attendent à l'ombre les quelques rares touristes qui s'aventurent encore dans les échoppes autrefois bondées. 

La révolte populaire qui a renversé début 2011 le président Hosni Moubarak avait porté un rude coup au tourisme, l'un des piliers de l'économie égyptienne.

En juillet, la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi après des manifestations monstres a de nouveau frappé le secteur qui représentait jusqu'à récemment 10% du PIB du pays.

Plus de 250 personnes --essentiellement des manifestants islamistes-- ont été tuées depuis début juillet en marge de manifestations rivales pro et anti-Morsi. Avec ces violences, les cars de touristes ont disparu.

"Nous prions pour revenir aux jours où nous n'arrêtions pas de travailler", assure Gamil Hassan dans sa boutique de papyrus déserte. "Nous n'avons que le tourisme pour nous nourrir", se lamente-t-il.

"Pour faire revenir les touristes, nous avons besoin de stabilité et de sécurité", poursuit M. Hassan, qui tient son échoppe depuis près de 20 ans.

Inhabituellement calme

"Toutes les parties doivent se calmer et laisser le président (intérimaire Adly Mansour) diriger le pays de la façon qu'il jugera la meilleure", estime-t-il.

Si la révolte les a privés de revenus, nombre de ses collègues se disent rassurés par la mise à l'écart d'un président islamiste qui risquait à leurs yeux de décourager les touristes.

Plus loin dans la rue, Mahmoud Attiyah propose des balades à cheval au pied des pyramides. "Nous n'avons eu aucun touriste étranger. Pas un seul depuis le 30 juin", date à laquelle ont débuté les manifestations anti-Morsi, déplore-t-il.

Quelques étrangers bravent tout de même les mises en garde des services diplomatiques pour venir en Egypte. C'est le cas de Ryan Gary et Ashley Westcott, deux Américains suivis par une horde de vendeurs et de guides égyptiens.

"Tant qu'on voyage en sécurité et qu'on ne prend aucune décision stupide, la plupart du temps, les gens sont plus gentils que ce que les médias montrent", dit l'un d'eux.

Et il n'y a pas que les pyramides qui ont été désertées. Ailleurs au Caire, le grand souk du Khan el-Khalili est également inhabituellement calme.

Ce labyrinthe où se bousculaient des hordes de touristes venus acheter des souvenirs, se perdre dans les ruelles historiques ou siroter un thé en fumant un narguilé n'est désormais plus fréquenté que par des Egyptiens.

Hossam Manaf, 41 ans, enseigne à l'université la journée et tient le soir l'échoppe que son père lui a laissée au Khan.

Depuis le 30 juin, il dit ne voir qu'un ou deux touristes par jour dans sa boutique. Selon lui, le pays n'a rien fait pour rassurer les voyageurs potentiels. "Où sont les films montrant l'Egypte en dehors du pays ?", lance-t-il.

Le ministre du Tourisme, Hicham Zazou, a affirmé à l'AFP qu'une campagne de promotion serait lancée à l'étranger, mais que la priorité était pour le moment de convaincre les pays ayant déconseillé à leurs ressortissants de se rendre en Egypte de revenir sur ces mises en garde.

"Les 15 premiers jours de juillet, 387.000 touristes sont entrés en Egypte, contre 515.000 en juillet 2012", a-t-il noté.

En 2010, avant le Printemps arabe, 14,7 millions de voyageurs avaient visité le pays, un chiffre qui a chuté à 10 millions en 2011, avant de remonter à 11,5 million en 2012. Cette année, assure M. Zazou, l'objectif reste d'atteindre 13 millions.

 

AFP

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