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Kenya: le trafic aérien international reprend à Nairobi

Les vols internationaux au départ et à l'arrivée de l'aéroport international de Nairobi ont commencé à reprendre jeudi, au lendemain d'un gigantesque incendie qui a ravagé le terminal des arrivées de l'étranger.

Les deux premiers vols internationaux sont arrivés de Bangkok et de Londres tôt dans la matinée. Les avions ont atterri au terminal réservé aux vols intérieurs, épargné par l'incendie.

Kenya Airways a ensuite annoncé dans la journée l'arrivée et le départ de plusieurs autres vols en provenance ou en partance pour d'autres capitales européennes, asiatiques et africaines comme Paris, Amsterdam, Bombay, Bangkok, Kinshasa, Kigali, Dar es Salaam, Bujumbura, Accra ou encore Johannesburg et Entebbe en Ouganda. La situation des vols opérés par les compagnies autres que Kenya Airways restait peu claire.

Jeudi matin, le chef de la sécurité de l'aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA) de la capitale kényane, Eric Kiraithe, s'était dit confiant de pouvoir continuer à faire partir et arriver "d'autres vols au cours de la journée" même si, a-t-il dit, "nous ne serons pas entièrement opérationnels".

JKIA, important hub africain, a été paralysé mercredi par un impressionnant incendie qui s'est déclenché peu avant 05H00 locales (02H00 GMT) à des guichets de l'immigration des arrivées internationales.

Les secours ont mis plusieurs heures à maîtriser le feu, qui a réduit en cendres des parties entières du terminal des arrivées internationales, construit à la fin des années 70.

L'incendie n'a pas fait de morts, mais tous les vols internationaux avaient depuis été annulés ou déroutés vers d'autres villes comme le port de Mombasa sur l'océan Indien. Les vols intérieurs, eux aussi interrompus mercredi, avaient pu reprendre dans la soirée.

Pour le porte-parole du gouvernement, Muthui Kariuki, un retour à l'activité normale de l'aéroport sera une question de "jours". "Nous attendons un rapport des ingénieurs et du département enquête-accident pour avoir une plus claire indication de quand cela pourrait intervenir," a-t-il ajouté.

Le président américain, Barack Obama, a proposé l'aide de son pays à son homologue kényan, Uhuru Kenyatta. 

Secours pointés du doigt

Jeudi matin, la presse kényane adoptait un ton plutôt pessimiste et sévère, estimant qu'un retour à la normale prendrait du temps et que la réponse des secours n'avait pas été à la hauteur de la catastrophe.

Secours pointés du doigt

"L'aéroport international Jomo Kenyatta ne reprendra pas ses opérations normales avant un bon bout de temps", écrivait l'un des principaux quotidiens du pays, le Daily Nation. "Les premières estimations indiquent qu'il va falloir reconstruire entièrement des zones critiques de l'aéroport, et qu'il ne s'agira pas juste de quelques raccommodages".

Mercredi, des témoins ont décrit des scènes de chaos. Une partie du toit des arrivées internationales s'est effondrée, des morceaux de tôle noircie pendaient et les secours pataugeaient dans une eau gorgée de suie et de débris carbonisés.

A côté de l'éditorial du Daily Nation, un dessin raillait l'inefficacité des secours, représentant un pompier courant avec à la main un long tuyau déconnecté de son camion et donc... de l'eau.

Mercredi matin, les secours, certains pris dans les massifs embouteillages du matin, ont dangereusement failli manquer d'eau.

Le Standard, autre grand quotidien national, fustigeait, lui, les retards "inexcusables" à maîtriser l'incendie. "Le début du feu aurait pu être contenu facilement bien avant que les grands camions à incendie ne soient déployés".

Même tonalité pour le journal économique Business Daily, qui estimait que la fermeture d'un aéoport "vital" comme JKIA rappelait cruellement les "insuffisances" du pays face à ce genre de catastrophe.

Principal hub aérien d'Afrique de l'Est, JKIA est crucial non seulement pour l'économie kényanne, qui vit en bonne partie du tourisme (15% de son PIB selon des chiffres officiels), mais aussi pour celles des pays voisins.

Les conséquences risquent d'être d'autant plus désastreuses que la paralysie de l'aéroport intervient en plein boom touristique: de nombreux Européens, en vacances d'été, se rendent à cette époque au Kenya pour observer la migration des animaux sauvages dans le Masaï Mara.

Selon les autorités kényanes, quelque 16.000 passagers transitent tous les jours par JKIA. L'aéroport dessert des destinations intérieures, mais aussi de nombreuses capitales africaines, des villes européennes, asiatiques et du Moyen-Orient.

Une enquête est en cours pour déterminer la cause de l'incendie.

Celui-ci est intervenu 15 ans jour pour jour après la double attaque contre les ambassades américaines à Nairobi et Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie voisine. Ces attentats, perpétrés par Al-Qaïda, avaient fait 224 morts.

Mais rien n'indique pour l'instant que le feu pourrait être d'origine criminelle. Le porte-parole de la présidence, Manoah Esipisu, a appelé à ne pas "spéculer à ce stade".

AFP

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