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Enseignement supérieur au Burkina : Des états généraux aux états zéro

L'institution universitaire est de nouveau en crise au Burkina : Déchirements entre étudiants et administration autour de l'organisation des sessions d'examen, mais aussi et surtout, mise à la rue de près de 7000 étudiants (source étudiante) des résidences universitaires. Du coup et tel Sisyphe voilà les protagonistes redescendus au pied de la montagne. Faut-il croire alors que les états généraux de l'enseignement supérieur organisés du 13 au 15 juin 2013 à Ouagadougou et qui ont enregistré autant de promesses que de recommandations sont un échec ? On aurait aimé répondre par la négative...

Il y a à peine un peu plus d'un mois, les acteurs de l'enseignement supérieur burkinabè se retrouvaient autour d'une rencontre baptisée « états généraux ». Avec l'ambition d'aider les universités publiques à sortir de la crise qu'elles connaissent depuis plus d'une décennie.

En partant postulat qu'il n'y a pas de développement sérieux en dehors d'un système éducatif performant, ainsi que le professait Joseph Ki-Zerbo, les participants se sont abondamment répandus en promesses et en déclarations de bonnes intentions. Oubliant que la forme devait tenir le fond en l'état, pour emprunter l'expression aux juristes.

Or de toute évidence, le regard porté par les autorités sur l'institution universitaire, perçu à tort ou à raison comme un foyer de contestation permanente, n'a pas beaucoup évolué. Et personne n'a encore oublié cette fameuse « dissolution » (excusez du peu) de l'Université prononcée il y a quelques années de cela.

A la fin de ses états généraux convoqués par ses bons soins, le gouvernement n'était-il pas celui-là même qui devait commencer par donner des gages de bonne volonté en renonçant à la méthode forte sur les campus des universités publiques, afin de permettre la poursuite du service des ½uvres universitaires au bénéfice des étudiants ? Ce d'autant plus que ce point était inscrit en bonne place dans l'agenda des travaux en commission ?

Entre les 10 millions de FCFA nécessaires, semble-t-il, pour permettre aux étudiants de continuer à rester dans leurs chambres et ce qui a finalement été perdu dans les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, le bon sens aurait simplement commandé une bien meilleure approche du problème.

Il n'est donc pas étonnant que les premiers cités voient dans la main (tardivement convenons-en) tendue du gouvernement, une forme d'indécence à leur égard. C'est le contraire qui aurait étonné...

In fine, la rencontre entre le Premier ministre, la Direction générale du CENOU et le Chef de file de l'opposition sur la question, aurait sans doute gagné en pertinence si l'on avait fait l'économie de la violence et des procédures pour engager le dialogue. Mais comme bien souvent, l'on a encore raté-là, une occasion de gagner en temps, en énergie et en moyens. Dommage !

Juvénal Somé

Lefaso.net

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