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C’est la saignée !

Faire les achats des vêtements de l'Aïd impose à beaucoup de citoyens une contrainte financière. Trop chers sont les habits proposés cet été, selon l'appréciation des pères de famille rencontrés au niveau de plusieurs surfaces commerciales.       Un tour dans certains marchés de la capitale renseigne sur la «flambée» généralisée qui touche tous les articles de prêt-à-porter. Des shorts à plus de 2000 DA, des petits tee-shirts pour fillette dont le prix dépasse les 1500 DA choquent les chefs de famille en quête d'une «bonne occasion» pour vêtir leurs enfants à moindre coût. C'est peine perdue. Dans une boutique spécialisée dans l'habillement pour enfants, située sur la rue Belouizdad, des ensembles pour enfants d'à peine trois ans, de fabrication chinoise, comprenant un pantacourt et un tee-shirt, coûtent 3000 DA, «alors qu'il y a quelques mois, ils étaient affichés à 2200 DA», fait remarquer une dame indignée par «l'avidité» de certains commerçants qui n'hésitent pas à doubler les prix pour s'assurer une bonne marge bénéficiaire. Dans une grande surface à Alger-Centre, une robe pour fillette de fabrication turque est proposée à 3500 DA. «Cela coûte plus cher qu'un vêtement pour adulte», commente un père de famille, désespéré de ne pas avoir trouvé moins cher ailleurs. Les étals informels, improvisés entre les descentes de police, proposent des articles moins cher «mais dont la qualité laisse à désirer». Un tee-shirt pour adolescente est proposé à 500 DA, un pantalon à 800 DA, des sandales à 600 DA. «Je sais que ça ne va pas tenir longtemps vu la qualité médiocre, mais je les achète quand même pour ne pas frustrer mes deux filles», explique une maman. Des vêtements d'intérieur pour femmes sont cédés à 600 DA, des jouets et des bijoux fantaisie sont également sur les étals et attirent la foule. Les jeunes vendeurs ramassent jouets et vêtements dès qu'ils aperçoivent un véhicule de police. La friperie pour les démunis Des parents, pour ne pas subir le diktat des boutiques spécialisées, font le tour des marchés jusqu'à la découverte des tarifs plus «cléments». Une mère au foyer témoigne qu'une large différence des prix est enregistrée pour des articles d'une même marque. Les belles boutiques des rues commerçantes lumineuses et centres commerciaux grouillant de monde sont boudées par certains chefs de famille, contraints de se diriger vers les ruelles secondaires où des friperies proposent des vêtements «pas neufs, mais de bonne qualité et surtout à des prix très compétitifs comparés à ceux pratiqués sur les vêtements neufs». «J'ai recours à ces magasins de friperie pour dénicher de bonnes occasions sans nous ruiner. Il suffit de bien laver et de repasser pour que ça ait l'air neuf, et puis, les enfants sont trop jeunes pour s'en rendre compte», explique une mère de famille, qui précise qu'elle s'approvisionne en vêtements auprès des différentes friperies où de belles choses sont souvent exposées à des prix compétitifs. Certains chefs de famille ont trouvé dans la fripe un moyen «d'amortir» les dépenses en achetant des articles auprès des fripiers qui ont refait surface ces derniers temps dans la capitale, après la suppression du texte interdisant l'importation de la friperie. Ces acheteurs font ensuite appel aux services de lavage et de dégraissage où le vêtement est lavé, repassé et paraît flambant neuf. «C'est ainsi que je fais ces derniers temps : d'un côté, parce que je n'ai pas les moyens d'acheter du neuf et de l'autre, pour que mes enfants ne sentent pas à ce point le poids de la pauvreté», explique une mère au foyer. Selon les estimations de l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), les Algériens déboursent 40 milliards de dinars pour les vêtements de l'Aïd. Additionné aux frais de la rentrée (vêtements et articles scolaires), ce chiffre atteindra plus de 100 milliards de dinars. Les prix des vêtements ont augmenté de 10% par rapport à la même période de l'année dernière, selon la même source.

El Watan

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