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Taux de participation à l’élection présidentielle : Les Maliens ont dit non à la corruption, au népotisme, à la gabegie, à l’impunité ….

- Le nombre de candidats aux fonctions suprêmes de président de la République du Mali ! Faut-il en rire ou en pleurer ? Où est donc passé le respect pour la fonction présidentielle ? Est-ce cela la démocratie que de ne pas se connaître soi-même ? Ou plutôt de  » l’anarchocratie  » adossée à la mégalomanie, ou plus vraisemblablement l’escroquerie politique pour se positionner en vue de pouvoir négocier un poste « enrichissant  » à la tête de l’Etat ?

C’est le lieu de rappeler qu’avec la première République, on voyait les ministres venir ; leur parcours au service de l’Etat laissait entrevoir à quoi ils pouvaient arriver. Depuis 10 ans, ce sont des générations spontanées de ministres venus d’on ne sait où. Il n’y a pratiquement plus d’autres critères pour le choix des hommes que l’argent, le calcul mercantile et les complots de grins. Le Mali a besoin de recréer ses valeurs cardinales...

2 – Les résultats de l’élection : Le principal constat à ce niveau est l’émiettement de l’électorat :

-7 candidats ont obtenu chacun moins de 0,5% des voix

-16 candidats sont arrivés avec moins de 1% des voix

- 20 candidats ont obtenu chacun moins de 2% des voix

-23 candidats ont moins de 3% des voix.

Sur les cinq candidats qui restent, deux ont moins de 5% des voix et seulement deux (2) en l’occurrence les deux attendus au second tour ont franchi la barre des 10% des voix (19% pour Soumaila Cissé et 39% Ibrahim Boubacar Keïta) .

3 – Les enseignements : Le premier tour de l’élection présidentielle au Mali permet de tirer un certain nombre d’enseignements.

3- 1- les électeurs n’ont pas suivi les consignes des partis : Les deux partis dominants, à savoir l’ADEMA PASJ et l’URD totalisent ensemble 29% des électeurs. Pendant ce temps le candidat du RPM, 3ème parti sur l’échiquier politique national, s’affiche avec 39% des voix à lui tout seul, administrant la preuve qu’il n’est pas le candidat d’un parti, mais bien celui d’un peuple qui se réveille. Témoin, le taux de participation : plus de 51% alors que pendant toutes ces années de démocratie de façade, aucun scrutin n’a atteint 40% de taux de participation. C’est bien la preuve que le changement réclamé par les Maliens, d’abord en 1991 et plus récemment à l’occasion des journées tumultueuses de Mars 2012, est amorcé, n’en déplaise aux partisans d’une situation de non-Etat où le travail bien fait n’est pas glorifié et où le vol n’est pas sanctionné (j’allais dire est plutôt magnifié).

Les Maliens ont administré la preuve qu’on ne peut plus acheter leurs voix à 1000F, 2000F, des pagnes et quoi encore,.... puisque leurs voix ne sont plus vendables. Ils n’ont pas craché sur les  » cadeaux « . Ils les ont pris et sont allés voter dans la direction que leur a dictée leur conscience : ils ont voté le Mali.

3- 2- Les électeurs ont dit non à la corruption, au népotisme, à la gabegie, au clientélisme, à l’impunité, au non-Etat : Pendant plus de 10 ans on a assisté à une situation de complot de fait des institutions – toutes institutions réunies – contre le peuple.

Il suffit pour s’en convaincre de revisiter encore une fois le Mali des pères fondateurs où la peine de mort sanctionnait tout détournement des derniers publics atteignant dix millions de francs maliens (soit 5 millions de francs CFA).

Depuis plus d’une décennie, on vole à coups de milliards afin de pouvoir payer des dividendes, acheter l’impunité et se dédouaner...

Le goût de l’argent facile, l’argent comme seule référence, la puissance absolue de l’argent (incolore, inodore, mais plein de saveur) ont émergé sous la 2ème République, mais se sont amplifiés pour devenir la norme avec la 3ème République, c’est-à-dire la République qui était censée ramener au pays la culture de l’intégrité, le respect du bien public, la probité, la culture de l’excellence.

Au lieu de cela, avec 100 partis politiques on a multiplié par 100 les dérives du parti unique. Il n’y a que le fait politique et la classe politique actuelle pour expliquer qu’on ait recours à des palefreniers pour pratiquer des greffes de c½ur, qu’on ait amené à l’Assemblée Nationale pour statuer sur la loi des Finances ou sur les textes de la Décentralisation des personnes qui ne sont simplement pas outillées pour ce travail.

Il n’y a que la classe politique pour utiliser son mandat à mettre en place des lois qui lui accordent des avantages démesurés quand des Maliens cherchent vainement deux repas par jour. Il faut que ça change et cela, les Maliens l’ont compris. La mièvrerie, on en a marre !

 

Cheick KAMATE

Sociologue Angoulême-Ségou

 

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