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Congo: début du procès des explosions meurtrières de mars 2012

La première audience du procès d'une vingtaine de militaires et de sept civils inculpés dans l'affaire des explosions d'un dépôt de munitions de Brazzaville ayant fait près de 300 morts en mars 2012 s'est clôturée mardi en fin d'après-midi devant la cour criminelle, a constaté un journaliste de l'AFP.

La salle était pleine et une foule importante a dû rester à l'extérieur, tandis que, dans le périmètre du tribunal, un dispositif de policiers du commandement des unités spécialisées avait été mis en place.

En tout, trente personnes sont jugées. Les 23 militaires dans le box des accusés présents mardi matin sont inculpés d'incendie volontaire et atteinte à la sûreté d'État. Avec eux, sept civils sont jugés mais deux ne se sont pas déplacés.

L'explosion survenue le 4 mars 2012 dans le dépôt de munitions du camp des blindés à Mpila, un quartier est de Brazzaville, avait fait officiellement près de 300 morts, plus de 2.300 blessés et 17.000 sans-abri, dont certains continuent de vivre dans des conditions difficiles.

Le principal accusé, selon l'acte d'accusation du tribunal, est le caporal chef Kakom Kouack Blood. Il aurait mis volontairement le feu au dépôt de munitions.

Le colonel Marcel Tsourou, ancien secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité, est quant à lui inculpé d'atteinte à la sûreté de l'État, complicité d'incendie volontaire et détention illégale d'armes de guerre.

Son épouse Charlotte Tsourou a estimé que "l'inculpation de l'officier est politique et guidée d'en haut", sans toutefois préciser ses affirmations.

"Nous avons un bon dossier. Nous allons à ce procès très confiants. Si la justice peut être rendue au nom du peuple congolais, ça serait une bonne chose", a déclaré à l'AFP un avocat de la défense, Me Amédée Nganga.

Selon la cour criminelle, dix jurés qui doivent mener les débats aux côtés des juges professionnels ont prêté serment vendredi.

"Je suis doublement concerné par ce procès parce que suis à la fois parent d'une victime et d'un accusé. (...) Quand on arrive au procès le souhait de tout un chacun est que la vraie justice soit rendue. C'est ce à quoi s'attendent toutes les parties concernées", a déclaré à l'AFP Haubert Gambi, 50 ans, un éducateur.

"J'ai un supérieur hiérarchique, un officier de l'armée, dans le box des accusés (...) Nous voulons un vrai jugement sans une dose de politique", a pour sa part expliqué à l'AFP Louis Gandzoua-Maba, un militaire.

La prochaine audience est prévue mercredi.

Jeudi dernier une manifestation de plusieurs dizaines de sinistrés a été dispersée à coups de gaz lacrymogène par la police, qui a procédé à des arrestations. Ils demandaient au gouvernement un toit car les tentes qui les abritent sont trouées et la saison des pluies approche.

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