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Arrêt des œuvres sociales universitaires à Ouagadougou : L'ANEB appelle à

Le comité exécutif de l'Association nationale des étudiants burkinabè (ANEB) section Ouaga, était face à la presse ce 6 août 2013 à Ouagadougou. Objectif, donner leur lecture relativement aux événements qui ont eu cours la semaine dernière au sein des cités universitaires à Ouagadougou, et présenter la situation actuelle des étudiants précédemment résidents desdites cités.

Tout a commencé le 31 juillet dernier lorsque les étudiants ont entrepris de manifester leur opposition à l'arrêt des ½uvres sociales durant deux mois (août et septembre) qui correspondraient à la période des vacances. Or, précise le président du Comité exécutif de l'Aneb/ Ouaga, Patrice Zohenga, étudiant en 6è année de médecine, « aussi bien la direction du CENOU (Centre national des ½uvres universitaires) que l'opinion nationale burkinabè savent qu'il y a bien longtemps que les universités de Ouagadougou et de Ouaga 2 n'ont plus connu des vacances dignes de ce nom pour les étudiants ». En clair, « les deux mois dits de vacances sont plutôt une période de préparation d'examens pour une bonne partie des étudiants », a précisé M. Zohenga.

D'ailleurs, relève-t-il, « depuis deux ans, au regard du cafouillage total constaté dans le déroulement des cours et le calendrier universitaire, les étudiants ont demandé et obtenu le principe du maintien de toutes les ½uvres sociales au cours des mois d'août et de septembre comme mesure d'accompagnement dans le processus de rattrapage du retard que connaissent nos universités ».

Mais tout porte à croire que cette année, ce ne sera pas ainsi, tant la tension est encore vive entre les protagonistes. En effet, avec l'intervention des forces de sécurité pour déloger les manifestants, plusieurs étudiants ont été blessés ; plus de 50 d'entre eux ont été arrêtés et détenus à la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), à en croire les conférenciers du jour. Et le reste, dans la rue ou accueilli par des bonnes volontés.

Autre situation déplorable, des véhicules ont été incendiés. Et le comité exécutif de l'Aneb dit tenir pour responsable de cette situation, « ceux qui ont fait appel à ces forces dites de l'ordre et ceux qui ont donné l'ordre de charger les étudiants ». En effet, précise Patrice Zohenga, « dans la mesure où, pendant 24 heures, voire plus, les étudiants ont conservé et surveillé les véhicules sans les endommager, il est clair que leur objectif n'était pas un tel gâchis, mais plutôt d'amener les autorités du CENOU à prendre en compte leurs préoccupations minimales, à savoir, avoir un logement et des repas afin de préparer les examens ».

Mais comment est-on arrivé à ces situations déplorables ?

Le 30 juillet dernier, les résidents des cités universitaires apprenaient que les ½uvres sociales seraient suspendues par le CENOU à compter du lendemain, 31 juillet 2013. Et la réaction des étudiants ne s'est pas fait attendre, puisque ce 31 juillet, ils ont pris en otage le personnel de la présidence de l'Université de Ouagadougou et bloqué plusieurs voies dans la ville de Ouagadougou.

Face à cette situation, le Comité exécutif de l'Aneb, à en croire son président, « a demandé et obtenu une audience avec le directeur régional du CENOU, le 31 juillet 2013 à 10h, pour discuter de la question ». De cette audience, une promesse aurait résulté, celle de transmettre les doléances dudit comité exécutif, et de le tenir informé des suites. « Mais cette promesse n'a pas été tenue », a relevé Patrice Zohenga.

De leur côté, et pour hausser le ton, les manifestants ont arrêté plusieurs véhicules automobiles. S'en sont suivies des promesses de la direction générale du CENOU d'accorder aux étudiants, un délai de grâce de 15 jours, à en croire la présidence de l'Université de Ouagadougou. Puis, par la voix du DG du CENOU « himself », l'on apprendra que les étudiants ont 72 heures pour rendre les clefs des chambres.

Et le lendemain de l'annonce de ces promesses, les forces de l'ordre dépêchées sur les sites de cités universitaires en ont décidé autrement : les étudiants ont 15mn pour libérer les chambres. Et pour où ? On en saura plus tard lorsqu'à l'issue de tirs à gaz lacrymogène, incendie de véhicules et courses poursuites, les étudiants concernés, dont certains ont été arrêtés, se sont retrouvé dans la rue.

La solidarité aux étudiants délogés

Depuis le 2 août 2013 où ils ont été délogés, les étudiants ont entrepris de développer la solidarité entre eux. Ils ont aussi bénéficié de soutiens de la part de bonnes volontés - personnes physiques ou morales - certains pour leur apporter à manger, d'autres pour les reloger.

Après avoir remercié ces bonnes volontés, Patrice Zohenga a appelé « la population de la ville de Ouagadougou et environnant, à une solidarité agissante à l'endroit des étudiants en difficultés » afin, précise-t-il, « de faire échec à la politique antisociale et criminelle du pouvoir de la 4è république ».

Et après avoir condamné « fermement la répression barbare et féroce abattue sur les étudiants », il dit tenir pour seules responsables les autorités, avant d'exiger « la libération sans condition ni délai de tous les étudiants arrêtés ainsi que la prise en charge intégrale des blessés », et d'appeler l'ensemble des étudiants à la mobilisation au sein de l'Aneb pour la réouverture des cités et restaurants universitaires.

En attendant, le comité exécutif de l'Aneb a mis en place des points d'enregistrement des étudiants nécessiteux et des personnes désireuses de leur venir en aide. Ces points, on les retrouve au siège du CODE, à l'Université de Ouagadougou (hall de l'amphi A600 et C), à la bourse du travail et au siège de l'EDP sise à Dassasgho.

Pendant ce temps, des démarches à plusieurs niveaux sont en cours : visites aux blessés, suivi de l'évolution de la situation des étudiants détenus qui auraient été entendus ce jour même, audiences. En effet, une audience avec le DG du CENOU est prévue pour se tenir à 11h, juste après la conférence de presse.

Fulbert Paré

Lefaso.net

Lien utile :Arrêt des ½uvres universitaires : La présidence de l'Université de Ouagadougou prise en otage

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