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Délibération pour la proclamation des résultats définitifs du premier tour : La cour constitutionnelle malienne face à l’histoire

A l'occasion de sa visite au Sénégal, le président américain Barak Obama a consacré une partie de son agenda chargé à une séance de travail avec 15 présidents de cours suprêmes et de cours constitutionnelles africaines.

 

 

Cette démarche inédite dans les annales diplomatiques de la première puissance mondiale témoigne éloquemment de l'importance du rôle désormais dévolu aux juridictions supérieures  dans la consolidation de la paix, de la stabilité et la démocratie en Afrique.  Ce rôle fondamental aujourd'hui clairement mis en exergue par les partenaires stratégiques du continent découle de l'importance des décisions d'arbitrage que ces juridictions sont amenées à prendre dans les contentieux politiques et électoraux.

 

 

 

En effet, combien de fois des décisions tendancieuses (assimilables à maints égards à des forfaitures)  prises par certaines juridictions supérieures ont été des éléments déclencheurs de crises politico-sociales aigues, débouchant sur des guerres civiles. A titre d'exemple tragique, si M. Paul Yao N'dré, ex-président de la cour constitutionnelle ivoirienne, avait strictement dit le droit, en s'abstenant d'éliminer abusivement plus de 500 000 voix des électeurs du nord de la Côte d'Ivoire portées au deuxième tour sur le candidat du RDR Alassane Dramane Ouattara, y aurait-il autant de milliers de morts à l'occasion de la grave crise postélectorale que sa funeste décision a déclenché ? Et pourtant n'est ce pas le même Paul Ya Ndré qui lors d'une cérémonie surréaliste de prestation de serment de Alassane Dramane Ouattara, proclamé finalement vainqueur après tant de tragédies découlant de sa forfaiture, a essayé sans vergogne de justifier l'injustifiable ? En agissant de la sorte, ce haut magistrat ivoirien s'est mis dans le dépotoir de l'histoire. Hélas ! Dans beaucoup de cas ailleurs en Afrique, les juridictions supérieures d'arbitrages électoraux n'ont pas été à la hauteur de leurs missions historiques, à savoir mettre le droit au service de la paix et du développement en le disant rigoureusement, sans combinaison douteuse et partie- pris irresponsable.

 

 

Au regard donc de ces expériences douloureuses de dérapages funestes, les regards angoissés sont actuellement tournés vers la cour constitutionnelle malienne qui est en délibération en vue de proclamer les résultats définitifs du premier tour de la présidentielle.

 

Bamako retient son souffle. Le monde entier observe. Toutes sortes d'informations circulent à propos de cette fameuse délibération en cours. On prétend par ci et par là que certains candidats verront leurs score sensiblement relevés tandis que d'autres se retrouveront avec des scores drastiquement abaissés.  Rumeurs ?  Intoxications ?  Ballons de sonde ? En tout état de cause on peut dire que ce flux d'informations contradictoires et inquiétant agit dangereusement sur les nerfs, déjà éprouvés par le stress et le ramadan, des citoyens.  Ceux qui jouent aux apprentis sorciers en distillant à dessein ces rumeurs savent-ils qu'ils jouent avec le feu : il suffit d'une petite étincelle...que Dieu nous en garde !

 

 

Cette ambiance chargée montre éloquemment la terrible responsabilité des juges des élections. N'en doutons pas en faisant confiance à leur sagesse : personne ne doit s'attendre de leur part à des résultats faussant fondamentalement les suffrages des électeurs et les tendances proclamés par l'administration compétente. Encore moins : une attitude du dilatoire de nature à compromettre la tenue du second tour conformément à la date constitutionnelle du 11 août. Le scenario du pire n'est pas envisageable pour ce pays qui souffre tant. Faisons donc confiance à nos sages et sachons raison garder !

 

Ousmane Badian Sissoko, Ingénieur – Quinzambougou Bamako   

Pour maliweb.net

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