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AU RYTHME DU RAMADAN Après un mois de diète, place au

A deux ou trois jours de la Korité 2013, les spots et publicités sur les soirées dansantes de la Korité vont bon train. A la télévision, comme à la radio, les annonceurs rivalisent d'ardeur.

Chanteurs et artistes ont, tous ou en majorité, un spectacle à donner, le jour ou le lendemain de la Korité. Dans un pays avec 90% de musulmans, les soirées et/ou lendemains de fête, quelle que soit leur nature, sont réservés à la bamboula. Une chose que Moussa Thiam fustige. Dans son «papa j'ai grandi», cet homme barbu, pour ne pas dire hibadou, se désole de cet état de fait auquel les Sénégalais sont, du reste, habitués : «Je crois que les gens qui vont à ces rencontres ne connaissent pas réellement ce qu'est le Ramadan et je dirais qu'ils n'ont pas jeûné comme il se doit, car le résultat du mois est une crainte totale de Dieu. Je vois mal comment quelqu'un peut jeûner un mois et ensuite aller faire des choses de ce genre». Sur la route de la mosquée de Ouagou Niayes 2, pour aller accomplir la prière de 17 heures, un autre qui partage l'idée de Moussa Thiam. Agé de 25 ans, dans son «niatty abdou», ce jeune qui se prend déjà pour l'Imam du quartier, déplore catégoriquement cette propension à organiser des soirées lors des fêtes musulmanes : «Le Ramadan est un mois dans lequel les interdits doivent être respectés. Et, parmi ceux-là, il y a les soirées dansantes. Ces mêmes interdits le sont également les autres mois». Moins catégorique que ce «petit Imam», Alioune Ciss, qui a inventé bal de Korité, se demande : «Pourquoi bal de Korité, sachant que le mot bal tout seul est banni par l'Islam ? Korité ou pas, il faut respecter les recommandations divines».

«Après un mois d'abstinence...»

Pourtant, tout le monde n'est pas du même avis, à propos des soirées organisées le jour ou le lendemain de fêtes musulmanes, si l'on s'en tient aux commentaires de ces jeunes filles trouvées dans un salon de la place. Selon elles, «après un mois de Ramadan, place aux réjouissances». Ces mélomanes n'en disent pas moins, elles qui ont déjà acheté leur billet pour la soirée d'Aida Samb prévue le 10 août. Aïcha Faye, l'une d'entre elles, de confier : «Je crois qu'on mérite çà après un mois de privation et d'abstinence, une sortie entre amis, rien de mal à cela». Âgées entre 17 et 22 ans, ces filles se réjouissent de la fin de la Korité. Aminata, une amie d'Aicha Faye, sous le séchoir, s'invite à la discussion. «Plus que 72 heures à attendre pour faire du bégué et retrouver les mini-jupes et les jeans serrés», se réjouit-elle. Hormis le mois sacré du Ramadan, il n'existe pas une seule autre période qui puisse empêcher les jeunes de s'amuser. Malgré les divers plaisirs de la vie, ils respectent la religion musulmane et font beaucoup d'efforts pour se plier à ses dogmes. Ces jeunes filles, comme la plupart des autres de leur âge, tiennent absolument à rattraper toutes ces nuits où il fallait être au lit assez tôt, pour se réveiller pour le «kheude». Interpellé sur cette question, Cheikh Diagne, âgé de 19 ans, teint noir, coiffure dabala, donne son avis : «tout ce que je sais, c'est qu'il y a un temps pour jouir de la vie et un autre pour être sérieux. Seulement, il faut savoir faire la part des choses».

Aïssatou Doucouré NDIAYE


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