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Autant le dire… : Avec un peu de bon sens, on aurait pu au moins éviter cela

Trente-deux véhicules détruits, quarante-neuf manifestants interpellés, des blessés de part et d'autre, une journée bien chaude dans les quartiers de Ouagadougou et pour les policiers, que pour les étudiants...Le bilan des manifestations des étudiants est bien lourd.

Alors qu'on ne devrait pas en arriver là si chacun avait accepté d'user un tout petit peu de bon sens. Il est vrai que le calendrier universitaire fixe l'arrêt des cours en fin juillet. Et du même coup, l'arrêt aussi des ½uvres universitaires. Mais, tout compte fait, on aurait pu en informer les étudiants, tout simplement par une note de rappel au moins deux semaines auparavant. On aurait, au moins, évité l'argument qui dit que les étudiants ont été surpris par la mesure de fermeture et de cessation des ½uvres universitaires. Et sans doute que les étudiants n'auraient pas réagi en brûlant des véhicules et en saccageant tout ce qui pouvait l'être. Le prix payé ici est assez lourd et les explications du Directeur général du Centre national des ½uvres universitaires viennent en retard. Rien n'empêchait en effet son institution de dire aux étudiants locataires des cités universitaires que contrairement aux années précédentes (2011 et 2012) ils ne pourront pas bénéficier des ½uvres universitaires pendant ces vacances 2013, pour les raisons qu'il évoque.

Seulement, là où les étudiants ont mal agi, c'est d'avoir détruit des biens publics. Car, les moyens qui seront utilisés pour remplacer ces biens détruits pouvaient servir à autre chose. En outre, on croyait que les Burkinabè, et surtout les étudiants, avaient compris que les manifestations violentes suivies de destructions de biens publics étaient « derrière nous ». Ne comprenons-nous pas que les biens que nous détruisons sont nos biens à nous tous, et qu'en les démolissant, c'est encore nous qui travaillerons à les remettre en place ? Les partis politiques regroupés autour du chef de file de l'opposition ont organisé deux grandes marches, suivies de meeting, et n'ont rien détruit, même quand les forces de l'ordre les ont dispersés à Ouagadougou. C'est malheureusement à Bobo, à l'occasion de la deuxième marche, que des manifestants ont brûlé des pneumatiques sur des chaussées. Ce que les organisateurs de la marche ont déploré, condamné et s'en sont même démarqués. La Coalition des organisations syndicales et de la société de lutte contre la vie chère a organisé un meeting qui a connu un grand succès. Mais, ils n'ont rien détruit. C'est dire, une fois de plus, que nous devons nous départir des manifestations violentes et des destructions de biens publics ou privés.

Les partis politiques ont sans doute compris qu'en détruisant le peu de moyens et de développement que nous avons acquis, ils seront les premiers, le jour où ils arriveront au pouvoir, à être confrontés aux mêmes difficultés. D'ailleurs, pour cette raison, entre autres, ils ne cautionnent pas les casses. Les syndicats ont compris la même chose : on ne peut pas revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail tout en se mettant à détruire le peu qui existe déjà.

C'est pourquoi les étudiants devraient comprendre qu'en leur qualité de futurs dirigeants de ce pays, ils doivent savoir préparer l'avenir. Et cela part sur de l'existant. Aussi, il n'est donc pas conseillé de détruire cet existant-là, au risque d'avoir à opérer un perpétuel recommencement.

En attendant, les personnes interpellées, doivent répondre de leurs actes devant le juge. Au cas contraire, ce sera de l'impunité. Mais que ce traitement soit valable pour tous.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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