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Gabriel Sandwidi, élu Sénateur Europe

Les élections Burkinabè de l'étranger ont élu le 4 août 2013 les cinq sénateurs qui les représenteront dans le futur sénat. Pour la zone Europe, l'élection s'est déroulée dans la salle des fêtes de l'ambassade du Burkina à Paris. Reportage.

Alors qu'une bonne partie de la population conteste son utilité, le processus de mise en place se poursuit. Après les élections des sénateurs représentants les collectivités territoriales le 28 juillet dernier, c'était au tour des délégués du Conseil supérieur des Burkinabè de l'étranger (CSBE) d'élire les 5 sénateurs qui siègeront au titre de la diaspora dont 2 pour la zone Afrique et un sénateur pour chacune des autres zones.

Pour la zone Europe, c'est dans la salle des fêtes de l'ambassade du Burkina à Paris que les 18 délégués (un délégué d'Ile de France, Philippe Traoré était absent et s'était excusé) venus d'Espagne, de Russie, d'Allemagne, de Belgique, d'Autriche, d'Italie et de France ont accompli cette formalité civique. Cinq candidats, dont les dossiers de candidature avaient été validés, briguaient l'unique siège en jeu : Marguerite Bambara (Italie), Paul-Roger Nikièma (France), Célestin Nabaloum (France), Gabriel Sandwidi (France) et Désiré Tapsoba (France).

Peu avant de passer à l'élection proprement dit, le ministre conseiller, Michel Ouédraogo et le secrétaire permanent du CSBE, Lambert Alexandre Ouédraogo, venu spécialement de Ouagadougou pour la circonstance, ont rappelé les fondements politiques et juridiques de la création et la mise en place du sénat. Ils ont aussi insisté sur les contraintes qui vont s'imposer au futur sénateur. En particulier l'obligation d'être disponible durant les sessions parlementaires ordinaires et extraordinaires qui se tiendront au pays dès l'ouverture des travaux parlementaires. « Qu'on réside au Burkina ou hors du Burkina, tous les parlementaires doivent être présents durant les sessions parlementaires. Il faut donc bien réfléchir avant de maintenir sa candidature », a expliqué le secrétaire permanent du CSBE.

Après avoir répondu à quelques questions d'information, le ministre conseiller et le secrétaire permanent se sont retirés de la salle « pour ne pas influencer le bon dérouler du scrutin ».

Un bureau de séance, composé du doyen des délégués, Pierre Ouédraogo (Belgique) et du cadet, Yabré Abdou (Italie) est alors mis en place. Un délégué propose d'accorder cinq minutes à chaque candidat pour se présenter et expliquer les motivations de sa candidature, parce que argumente t-il, « on ne se connait pas et c'est la première fois que nous sommes réunis ». Après discussion, les candidats n'auront finalement droit qu'à deux minutes chrono. Tous vont s'y plier.

Honneur aux dames ! Marguerite Bambara s'y lance. « Je réside dans le centre de l'Italie depuis huit ans et je travaille dans la restauration et l'hébergement. Je suis très engagée dans le bénévolat et, élue ou pas, je vais continuer à faire ce que j'ai toujours fait : apporter du soutien aux compatriotes en difficultés, qu'ils soient malades ou à la recherche d'hébergement en attendant de trouver un logement. Mes activités ont fait l'objet de documentaires qui ont été diffusés sur des chaines de télévision, et si je suis élue, je promets de défendre les intérêts des Burkinabè d'Europe avec autant de détermination que je le fais actuellement ».

C'est le tour de Sibiri Célestin Nabaloum, délégué de la région Ile de France et employé municipal dans la région parisienne de convaincre ses homologues en deux minutes. Elu pour la deuxième fois, il explique qu'il connait bien les préoccupations des Burkinabè de l'étranger et qu'il est très impliqué à trouver des solutions aux problèmes que rencontrent certains compatriotes, dont les sans-papiers. « Si je suis élu, je m'engage à siéger et à exprimer vos préoccupations dans l'enceinte du parlement », promet-il. Quant à Paul-Roger Nikièma, détective privé de profession, délégué de la région N°3 de France (Poitou-Charentes, Pays de la Loire, Limousin) pour un deuxième mandat, il « s'appuiera sur les délégués et tous les Burkinabè d'Europe pour prendre toute décision vous concernant. Je ferai tout pour vous et avec vous ».

On passe le micro à Gabriel Sandwidi, délégué de la région N°4 (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon), élu pour la première fois. « Je suis de profession libérale, j'ai donc mon temps pour défendre vos intérêts au sénat. Mais le poste est le vôtre et si je suis élu, rien ne se fera sans vous », professe celui qui est par ailleurs membre du conseil de la diversité à Bordeaux.

Dernier à prendre la parole, Désiré Tapsoba, professeur d'Allemand, délégué de la région N°2 (Nord Pas-de-Calais, Haute Normandie, Basse Normandie, Picardie).

Son intervention se résume à un slogan : « Je n'ai pas d'ambition personnelle, si ce n'est vous servir et non me servir ». Fin de l'exercice oratoire.

A 15h 05 mn, le vote peut commencer. On regroupe quelques drapeaux pour former l'isoloir, un carton posé devant l'auditoire servira d'urne et des bouts de papier en guise de bulletins de vote sont distribués aux délégués. Chacun y écrit le nom du candidat de son choix avant de le déposer dans l'urne. Le vote terminé, on compte le nombre de bulletins déposé pour vérifier qu'il correspond bien au nombre de délégués ayant voté. Le compte est bon. Le dépouillement peut commencer. A haute voix, trois personnes lisent le nom de chaque candidat.

A 15h10 mn, le président de séance et son adjoint annoncent les résultats.

Gabriel Sandwidi : 10 voix ; Désiré Tapsoba : 4 voix ; Marguerite Bambara : 1 voix ; Sibiri Célestin Nabaloum : 1 voix ; Paul-Roger Nikièma : 2 voix.

Ayant totalisé 10 voix sur 18, soit la majorité absolue, Gabriel Sandwidi est déclaré élu dès le premier tour. Applaudissements, congratulations.

Reste le poste de suppléant à pourvoir. Faut-il l'attribuer au candidat arrivé en deuxième position ? « Non, ce n'est pas ce que disent les textes. Tous les candidats ont donc le droit de se présenter pour ce poste », tranche le président de séance.

Sibiri Célestin Nabaloum annonce qu'il n'est pas partant, mais au final, quatre candidatures sont enregistré. Marguerite Bambara, Paul-Roger Nikièma, Désiré Tapsoba et Inoussa Bara. Délégué CSBE d'Italie, ce dernier avait déposé sa candidature au poste de suppléant dès le départ. Les textes ne prévoient pas ce cas de figure, mais après discussion, sa candidature est acceptée et le président de séance lui accorde les deux minutes pour convaincre.

Un délégué fait observer que les situations dans les pays européens sont très diverses et que, pour plus d'efficacité dans la recherche de solutions aux préoccupations des Burkinabè, il faudrait peut-être veiller à ce que les deux postes n'échoient pas à deux personnes résidant dans un même pays. L'argument est vite battu en brèche. « Il faut laisser jouer la démocratie et que les gens votent celui ou ceux qu'ils estiment capables de défendre nos intérêts », réplique un autre.

On passe à nouveau au vote et on recommence les mêmes opérations comme au premier tour. Au décompte des voix, aucun des candidats n'a obtenu la majorité absolue. Marguerite Bambara totalise 6 voix ; Paul-Roger Nikièma 1 voix ; Inoussa Bara 7 voix et Désiré Tapsoba 4 voix.

Il faut donc un deuxième tour pour départager les candidats. C'est le statut quo, les résultats sortis de l'urne sont les mêmes qu'au premier tour. Un troisième et dernier tour s'avère nécessaire pour départager les candidats car, selon les textes régissant l'élection, au troisième tour, il suffit d'obtenir la majorité relative pour être élu. En cas d'égalité, le critère de l'âge permettra de départager les candidats, au profit du plus âgé.

C'est donc reparti pour le troisième tour avec les mêmes candidats. Mais juste avant que les opérations de vote ne commencent, coup de théâtre : le candidat Inoussa Bara se saisit du micro et annonce qu'il désiste. Restent donc trois candidats en lice. Au bout d'un long suspense, c'est finalement Marguerite Bambara qui arrive largement en tête avec 11 voix, suivie de Désiré Tapsoba (6 voix) et de Paul-Roger Nikièma (1 voix).

A 16h20mn, fiers d'avoir conduit le déroulement du scrutin à son terme, le président de séance et son adjoint proclament les résultats : Elu sénateur titulaire au premier tour : Gabriel Sanwidi avec 10 voix sur 18 ; suppléant : Marguerite Bambara, élue au troisième tour à la majorité absolue avec 11 voix sur 18.

Pour être définitifs, ces résultats devront être validés par le conseil constitutionnel après examen d'éventuels recours ou contestations.

C'est dans un climat sans passion que les délégués CSBE ont élu le sénateur devant représenter la diaspora burkinabè vivant en Europe. Les résultats proclamés n'ont pour l'instant pas été contestés.

Le seul incident qu'on peut relever et qui aurait pu tout faire capoter a été l'acceptation, séance tenante, de la candidature de Inoussa Bara au poste de suppléant. Le 5 juillet, le ministère des Affaires étrangères a communiqué aux ambassades et consulats une note relative aux conditions d'éligibilité du sénateur. Le candidat doit « être âgé de quarante-cinq ans révolus à la date de désignation ou de la nomination ». En outre, la liste des candidats doit être affichée dans les ambassades et consulats où a lieu l'élection. Or, à la date du 4 août 2013, Inoussa Bara n'avait pas quarante-cinq ans révolus, et pour cette raison, son dossier de candidature n'avait pas été retenu. Son nom ne figurait donc pas sur la liste des candidats affichée à l'entrée de l'ambassade. « Si Inoussa Bara avait été élu au poste de suppléant, nous aurions purement et simplement annulé l'élection et il aurait fallu recommencer », a confié Lambert Alexandre Ouédraogo.

Joachim Vokouma,

Lefaso.net (France)

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