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Gestion des produits chimiques dangereux

L'Afrique est longtemps restée à la traîne en terme de réglementation sur l'importation et la commercialisation des produits chimiques

Les produits chimiques sont des substances toxiques qui sont nuisibles à la santé de l'homme et à l'environnement. Malgré cette caractéristique, ils occupent une place importante dans l'activité économique. L'Afrique est longtemps restée à la traîne en terme de réglementation sur l'importation et la commercialisation des produits chimiques. C'est à partir des années 1990 que le continent a véritablement pris conscience de la gravité de la situation. Il participe alors aux différents forums internationaux sur la question. La gestion des produits chimiques, dangereux, entre désormais dans les priorités environnementales et sanitaires, compte tenu des évènements de déversement connus ou non qui ont eu lieu dans nos pays et qui ont entrainé beaucoup de décès et rendu les sites impropres à toute exploitation et utilisation. Ceci était dû au manque d'organisation et à l'ignorance des dangers des produits prohibés partout ailleurs dont l'Afrique a trop souffert des déversements. Nous ne sommes pas à l'abri pour autant. Il s'agira aussi de gérer les déchets et produits dangereux que nous produisons chez nous, dans un contexte d'harmonisation avec les autres conventions internationales traitant des substances chimiques dont nos pays sont parties. Aujourd'hui, notre continent est prêt à montrer au monde, notre résolution à gérer les déchets dangereux dans notre région, à travers la convention dite de « Bamako », parce que tenue dans la capitale malienne du 24 au 26 juin 2013. C'est un traité des nations africaines interdisant l'importation vers l'Afrique de tout type de produits chimiques dangereux (y compris les déchets radioactifs). Entrée en vigueur en 1998, la Convention de Bamako connût sa conférence des parties cette année seulement. Elle est une réponse à l'article 11 de la convention de Bâle (Suisse) qui encourage les Etats à conclure des accords bilatéraux, multilatéraux et régionaux sur les déchets dangereux pour aider à réaliser les objectifs de la Convention. L'impulsion de la convention de Bamako provient de l'incapacité de la convention de Bâle à interdire le commerce des produits chimiques dangereux vers les pays les moins développés. Le constat est que plusieurs pays développés exportaient des déchets dangereux vers l'Afrique (cas de Koko au Nigeria et Probo koala en Côte d'Ivoire). Ce qui constitue une autre source de motivation. En effet, la Convention de Bamako utilise un format et un langage similaire à ceux de la Convention de Bâle. Mais elle va beaucoup plus loin en interdisant toute importation de déchets dangereux. Elle ne fait pas d'exception sur certains déchets dangereux tels les déchets radioactifs, comme dans la Convention de Bâle. 29 états. Négociée par 12 pays membres de l'Union africaine (UA) en 1991 à Bamako, la Convention entre en vigueur en 1998. A ce jour, 29 Etats sont signataires dont 24 Etats/parties. L'objectif est d'interdire l'importation de tous les déchets dangereux et radioactifs vers le continent africain qu'elle qu'en soit la raison. Il s'agit de minimiser et de contrôler les mouvements transfrontaliers de déchets dangereux sur le continent africain. Interdire toute immersion de déchets dangereux dans les océans et les eaux intérieures ou toute incinération de déchets dangereux. Elle vise à s'assurer que l'élimination des déchets est réalisée de manière écologiquement rationnelle. La convention promeut la production propre qui s'appuie sur la poursuite d'une approche d'émissions acceptables basée sur les hypothèses de capacité d'absorption et l'établissement du principe de précaution. La Convention de Bamako couvre plus de déchets que la Convention de Bâle. Car, non seulement elle comprend les déchets radioactifs, mais aussi, elle considère comme déchet dangereux, tout déchet présentant une caractéristique de danger possédant un constituant répertorié dans une liste. La Convention couvre également les définitions nationales des déchets dangereux. Enfin, les produits qui sont prohibés, strictement réglementés ou qui ont fait l'objet d'interdiction sont également couverts par la Convention en tant que déchets. Les parties devront interdire l'importation de déchets dangereux et radioactifs ainsi que toutes les formes de rejets de déchets dans les océans. En ce qui concerne le commerce intra africain des déchets, entre autres mesures de contrôle, les parties doivent minimiser les mouvements transfrontaliers de déchets, et seulement de les effectuer avec le consentement des Etats importateurs et de transit. Ils devront réduire au minimum la production de déchets dangereux et coopérer pour s'assurer que les déchets sont traités et éliminés d'une manière écologiquement rationnelle.

C. A. DIA

Glyphosate : L’herbicide le plus vendu dans le monde 

Les Amis de la Terre France ont détecté la présence d’un herbicide très répandu, le glyphosate, dans le corps de personnes testées. Les analyses ont révélé que, sur les 10 Français qui avaient accepté de faire analyser leurs urines, 3 étaient contaminés et présentaient des traces de glyphosate dans leurs urines. Une contamination de l’organisme qui est inquiétante et inacceptable. Le glyphosate (N-phosphonomethyl glycine) est un herbicide systémique à large spectre qui bloque un enzyme dont la plante a besoin pour fabriquer des acides aminés et des protéines. Ce produit est toxique pour toute plante qui n’a pas été modifiée génétiquement pour le tolérer. Les propriétés herbicides du glyphosate ont été brevetées par Monsanto dans les années 70, et le Roundup® devint un succès commercial. Les herbicides à base de glyphosate contiennent d’autres ingrédients chimiques comme les tensio-actifs qui facilitent l’absorption par la plante. Monsanto vend près de la moitié des herbicides à base de glyphosate commercialisés dans le monde. D’autres firmes comme Syngenta, Bayer, BASF et Dow vendent aussi leurs propres produits à base de glyphosate. Une bonne part du marché de Monsanto provient des agriculteurs qui sont obligés d’acheter son herbicide, le Roundup Ready lorsqu’ils cultivent des OGM Roundup Ready. Le glyphosate est ainsi devenu l’herbicide chimique le plus vendu sur la planète et notamment en Europe. En France, le glyphosate est la substance « phytosanitaire » la plus vendue entre 2008 et 2011. Hors des frontières de l’Union européenne, le glyphosate est aussi utilisé sur les OGM agricoles, dont 85 % sont modifiés génétiquement pour tolérer un herbicide. En 2012, aux Etats-Unis, presque la moitié des terres agricoles étaient cultivées avec des plantes GM de Monsanto, Roundup Ready, et la majorité du soja importé d’Amérique du Sud en Europe pour alimenter les animaux d’élevage est tolérant au Roundup. Il y a actuellement 14 demandes d’autorisation en attente pour la culture de plantes tolérantes au glyphosate dans l’Union européenne. L’expérience des Etats-Unis et de l’Argentine montre clairement que la culture de plante GM tolérantes au Roundup provoque une augmentation très importante des volumes de glyphosate, mais aussi d’autres herbicides utilisés sur les cultures. Le glyphosate est aussi utilisé pour contrôler les adventices dans les vignobles et les vergers. On l’emploie aussi couramment dans les jardins, les parcs, les espaces publics et sur les voies ferrées. En 2011, ce sont 650 000 tonnes de produits à base de glyphosate qui ont été utilisées mondialement et certains observateurs prévoient un doublement d’ici 2017. De plus, si les OGM étaient autorisés à la culture dans l’Union européenne, les volumes utilisés pourraient augmenter de 80%. Un danger pour la santé publique et l'environnement. Les résultats des expérimentations animales laissent à penser que lorsqu’on consomme du glyphosate, de 15 à 30 % sont absorbés par le corps. On peut alors le retrouver dans le sang et les tissus, et il a été démontré qu’il pouvait aussi traverser le placenta durant la grossesse. Les recherches montrent qu’après une semaine, 1 % du glyphosate demeure dans le corps, et comme ce produit est largement utilisé, la majorité des personnes est exposée de façon régulière. Les herbicides à base de glyphosate ont des niveaux de toxicité très variables, mais peuvent être mortels chez l’humain. Il a été démontré qu’ils sont toxiques sur des cultures de cellules humaines, notamment sur des cellules du placenta et de l’embryon. L’AMPA est encore plus toxique pour les humains que le glyphosate. Le glyphosate peut perturber le système endocrinien, ce qui peut avoir des conséquences irréversibles à certaines phases du développement, comme la grossesse. Dans les pays d’Amérique du Sud où est cultivé le soja, le nombre de malformations congénitales a augmenté. Une étude menée au Paraguay constatait que les femmes qui vivent à moins d’un kilomètre des champs sur lesquels le glyphosate est épandu, ont plus de deux fois plus de risques d’avoir des bébés malformés. En Equateur et en Colombie, où des herbicides à base de glyphosate ont été utilisés pour contrôler la production de cocaïne, il y avait un taux plus élevé d’altérations génétiques et de fausses-couches durant la saison d’épandage. Le Chaco est une région d’Argentine où l’on cultive le soja. Les taux de cancer ont été multipliés par 4 durant ces dix dernières années. Comme le glyphosate est conçu pour tuer les plantes, il peut avoir des conséquences néfastes sur la vie sauvage, réduire la biodiversité sur les terres agricoles et détruire les réserves de nourriture pour les oiseaux et les insectes. Des essais menés en Grande-Bretagne pour étudier l’impact sur la biodiversité des OGM tolérants à des herbicides, ont montré que les cultures traitées avec du glyphosate pouvaient avoir un impact néfaste sur les oiseaux des champs. Le glyphosate affecte directement les plantes, mais il est aussi lessivé des sols vers les ruisseaux, rivières et eaux souterraines. En 2011, l’AMPA – métabolite entre autres du glyphosate – était présent dans plus de 60 % des cours d’eau français testés et le glyphosate dans plus de 30 %. En 2010, l’Agence de l’Eau de Seine-Normandie reconnaissait même que «le glyphosate était présent dans l’eau potable à des concentrations supérieures à la norme». La contamination des eaux menace la vie aquatique et des études ont montré que les herbicides contenant du glyphosate peuvent être toxiques pour les grenouilles et les crapauds. Cela est d’autant plus inquiétant qu’une espèce d’amphibien sur trois est menacée d’extinction. Il a aussi été démontré que des cellules de foie de carpe étaient endommagées lorsqu’on les exposait à des herbicides à base de glyphosate. Le glyphosate modifie la chimie des sols. Dans certains sols, il se lie à des particules, ce qui le rend inerte. Dans d’autres types de sols, il reste actif et est dégradé par les microbes. Cela perturbe les processus chimiques dans l’environnement de la plante, notamment sa capacité à fixer l’azote, ce qui oblige à augmenter les taux d’engrais à base de nitrates. Les résultats des analyses commandées par Les Amis de la Terre sont en concordance avec les tests menés dans 17 autres pays européens, qui montrent que 43,9 % de tous les échantillons contiennent des traces de ce produit chimique. Tous les volontaires qui ont donné des échantillons d’urines vivent en ville et aucun d’entre eux n’a utilisé, ni manipulé des produits à base de glyphosate dans la période précédent les tests.

Source : notre-planete.info

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